‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 183 sur 207 · PAR LE CHLOUHYDRATE DE MORPHINE · texte numérisé non relu

PAR LE CHLOUHYDRATE DE MORPHINE

Tigges a traité des aliénés ayant des sensations périphériques , et il dit que les injections de morphine ne sont suivies que d'une amélioration passagère, tant de l'état physique que des sensations anormales (1).

Cet exposé historique exprime, je pense, l'état de la question du traitement de la folie par l'opium et par les injections sous-cutanées de morphine.

Tel était l'état de la question lorsque je commençai à m'en occuper, en 1867, dans ce service.

La posologie me fut difficile à établir, car aucun travail précédent n'a donné des indications suffisantes sur ce point et sur les signes pronostiques qui permettent de bien ou mal augurer delà médication et de la maladie ainsi traitée.

C'est au milieu de ces perplexités que je commençai à employer les injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine.

Les premiers sujets sur lesquels j'essayai la médication furent des agitées, des lypémaniaques, des persécutées , des hallucinées.

J'arrivai progressivement à leur administrer des doses de 6 à 8 centigrammes ; mais je provoquai des vomissements d'une grande intensité, qui me firent diminuer ou cesser la médication.

Je n'obtins rien de bon dans cette première série d'essais ; je tâtonnais, lorsque j'appris par Roller, médecin de l'asile d'Illenau, que je n'avais rien à redouter des vomissements, mais qu'au contraire, pour réussir, je devais augmenter les doses.

J'ai profité des avis de ce médecin, et j'ai traité depuis ce moment par cette méthode les catégories d'aliénés appartenant à la folie lypémaniaque , hypochondriaque, hystérique, à la folie maniaque, à la fohe avec hallucinations de la vue, de l'ouïe, de l'odoi'at et de la sensibilité générale.

Voici des observations de malades de la ville et de l'hôpital que j'ai soignés ainsi.

(1) Tigges, Annales médico-psychologiques, mars 1871.

§ 1. — Guérisons.

Obs. I. — Folie lypémaniaqiie datant de deux ans ; ponceptions délirantes mystiques ; hallucinations de la vue psycho-sensorielles ; traitement par les injections sous-cutanées de morphine; guérison.

La nommée Rerg..., âgée de quarante-neuf ans, domestique, est entrée dans mon service le 29 mars 1873, dans un état de folie névropathique lypémaniaque caractérisé par des idées mystiques et de persécution, de la stupeur et des hallucinations de la vue. Je la trouvai immobile, les yeux fermés. Elle parla aussitôt de magiciens, me dit qu'on voulait lui faire jouer la comédie, m'appela mauvais homme, coquin. Elle prenait de temps en temps une pose extatique et fixait le plafond, y voyait le diable. Pupilles égales; vue, odorat, ouïe normaux. Pas d'ataxie de la langue ni des lèvres. Insensibilité de l'épiglotte au toucher. Pas d'anesthésie ni d'hyperestliésie de la peau. Pas de douleur ovarienne. Pas de troubles appréciables dans les organes thoraciques et abdominaux. Ne dort pas la nuit.

Cette malade, chez qui le début de la folie datait de deux ans, et dont l'affection consistait en délire lypémaniaque et en hallucinations terrifiantes de la vue, a été traitée par la morphine à la dose maximum de 359 milligrammes par jour et a guéri en l'espace de quatre mois.

La morphine a toujours déterminé, quelques minutes après l'injection, une rougeur vive de la face, de l'injection des conjonctives, de la somnolence et un sentiment de chaleur intérieure, et des vomissements dans les premiers temps.

Obs. II. — Folie générale névropathique caractérisée par des hallucinations, de r agitation successive, de l'incohérence d'actes, de paroles ; idées de grandeur: hallucinations psycho-sensorielles ; traitement par les injections sous-cutanées de morph inc ; guérison.

La nommée Cast..., âgée de vingt-sept ans, est entrée dans mon service de la Salpètrièrc, le 4 mars 1872, dans un état de folie caractérisé par de l'agitation maniaque, de l'incohérence d'actes, de paroles, des hallucinations de la vue, de la sensibilité générale.

Cette femme, atteinte de fohe générale caractérisée par des iiallucinations, une agitation excessive, de l'incohérence des actes et des pai^oles, fut traitée par la morphine à des doses variant de 60 à 99 milligrammes ; mais cette dernière dose seule guérit la malade en trois mois.

ODSEUVATlONï?. — GUÉIUSOXS.

La morphine a déterminé souvent chez elle des vomissements-, le la rougeur de la face et des yeux, du narcotismc et la sensaion de l'ivresse.

•bs. 111. — Folie mélancolique névropulhique causée pur île l'anémie cérébrale et caractérisée par des idées mystiques et de la tendance au suicide; traitement par la morphine; guérison.

La nommée Char... , trente ans, domestique, est entré le 13 novembre J871 dans ion service de la Saipètrière, dans un étal de folie mélancolique avec des idées mysques, tendance au suicide, déterminé par de l'anémie cérébrale, suite elle-même de rivalions nombreuses qu'elle a subies' pendant le siège.

Elle était excessivement maigre etlesjambes étaient enflées, l'àleur considérable de \ peau. Pas de souffle cardiaque ni vasculaire.

Conformation normale. Pupilles égales. Sens normaux. Parole nette. Apyrexie.

Il est impossible de savoir si elle a des hallucinations ; on constate seulement u'elle est accablée par des idées tristes, et qu'elle a des tendances au suicide. Dans is, jours qui suivent son entrée, elle s'est, en elfet, refusée à manger, et il a fallu mployer la sonde œsophagienne. Pas de sommeil.

Cette femme, atteinte depuis six mois au moins de folie lypcmaliaque, avec conceptions délirantes, mystiques et tristes, et idées le suicide, fut traitée par la morphine à la dose maximum de 60 milligrammes par jour, et guérit en sept mois.

Les effets physiologiques de la morphine ont été pi^oduits à haque injection.

es. IV. — Folie lypémaniaque a forme religieuse, idées de damnation; traitement par la morphine ; guérison.

X..., vingt-trois ans, est amenée à ma consuitalion, le 9 juillet 1873, dans un état 3 folie lypémaniaque avec idées de suicide.

Elle est maigre, très pâle ; sa physionomie exprime la souffrance. Elle remue sans !sse et me dit tout de suite qu'elle a blasphémé, qu'elle a insulté la Vierge, qu'elle a )ulu se lancer dans des luttes contre la religion. Elle raconte que, dans le début de n état de souffrance, elle a eu des scrupules religieux, des doutes sur la religion. iv les dogmes, qu'elle a eu de l'impiété.

Cette malade, atteinte depuis plusieurs mois de folie lypémaaque avec conceptions délirantes religieuses, idées de damnation, î suicide, et traitée par la morphine à la dose maximum de l"?} milligrammes par jour, a guéri en l'espace de trois mois

La morphine a déterminé, comme effets physiologiques, de méantissement, de la soiunolence, de la rougeur de la face.

VOISIN. — Leçons cliniciues. 41

Obs. V. — Folie hystérique avec hallucinations psycho-sensorielles ; incohérence d" actes, de paroles; agitation excessive ; début de la maladie il y a trois ans; traitement par les injections sous-cutanées de morphine; guérison.

La nommée R..., âgée de quarante-huit ans, est entrée le 19 décembre 1872 dans mon service de la Salpêtrière. Elle est dans un état de malpropreté notable ; fait à chaque instant des grimaces; parle à haute voix; sa voix est très enrouée; elle manifeste une grande incohérence d'actes et de paroles et beaucoup d'agitation.

Elle est grande, brune ; la tète est bien faite; les diamètres du crâne sont moyens les pupilles égales.

L'étude des sens est difficile à faire ; j'obtiens pourtant d'elle qu'elle a des bourdonnements d'oreille depuis plusieurs années.

Parole nette. Pas de phénomènes ataxiques dans la langue, les lèvres et les membres. Force musculaire moyenne. Pas d'engorgement ganglionnaire. Rien de particulier dans le cœur, dans les gros vaisseaux ni dans les poumons.

Une pression modérée sur les quatre premières vertèbres dorsales détermine une douleur vive, mais aussitôt après, la malade part d'un éclat de rire. « Je suis très chatouilleuse, dit-elle, mais pas amoureuse. »

Une pression modérée sur la région ovarienne gauche provoque une douleur excessivement vive. La sensibilité de la peau est généralement exagérée. La malade dit entendre et avoir souvent entendu des cloches, des voix de gens qui menacent de la tuer, des voix souterraines d'hommes.

Elle ressent dans le ventre des douleurs analogues à celles de l'accouchement, qui provoquent des envies fréquentes d'uriner ; elles sont causées, dit-elle, par un cousin germain à qui elle n'a fait que du bien. « Je suis, ajoute-t-elle, comme tous ces animaux, les idiots, les cochons, qui ne font que du bien et que l'^n tue pour les manger. »

Celte femme , atteinte depuis trois ans de folie hystérique à torme lypémaniaque, accompagnée d'hallucinations, d'incohérence d'actes et de paroles et d'une agitation excessive, et traitée par la morphine à la dose maximum de 380 milligrammes par jour, a guéri en l'espace de onze mois.

Les effets physiologiques ordinaires ont été obtenus.

Obs. VL — Folie générale névropathique de cause morale : agitation maniaque, hallucinations ; idées de persécutionet de suicide; début il a un an; traitement par la morphine; guérison.

La nommée Mar..., vingt et un ans, est entrée le 23 juillet 1872 dans mon service de la Salpêtrière, dans un état d'agitation excessive.

Moyenne taille, cheveux bruns, traits réguliers, oreilles symétriques, petites. Pupilles égales.

Maxillaire supérieur étroit ; voûte palatine haute, étroite. Température axillaîre, 37°, 3,

OBSERVATIONS — GUÉfilSONS.

Celte jeune femme, atteinte depuis un an de folie lypémaniaque, caractérisée par des hallucinations, une agitation excessive, des idées de persécution , de suicide, et traitée par la morphine à la dose maximum de 212 milligrammes par jour, a guéri en l'espace de quatre mois. Le début de l'amélioration a coïncidé avec les premiers phénomènes physiologiques produits par la morphine.

Obs. VII. — Folie tuberculeuse à forme lypémaniaque, accompagnée d'hallucinations ; fjuérison des phénomènes méningitiqucs par des vésicatoires et de la digitaline ; la fièvre passée, guérison des hallucinations par la morphine.

La nommée F..., vingt-cinq ans, domestique, est entrée le 20 janvier 18T2 dans mon service à la Salpètrière dans un état d'agitation excessive.

Elle est sortie guérie le 15 mars 1874. Je l'ai revue en bonne santé er novembre 1881.

Cette femme, atteinte de folie lypémaniaque de forme spéciale, accompagnée tout d'abord de fièvre, de signes de méningite, a été guérie par une médication anti-inflammatoire de ces derniers phénomènes. La morphine, à la dose de 15 centigrammes, a fait cesser les hallucinations qui persistaient après la cessation de la fièvre. Cet heureux emploi de la morphine dans la deuxième période d'une folie diathésique m'a paru d'autant plus satisfaisant que l'on est ordinairement désarmé devant la chronicité du délire. Je ferai en outre remarquer que je n'ai commencé à faire usage de la morphine que lorsque le thermomètre m'a appris que la fièvre avait cessé ; l'existence du moindre état inflammatoire du cerveau étant, dans ma pensée, une contre-indication formelle aux injections de morphine.

Obs. VIII. — Folie 7iative héréditaire: accès apparaissant avec la menstruation; manie subaiguë ; traitement par la morphine ; injections sous-cutanées ; guérison.

G..., vingt-deux ans, intelligence arriérée. Dépression sus-orbitaire. Céphalalgie fronto-pariétale depuis l'âge de douze ans, compliquée à chaque époque menstruelle d'étourdissements, de troubles de la vue, de surdité et d'obtusion intellectuelle, Depuis l'âge de douze ans, idées incessantes de mariage. Frayeurs très grandes pendant la Commune. État d'agitation depuis ce temps. Paroles et actes incohérents et indécents. État le manie subaiguë. Idées continuelles de mariage. Dose initiale de morphine, 3 milligrammes ; dose maximum quotidienne, 31 milligrammes.

61)2 DU TKAlTEMEiNT DE LA FOLIE l'AU LE CHLORHYDRATE DE MORPHINE.

La mor|ihiiie a déterminé ses effets physiologiques ordinaires, et le résultat a été de faire disparaître rapidement la céphalalgie, et avec elle les conceptions délirantes '. trois mois après, la guérison était complète (1872); elle s'est maintenue depuis celte époque.

Obs. IX. — Folle générale névropathique non héréditaire; hallucinations psychosensorielles ; idées d'empoisonnement ; troubles nombreux de la sensibilité générale ; névralgies ; agitation maniaque; traitement par la morphine en injections sous-cutanées ; guérison.

H..., trente-six ans . Dépression Sus-orbitaire très prononcée. Agitation excessive. Dit être la victime de revenants; « avait un grand théâtre, un régimentde sœurs; avait été empoisonnée )). Frayeurs subites. Paroles ordurières. Sujette depuis dix ans à de l'épigastralgie, de la rachialgie, à de l'aménorrhée; dose initiale de morphine, 22 milligrammes ; dose maximum quotidienne, 23 centigrammes.

La guérison a été obtenue en cinq mois, et se maintient depuis lors.

Obs. X. — Folie lypémaniaque religieuse; hallucinations de la vue psycho-sensorielles; agitation maniaque; guérison par les injections sous-cutanées de morphine.

H..., cinquante-six ans. Pas d'hérédité. Début de la maladie à la suite d'un pèlerinage. Hallucinations de la vue (le diable), Frayeurs, agitation e.xcessive. Prières et génullexions. Dose initiale de morpbine, 10 milligrammes ; dose maximum quotidienne, 298 milligrammes. Eli'els physiologiques morphiniques ; guérison en six semaines, maintenue depuis.

Obs. \l. — Folie lypémaniaque; hallucinations psycho-sensorielles; conceptions délirantes tristes; incohérence j idées de richesses ; agitation excessive ; guérison par les injections sous-cutanées de morphine.

K..., quarante-deux ans. Pas d'hérédité. Influences morales tristes. Début brusque, par divagations, chants, actes incohérents en public. Idéesde richesse. Idées religieuses. Hallucinations de l'ouïe. Langage incohérent. Dose initiale, 6 milligrammes; dose maximum, 96 milligrammes. Guérison en deux mois, maintenue depuis.

OiiS. XII. — Folie lypémaniaque; céphalalgie ; hallucinations de l'ouïe, de l'odoi at, psycho-sensorielles; idées de persécution ; idées d'empoisonnement ; guérison par les injections sous-cutanées de morphine.

L..., Irente-trois ans. Pas d'hérédité. Cause morale triste. Hallucinations de l'ouïe. On court après elle, on dit qu'elle va crever; on frappe derrière les murs; elle soup çoniic un M...; elle entend des hommes entrer par les cheminées; elle se dit empoinse, sent de mauvaises odeurs. Dose initiale, 4 milligrammes; dose maximum, 177 milligrammes. Guérison en deux mois et demi, maintenue depuis cette époque.

Obs. XIII. — Folie générale: hallucinations de l'oHie, de la rue, psycho-sensorielli;s : agilaiioii maniaque ; début de la maladie il y a quinze mois; guérison pur les injections suus-cutanées de morphine.

G..., vingt-sept ans. Pas d'hérédité. Agitation excessive. Déchire tout, saute, danse,

OBSERVATIONS. — GIJÉRISONS.

jure. Entend la mort, le diable; est en état de frayeur presque [conslanl. Voit un homme dans sa {'.hambre, Dose initiale, 18 niilligrammes ; dose maximum, 13 centigrammes. Guérison eu cinc} mois, qui s'est maintenue depuis.

Ons. XIV. — Folie lupnnaiiiaqne avec hallucinations de l'ouïe, pxijcho-sensoriellex ; conceptions délirantes variées: idées et tentatives de suicide: guérison par les injections sous-cutanées de luorpliiue.

R..., cinquante-huit ans. l'as d'hérédité. Nombreux chagrins. Début il y a quatre mois. Entend, depuis cette époque, qu'on fusille des sergents de ville, que l'on assassine son frère, qu'on brûle sa famille. Elle sanglote; état d'angoisse. Les hallucinations de l'ouïe (cris des sergents de ville) sont continues. Se croit condamnée. Dose initiale, 33 milligrammes; dose maximum, "HVo milligrammes. Guérison en huit mois.

Obs. W.— Folie Ifipémaniaque avec hallucinations de l'ouïe psi/chiques et psi/chosensorielles, et de la sensiljilité générale; croi/ance à la damnation, à des persécutions : guérison par les injections sous-cutanées de morphine.

S..., trente-quatre ans. Pas d'hérédité. Elle entend depuis huit mois le diable qui la soulève. Des voix répètent tout ce qu'elle pense ; elle dit être obligée de causer avec elles, de crier, de tourner comme les individus qui lui parlent. Elle sent le parquet remuer sous elle et se sent soulever. Dose initiale, 3 milligrammes; dose maximum, "211 milligrammes. Guérison en six mois, maintenue depuis.

Obs. XVI. — Folie générale avec hallucinations de l'ouïe très intenses, causée par des ménorrhagies répétées : agitation excessive : guérison par la morphine.

S..., cinquante ans. Pas d'hérédité. Très agitée ; crie, répète à chaque instant oui et non. Entend la voix de son fils qu'on assassine; parle de tètes coupées, de prison. Dose initiale, 18 milligranmies; dose maximum, 9(i milligrammes. Guérison en sept jours, consolidée le douzième jour par une pleuro-pneumonie.

Obs. XVII. — Folie névropathique lypémaniaque avec hallucinations de l'odorat, de l'ouïe; guérison par la morphine.

D..., quarante ans. Ganses morales. Pas d'hérédité. Depuis neuf jours elle sent continuellement de mauvaises odeurs; elle entend des voix injurieuses ; est persuadée qu'elle est très malade et incurable. Profonde tristesse. Dose initiale, 17 milli grammes; dose maximum, 7 centigrammes. Guérison en un mois, maintenue depuis dix ans.

Obs. XVIII. — Folie Igpémaniaque avec hallucinations psi/cho-sensorielles : idées de persécution, de suicide: guérison par la morphine.

Cl..., cinquante-huit ans. Début il y a trois semaines, par des hallucinations de l'ouïe, de nature injurieuse, qui la plongent dans la tristesse et lui donnent l'idée de se suicider. Pas d'hérédité. Dose initiale, i2 milligrammes; dose maximum, 15 milligrammes. Cessation des hallucinations et des autres phénomènes. La médication e.-t continuée pendant deux mois. Maintien delà guérison depuis dix ans.

Obs. XIX. — Folie hystérique avec hallucinations psycho-sensorielles ; agitation excessive ; guérison par la morphine.

V..., trente ans. Pleure, rit, crie qu'on va l'assassiner; chante des airs de théâtre, voit des revenants, entend qu'on l'injurie, qu'on l'accuse d'avoir trahi ses parents. Dose initiale, 6 milligrammes ; dose maximum, 90 milligrammes. Guérison en un mois, maintenue depuis.

Obs. XX. — Folie névropathique à forme lypémaniaque : illusions de la vue ; actes incohérents ; crainte d'être guillotinée; état de frayeur ; folie à double forme; guérison par la morphine.

D..., trente-trois ans. Pas d'hérédité. Cause morale triste. Elle croit qu'on va la guillotiner , elle soupire, pleure ; est agitée par instants, et dans d'autres est en stupeur. Dose initiale, 24. milligrammes ; dose maximum, 100 milligrammes. Sa guérison est obtenue en quatre mois et s'est maintenue depuis.

Obs. XXI. — Folie névropathique à forme extatique, avec hallucinations de l'ouïe, datant de huit mois ; guérison par la morphine.

D..., trente-deux ans. Hérédité paternelle. État d'extase avec hallucinations de l'ouïe, de nature religieuse; idées de pénitence, génutlexions, prières, refus de manger. Dose initiale, 3 milligrammes; dose maximum, 82 milligrammes. Guérison en trois mois; maintenue depuis.

Obs. XXII.^ — Folie névropathique de forme lypémaniaque ; hallucinations ; agitation excessive ; guérison par la moi'phine.

C..., trente-six ans. Pas d'hérédité. Surexcitation nerveuse depuis deux ans (siège de Paris). Hallucinations de l'ouïe, terreurs, cris depuis trois semaines. Dose initiale, 6 milligrammes; dose maximum, 18 milligrammes. Guérison en sept jours, maintenue depuis dix ans.

Obs. XXIll. — Folie névropathique de forme lypémaniaque avec hallucinations psycho-sensorielles de rouie, de la viie, de l'odorat, du goût; alternatives d'excitation et de stupeur, guérison par la morphine.

C.,., trente-trois ans. Pas d'hérédité. Malade depuis trois mois. Entend des voix qui lui disent que son mari n'est pas mort, qu'on va la battre. Elle voit des hommes qui la poursuivent ; sent à tout moment des odeurs de fumée et un goût d'herbes. Etat d'anxiété, de stupeur, puis d'excitation. Dose initiale , 5 milligrammes ; dose maximum, 188 milligrammes. Guérison en six mois; maintenue depuis.

Obs. XXIV. — Folie névropathique de forme lypémaniaque; hallucinations psychiques ; homicide ; agitation intetise ; idées de grandeurs ; guérison par la morphine .

R. .., trente-six ans. Pas d'hérédité. Cause morale depuis deux ans et demi. Une voix qui est en elle lui dit que ses enfants sont sans pain, qu'on les a tués. Il y a un mois, elle est montée sur une table et elle a crié qu'elle était l'impératrice. A eu

OBSERVATIONS

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