‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 184 sur 207 · AMÉLIORATIONS · texte numérisé non relu

AMÉLIORATIONS

des idées d'einpoisoniieiiient, des emportements sans raison. Très agitée en ce moment, nous injurie. Dose initiale, 18 milligrammes; dose maximum, iA2 milligrammes. Guérison en trois mois, maintenue depuis.

Obs. XXV. — Folie névropafhi.qiit' à forme ii/pihnauiacjne : hallucinations et illusions; idées de suicide, d'homicide; névralgies multiples: céphalalgie; état maladif remontant à plusieurs années ; pas d'hérédité; guérison par la morphine.

P..., quarante-neuf ans. Idées tristes de jalousie. A des idées de suicide. Tentative d'homicide sur son mari. Elle voit passer des ombres et se figure que «e sont des femmes qui vont trouver son mari. Elle voit jaune ce qui est blanc; anxiété extrême, stupeur. Dose initiale, 5 miiligranuues; dose maximum, 33 milligrammes.

Toutes ces giiérisons se sont maintenues jusqu'à ce jour.

§ "1. — Améliorations.

OiîS. XXVI. — Folie névropathique de forme lfipémania(f)ic ; hallucinations ; point douloureux syncipital ; idées de suicide ; troubles de la sensibilité générale; amélioration par la morphine.

X..., cinquante et un ans. Hérédité. Causes morales tristes. Depuis huit mois, douleurs généralisées, battement dans le thorax, la tête. Point fixe syncipital. Tristesse, anxiété, désespoir. Dose initiale, 17 milligrammes; maximum, 25 centigrammes. Amélioration obtenue en un mois, et maintenue depuis. Cessation des hallucinations.

Obs. XXVII. — Folie névropathique de forme lypémaniaque ; hallucinations ; idées d'empoisonnement; incohérence; chiffonnage : eschare du coude et carie de l'olécrane droits; amélioration considérable obtenue par la morphine.

P..., trente-neuf ans. Hérédité tuberculeuse. Originalité et excentricité natives. Depuis trois ans, douleurs de tète qui durent quinze jours à trois semaines. Depuis quatre mois, hallucinations de l'ouïe, idées d'empoisonnement. Sensation de feu dans l'estomac; agitation maniaque excessive. Séjour à Gharenton pendant deux mois, sans amélioration. État cachectique. Dose initiale de morphine, 1 centigramme; maximum, 598 milligrammes. Amélioration se rapprochant de la guérison. Il est à noter que l'eschare du coude a guéri spontanément en neuf jours, à la dose de 331 milhgrammes. La malade ne conserve que des idées fugitives d'empoisonnement, un peu d'enfantillage et de tendance à l'excitation (1).

(1) Depuis la publication de cette observation dans le Bulletin de thérap., 187-1, cotte malaile est sortie guérie de la Salpêtrière, mais elle a été reprise deux fois de folie.

m [DV TRAITEMENT DE l,\ FOME PAIi I.E CHORHYDRATE DE MORPHINE.

Obs. XXVIII. — Folie liyfiléri(jiic de forme lupémaniaquc datani de cinq ans: linllucinations de tous les sens et de la sensibilité générale : hallucinations contradictoires de l'ouic ; idées d'influences magnétiques : chiffonnage.

L..., quarante-deux ans. Hérédité. Etat de vague continu et de stupeur. Dose nitiale, i milligrammes; maximum, 149 milligrammes. Guérison des hallucinations, du chiffonnage. Persistance de l'état mélancolique.

Obs. XXIX. — Folie névropathique de forme lypémaniaqne, héréditaire ; hallucinations; alternatives de dépression et d'agitation ; amélioration très notable par les injections sons-cutanées de morphine.

R..., trente et un ans. Hérédité maternelle et paternelle. Caractère original. Déhut il y a un an par hallucinations de la vue. Dose initiale, I milligramme; maximum, 299 milligrammes.

L'amélioration dure depuis dix mois. Cessation des hallucinations. Persistance du caractère excentrique et d'originalités.

Obs. XXX. — Folie lypémaniaque avec alternatives de dépression et d'agitation, avec hallucinations terrifiantes de la vue et de l'oiiic; recrudescence aux époques menstruelles ; amélioration par les injections sous-cutanées de morphine.

R.. ., vingt-quatre ans. Agitation et stupeur alternatives. Hallucinations nocturnes et diurnes. Dysménorrhée. Augmentation de la température pendant les accès. Elle voit et elle sent des enfants, des animaux dans ses vêtements.

Dose initiale, 12 milligrammes; maximum, 390 milligrammes. Cette dernière dose maintient le calme, mais elle n'empêche pas entièrement les hallucinations.

Obs. XXXI. — Folie lypémaniaque avec hallucinations et stupeur compliquée de démence commençante : amélioration par la morphine.

D..., quarante-six ans. A failli être tuée pendant le siège par un obus et est restée pendant quatre mois dans un état de terreur continuelle, croyant entendre des coups de fusil. Vient de faire un séjour de six mois dans un asile, sans y avoir été traitée. Entend des coups de fusil ; tristesse et stupeur profondes. Faiblesse de la mémoire.

Dose initiale, 2 milligrammes ; maximum, 55 milligrammes. Cessation des hallucinations, mais persistance delà tristesse.

Obs. XXXII. — Folie hystérique déforme lypémaniaque ; hallucinations primitives; idées de persécution fondées sur des idées de ricliesse, de parenté avec le prince Eugène, et de possession d'un mobilier : Jiallncinations multiples; récidive; amélioration par la morphine; cessation des délires secondaires et des idées de persécution, dont l'origine était un état hallucinatoire de l'ouïe.

M..., trente-neuf ans. Déjà malade il y a neuf ans. Aliénée depuis deux ans. Hallucinée de l'ouïe et de la sensil)ilité générale. Agitée par moments.

OnSEUVATIONS. — AMÉLIORATIONS.

Après six mois de traitement iiuuile par le bromure do potassium, emploi de la morpliine à la dose maximum de 16 centigrammes.

Cessation des hallucinations, des idées de richesse, de possession d'un mobilier. Persistance de l'originalité et d'un peu d'excitation. Son état s'est assez amélioré pour qu'elle retournât en Italie (1876).

Obs. XXXIII. — Folie lypnnaniaqin' causée par de l'anémie consécutive aux privations du siège de Paris; hallucinations de la vue; excitation intense ; amélioration par la morphine ; influence fâcheuse de la menstruation.

L..., quarante-deux ans. Très agitée. Crie au feu et fait des gambades. Elle empêche d'ouvrir la porte : « N'ouvrez pas la porte. Dieu le défend. » Dose initiale, 6 milligrammes; maximum, 4.83 milligrammes. Elle a eu deux rechutes à des époques menstruelles.

La dose de 190 milligrammes a fait cesser deux fois l'état hallucinatoire et l'agitation.

Ors. XXXIV. — Folie lypémaniaqne héréditaire ; illusions; idées de persécution ; point douloureux syncApital et idées de suicide; amélioration par la morphine; suppression du, point douloureux et des idées de suicide.

X..., quarante-six ans. Hérédité paternelle. Pleure continuellement, se plaint d'être mal vu. A des illusions de la vue, s'est livré à des violences contre des amis. ^

Dose maximum, "20 centigrammes.

Ocs. XXXV. — Folie hijstérifjue de forme morale surtout : agitation m/iniaiiue par accès; amélioration; guérison de plusieurs accès par la morphine.

L..., vingt-neuf ans. Hérédité paternelle. Excentricités depuis sa jeunesse. Absence d'ordre, de conduite. Dépenses exagérées.

Agitation très grande. Inconvenance de paroles et d'actes. Etat lascif. Iniluence de la menstruation sur le retour d'accès de folie.

Dose maximum, 365 milligrammes.

Guérison de plusieurs accès avec cette dose.

Ors. XXXVl. — Folie hystérique caractérisée par des troubles moraux, des persécutions et des violences envers un individu, portées jusi/u à l'homicide, des accès hallucinatoires avec illusions et de l'agitation numiaque ; amélioration par la morphine.

I!..., trente-huit ans. A été arrêtée, ayant frappé un individu de six coups de couteau. Injurieuse, menaçante, méprisante. Paroles cyniques. Violences envers une infirmière. Plusieurs accès dans le service.

Dose maximum, 465 milligrammes, qui à chaque accès ont fait cesser l'agilalion.

^3. — Insuccès.

Oiis. XXXVII. — Folie hjpémaniaque simple, de cause morale chez une femme futiguee par l'allaitement ; hallucinations ; idées de grandeur ; insuccès de la médication morphiniqne.

La nommée L..., vingt-trois ans, est entrée le 30 novembre 1871 dans mon service ; pas d'hérédité. La malade nourrit depuis neuf mois son enfant, et, déjà faible par suite des privations qu'elle a subies pendant le siège, elle a beaucoup pâli depuis six mois et est épuisée par l'allaitement.

Elle a été très chagrine pendant trois mois que son amant est resté sur les pontons ; il y asix jours, elle a été prise d'hallucinations, d'agitation excessive, de frayeurs ; elle a poussé des cris pendant deux nuits de suite.

.l'apprends qu'elle a été très impressionnée dans ces derniers jours par les menaces d'une voisine de faire de nouveau emprisonner son amant.

Conformation normale, sens normaux. Pupilles égales. Pas d'ataxie. Parole et mémoire nettes. Motilité et sensibilité normales. Rien de particulier dans les organes respiratoires et circulatoires. Température axillaire, 37 degrés.

La malade parle de femmes qu'elle entend et voit, de tentatives d'empoisonnement sur elle, de la voix de Dieu qui l'encourage à supporter le mal qu'on lui fait-

Elle chante par moments. Elle dit entre autres cette phrase : « Je ne veux plus de Tliiers pour mari, je vais régner. »

Elle proteste contre son séjour dans un hospice et elle nie être malade.

Diagnostic : folie névropalhique liée à l'anémie et causée par des influences morales.

J'ai soumis cette femme à la médication morphinique pendant deux ans. J'ai employé iii dose maximum par jour de 35 centigrammes pendant plus de trois mois.

La malade a été améliorée à plusieurs reprises, mais elle a présenté plusieurs récidives aux époques menstruelles. De plus, son délire lypémaniaque a été compliqué dès e début de la maladie par des idées de grandeur consistant à se faire croire femme de Aapoléon, impératrice, cousine de l'empereur; ainsi que dans d'autres cas semblables, ce dernier mode de conception délirante est d'un pronostic fâcheux ; aussi cette femme ne guérit pas, quoique je continue encore le traitement,

Obs. XXXVIII. — Folie lypémaniaque avec hallucinations de Vouie, de la vue, de la sensibilité générale, compliquée d'idées de grandeur et d'incohérence ; récidive, traitement infructueux par la morphine.

D..., quarante-six ans. Pas d'hérédité. Déjà aliénée en 1868. Hallucinations de l'ouïe. Idées de jalousie, de persécution. Violences envers son mari, sa fille. Injures envers nous; paroles méprisantes. Elle dit converser avec le Père céleste, apercevoir Dieu sur la boule du monde avec une robe bleue. « On dit que je suis folle et cependant je gouverne le monde. » Mémoire, parole intactes. Traitement pendant seize mois; dose maximum, 307 milligrammes. Aucun résultat.

Obs. XXXIX. — Folie lypémaniaque avec hallucinations, compliquée d'idées de grandeur ; traitement infructueux par la m,orphine.

S..., quarante-sept ans. Pas d'hérédité. A beaucoup souffert de privations pendant

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