‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 189 sur 207 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES GÉNÉRAUX

anéantissement général , de la somnolence qui va jusqu'au sommeil, des nausées, des éructations, des vomissements.

La contraction pupillaire est parfois le seul indice de l'action du médicament longtemps avant les autres effets. Je l'ai môme vue se présenter chez les malades réfractaires à l'action de la morphine, ainsi chez Fal... (Photographie, pl. VIII, fig. 3) (I).

Au bout de trois quarts d'heure, l'étourdissement augmente, la marche est vacillante. Les phénomènes sont diminués par le séjour à l'air extérieur.

La morphine cesse de produire ces effets gênants après cinq heures, mais un peu de paresse cérébrale persiste durant près de huit heures, pendant les premiers temps.

A des doses fortes données d'emblée, ou bien lorsqu'une dose telle que 3 à 10 milligrammes est injectée par erreur dans une veine, l'aliéné éprouve une sensation de montée chaude à la tète, de brouillement de la vue , et il peut être pris d'un état d'anéantissement voisin de la syncope, dans lequel il fléchit en arrière et perd à peu près connaissance. Les pupilles se dilatent alors et l'on observe quelques secousses cloniques dans les muscles de la face. Cet état dure quelques minutes, après lesquelles l'individu semble se réveiller, puis enfin se relève {2).

L'individu qui est traité depuis un certain temps par la morphine n'en présente pas moins des phénomènes immédiats durant les heures qui suivent les injections.

Les symptômes les plus rapides des injections fortes sont la rougeur de la face, rougeur qui est souvent d'une teinte cerise, et l'injection des conjonctives, qui durent deux heures à peu près; l'aspect endormi de la physionomie, l'accablement, la somnolence, le sommeil, une sensation de chaleur générale, une légère augmentation de température dans les quatre heures qui suivent l'injection (deux à huit dixièmes), très rarement une céphalalgie qui peut arracher des cris (je l'ai observée deux ibis au bout de deux à trois minutes) ; du trouble de la vue ; au bout d'une demi-heure, ces phénomènes cessent pour faire place à un sentiment de bien-être et de force (3).

(1) Voyez la note sur Fal. . . (p. 73"2) .

(2) Comparez Tardieu. Etude médico-légale et clinique de l'empoisonnement.

(3) Comparez Gubler, Commentaires du Codex.

Tandis, en effet, que le matin avant le traitement, les malades sont languissants, courbaturés, comme anéantis, qu'ils éprouvent un malaise qui les empêche de travailler, ils sont vifs , alertes et travaillent après le traitement, et tandis que le matin beaucoup ressentent des frissons, ils éprouvent, après le traitement, un sentiment de chaleur. Les névropathes ainsi traités n'ont presque jamais froid aux pieds.

D'autres phénomènes immédiats des injections, chez des malades traités tous les jours, sont des nausées, des vomissements muqueux et alimentaires en nombre quelquefois très grand.

Les vomissements se produisent tout de suite ou après deux ou trois heures, quelquefois môme après huit heures, et peuvent durer jusqu'au soir pour reprendre le lendemain matin avant les injections.

J'ai empêché plusieurs fois les vomissements de se produire en faisant boire, une heure avant l'injection, i à 2 grammes de chloral, mais cet effet n'est pas constant. La glace ingérée en petits morceaux empêche souvent le vomissement.

La dose qui produit pour la première fois les vomissements varie suivant la maladie et suivant sa gravité. La quantité de 3 milligrammes peut suffire, tandis que, d'autres fois, il faut arriver jusqu'à 30 centigrammes.

Lorsque l'injection a été faite par inadvertance dans une veine, le malade éprouve très rapidement une sensation de montée chaude à la tête, de la rougeur de la face, de la contraction pupillaire, des fourmillements et des picotements dans les membres et dans la tête, des étourdissements, du trouble de la vue, un serrement de cœur douloureux. On dirait, c'est l'expression des malades, que le cœur cesse de battre, qu'ils ont reçu un coup, un choc, et le sommeil les prend. — Ces phénomènes se dissipent au bout de quelques heures sous l'inlluence de l'air, de frictions excitantes, du café et de la marche.

Il n'est pas rare de voir la folie s'améliorer après ces phénomènes.

Il m'est arrivé deux fois, lorsque mes élèves n'étaient pas suffisamment expérimentés, d'observer de la pâleur de la face, de la diminution des battements du cœur, l'état petit et filiforme du pouls et la perte de connaissance.

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