‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 190 sur 207 · EFFETS PHYSIOLOGKÎUES GÉNÉRAUX DES INJECTIONS · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGKÎUES GÉNÉRAUX DES INJECTIONS

Les moyens qui m'ont toujours réussi sont la respiration artificielle et du café en boisson et en lavement.

Voici maintenant les effets déterminés par l'usage longtemps prolongé de la médication morphinique :

1" Appareils digestif et urinaire. — L'appétit est diminué dans les premiers jours, mais bientôt il reparaît et il augmente notablement. La soif est intense ; les malades ressentent tous une sécheresse de la bouche souvent violente. Ils salivent considérablement ; ceux qui ont vomi dès les premières doses arrivent a ne plus vomir lorsque les doses sont très élevées. La langue est parfois très blanche dans les premiers jours qui suivent l'administration de hautes doses de morphine par la bouche. L'haleine a souvent une odeur toute spéciale comparable à celle du sperme. Beaucoup ont de la pneumatose, des coliques, de la constipation et même, par moments, de la diarrhée accompagnée de coliques. La diarrhée n'a rien d'étonnant, car une injection sous-cutanée de morphine de 3 à 5 milligrammes peut déterminer des selles abondantes et des coliques chez un individu sain.

Bally a pensé que la dysurie, qu'il a observée chez l'homme, dépendait de la tuméfaction de la prostate. Cette opinion ne résiste pas aux observations nombreuses que j'ai faites sur les femmes aliénées de mon service, qui ont eu, presque toutes, de la difficulté à uriner et môme de la strangurie.

2° Appareil génital. — La menstruation est ordinairement diminuée ou même suspendue par les premières doses de 15 centigrammes et plus ; mais, plus tard, elle reparaît régulière, surtout lorsque la guérison a été obtenue.

L'érection et l'éjaculation sont plus longues à se produire sans que les désirs vénériens soient affaiblis. La femme ne peut être satisfaite que très difficilement.

3" Appareil circulatoire. — La circulation présente des modifications évidentes. Les joues deviennent très rouges peu après l'injection et restent dans cet état pendant plusieurs heures. Les conjonctives s'injectent fortement. Le pouls change notaijlement.

J'ai été souvent frappé de sa plénitude, quelquefois de son accélération.

Les tracés sphygmographiques que j'ai pris indiquent une notable

diminution de tension et un peu de dicrotisme. Ces modifications du pouls sont surtout appréciables aux doses de 10 à l*^ centigrammes ; elles sont d'autant plus importantes à observer que, dans la plupart des folies névropathiques , l'intensité du spasme artériel me semble être dans un rapport certain avec les troubles de l'intelligence. Le rapport de cause à effet me paraît d'autant plus certain, que la diminution et la suppression de l'excès de la tension artérielle accompagnent le début de l'amélioration et qu'aucune malade traitée par la morphine n'a guéri sans avoir présenté les modifications du pouls qu'indiquent ces liacés sphygmographiques.

FiG. 34. — Tracé sphygmograpliique pris avant le traitement (obs. X, p. 692j.

FiG. 35. . — Tracé sphygmographique pris un matin, après rinjection, au m iment oii ia dose quotidienne injectée était de 114 milligrammes (obs. X).

FiG. 38. — Tracé sphymographique pris avant le traitement (obs. XIX, p. 094).

FiG. 37. — Tr. c; sphygmographique pris un soir, au moment où la dose quotidie ine i ijcctée le matin était de 81 milligrammes (obs. XIX).

4° Appareil respiratoire. — Le chlorhydrate de morphine ne m'a pas paru avoir d'autres influences sur la respiration que de déterminer un léger sentiment d'oppression ; mais, à haute dose,

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