HABITUDES MORBIDES
Le délire complexe a commencé par être un délire partiel qui s'est compliqué de séries de conceptions délirantes secondaires, tertiaires, etc., qui se tiennent, et dont la suite montre la conservation de la syllogistique.
C'est ainsi qu'un malade craignant d'être empoisonné, se prend de haine contre ses empoisonneurs et, par suite, contre tout le genre humain.
L'étude de ces aliénés apprend le danger des habitudes morbides ou bien de la répétition des mêmes causes accidentelles.
Les habitudes morbides arrivent à modifier la vitalité du cerveau et à déterminer des états congestil's et anémiques.
La répétition de sensations et de phénomènes toujours les mêmes arrive à transformer des symptômes en maladies. Cette transformation est, du reste, favorisée dans quelques cas par réchauffement des centres nerveux que leur irritation produit.
L'irritation et réchauffement des centres nerveux ne peuvent durer longtemps sans déterminer des troubles psycho-sensoriels, surtout chez les malades qui portent en eux une certaine prédisposition aux maladies mentales.
Vous comprenez, Messieurs, combien il est important de reconnaître au plus tôt la cause du délire, afin de se hâter^de traiter la cause centrale ou périphérique, tout en combattant les désordres secondaires qui se produisent dans les centres nerveux.