‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 23 sur 207 · IN.NÉITÉ DES FACULTÉS · texte numérisé non relu

IN.NÉITÉ DES FACULTÉS

sont innés, que l'homme naît avec leur germe, et qu'ils se développent peu à peu par leur exercice.

La connaissance de ce fait est des plus importantes pour l'étude que nous voulons faire des prodromes des affections nerveuses et mentales; en effet, il n'est pas inutile de savoir que l'enfant possède en naissant les germes de ces facultés, et que si elles ne se développent pas toujours bien, c'est souvent faute de direction ou par suite de dispositions organiques défectueuses.

Il faut rejeter l'opinion de physiologistes anglais qui veulent expliquer les facultés psychiques par des lois qui présideraient à l'association des idées.

Il faut que vous sachiez bien que l'homme qui se souvient, qui perçoit, qui réfléchit, qui aime, qui craint, qui sent le bien et le mal, le beau et le laid, connaît par sa conscience que c'est réellement par des propriétés inhérentes à son moi que ces divers effets se produisent en lui.

L'homme n'a pas besoin d'éducation pour percevoir, pour se souvenir, pour prêter attention.

La perception et la mémoire, en effet, peuvent être très développées chez les idiots.

Il en est de même des facultés morales et des penchants inférieurs; ils sont innés; la bienveillance, l'amour, la sociabilité, le sentiment du bien et du mal ou le sens moral et en particulier la connaissance de soi-même sont des sentiments qui font partie de la nature humaine.

L'éducation la mieux entendue ne pourrait pas créer des facultés, elle ne peut que cultiver celles qui existent, au moins en germe.

Nous appliquerons ces données générales à l'étude de la prédisposition à la folie et des prodromes des alïections nerveuses et mentales.

i" Etudions en premier lieu l'état des prédisposés aux affections nerveuses et à la folie. Je ne parle en ce moment que de la folie simple ou vésanique.

A. Analyse des déviations des facultés intellectuelles. — Le prédisposé à la folie et aux affections nerveuses se fait remarquer presque toujours par une activité excessive de V intelligence, plus rarement par de l'engourdissement et de l'affaiblissement de cette

Page 1