‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 26 sur 207 · INSTINCT GÉNÉSIQUE · texte numérisé non relu

INSTINCT GÉNÉSIQUE

pendant longtemps des prodromes d'aliénation mentale, devint dipsomane.

Voici en quelques mots son observation :

Obs. IX. — La mère de cette jeune lille était bizarre et peu intelligente. Quant à elle, elle avait toujours eu une intelligence au-dessous de la moyenne; elle avait toujours été colère et menteuse, d'un caractère très mobile et d'une humeur très cluingeante, tantôt vive, tantôt atone et apathique. Après quelques années de mariage, son mari s'aperçut qu'elle buvait de l'eau-de-vie, jusqu'à un demi-litre par jour. Elle cachait l'eau-de-vie sous les couvertures de son lit.

Dernier détail : lorsqu'elle avait bu, elle était prise d'une excitation génésique très vive.

Les abus de fumer ne sont pas non plus rares. Le nommé M... fumait jusqu'à trente cigares de 25 centimes par jour.

Vous comprendrez sans peine que ces excès alcooliques et nicoti(iues sont bien faits pour exciter un système nerveux déjà ébranlé.

4° L'instinct génésique est fréquemment très développé chez ces individus ;vla plupart se livrent avec frénésie à ronanisme et même à la pédê!i'àstàeï^.»

Obs. X. — J'ai été consulté pour un de ces prédisposés, âgé de vingt -deux ans, qui, étant en voyage et se trouvant à Avignon dans une des parties du château des Papes, lit des tentatives de pédérastie sur un soldat. Ce même individu avait un certain nombre de manies singulières : celle entre autres de laisser pousser ses ongles très longs, d'aller vider lui-même son vase de nuit dans la cour de sa maison ou dans le jardin lorsqu'il était à la campagne. Il a Uni par avoir des hallucinations.

Obs. IX. — Un autre, âgé de dix-huit ans, s'est livré à la pédérastie sur le cocher de sa mère. Pris un jour de remords, il m'a écrit une lettre dans lai|uelle il me raconte ce qu'il a fait, la honte qu'il en a, et me demande des conseils pour se guérir de tentations aussi épouvantables ; mais son esprit hésitant ne s'en tint pas longtemps à ces bonnes déterminations, car moins de dix jours après, il m'écrivait une seconde lettre qui commençait par ces mots : « Le soi't en est jeté! ne vous occupez plus de moi. Décidément la vertu est trop haute pour que je l'atteigne. »

Ce jeune homme a eu pendant deux à trois mois des vertiges que le bromure de potassium a guéris.

5° Quelques-uns recherchent le mariage. Trélat a cité plusieurs exemples déplorables de mariages accomplis par ces individus. 11 est

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