MAUVAISE INFLUENCE DU MARIAGE
arrivé à ma connaissance que deux jeunes femmes prédisposées h Igi^ folie ont été prises de délire la nuit môme de leurs noces, et il est fâcheux de dire que ces jeunes filles avaient été mariées sur le conseil de médecins qui avaient cru que le mariage leur rendrait la santé parfaite.
Messieurs, c'est là une erreur de croire que le mariage peut guérir les jeunes filles qui présentent les phénomènes prodromiques ou initiaux de la folie ou des névroses telles que l'hystérie, l'épilepsie ou lachorée. Voici encore un exemple qui prouve que le mariage ne guérit pas:
Obs. XII. — Une femme D... était, dès sa jeunesse, originale, peu sociable et méchante.
Elle rechercha avec ardeur le mariage et se maria. Elle eut un fils qui est très original, très emporté et dipsomane.
Le mariage ne l'a pas guérie, tant s'en faut. Elle devint épileplique, l'état menla empira; on la voyait s'habiller à contre-temps, se mettant pendant l'hiver des vêtements d'été, plaçant ses armoires au milieu des chambres.
Elle était raisonneuse, avait des théories sur tout ; et elle prononçait à tous moment des phrases stéréotypées telles que : « Je puis le dire, c'est le cas de dire. »
Voici encore deux cas dans lesquels l'excitation génésique était considérable.
Obs. Xlll. — Une jeune fille a eu depuis son enfance un caractère sournois et dissimulé; des idées de plaisir, de coquetterie.
Elle a été menstruée à douze ans; depuis cette époque, elle a toujours parlé de mariage sans rien préciser.
« Je veux me marier avec n'importe qui, disait-elle fréquemment. »
Elle se livrait à l'onanisme.
Elle n'a pu apprendre aucun état; elle lisait en cachette des pièces de théâtre et des romans.
Elle n'a jamais acquis une idée prali({uc de la valeur de l'argent.
Elle a été frappée de manie aiguë à vingt-deux ans; elle en a guéri, mais elle est restée avec ses travers.
Obs. XIV. — Le deuxième cas est relatif à la fille d'un pasteur protestant, homme aimable mais joueur, ivrogne et dissipateur; sa fille avait les qualités aimables de son père, mais son éducation fut négligée. A quatorze ans, elle était coquette et prétentieuse; elle cliercha vers cet âge à plaire, elle se mit à voler et se livra à la débauche; après un certain nombre d'années, elle fut prise de manie aiguë et elle succomba.
Messieurs, la domination des instincts chez les natures entachées de prédisposilion aux aficctions du système nerveux est un indice de 'imminence d'une maladie mentale ou nerveuse.
VOISIN. — Leçons cliiiii|iics. 3