FACULTÉS INDUSTRIELLES
L'équilibre des instincts est, en effet, une condition de l'harmonie de l'âme: la domination de l'un amène des désordres qui retentissent dans tout l'être, qui enrayent le développement régulier des facultés intellectuelles, qui troublentleur fonctionnement et rendent le libre arbitre impuissant.
La force morale en est suspendue ou diminuée. De plus, la prédominance des instincts amène l'aberration du sentiment et je vous rappellerai que Pinel, Esquirol,Prichard et Nasse ont signalé les aberrations du sentiment comme conduisant aux maladies psychiques.
Facultés industrielles. — Les facultés industrielles prennent quelquefois un développement exagéré et hors de proportion chez les individus prédisposés à la folie et aux affections nerveuses. On observe chez eux, dès leur enfance, une surprenante précocité dans certains actes qui demandent de l'habileté, dans des arts et dans des professions.
Ceux auxquels je fais allusion possèdent une adresse de mains étonnante; ainsi quelques-uns font de très jolis travaux de tour. D'autres ont une grande facilité à apprendre la musique, à jouer du piano et à dessiner.
En voici quelques exemples :
Un jeune garçon de treize ans, d'un caractère très bizarre, a été trop poussé au travail et est tombé dans un état voisin de l'imbéciljité. Cet enfant s'était adonné avec passion à l'étude de la musique et il était arrivé sans maître à jouer du piano d'une façon remarquable. Ce sont ces travaux qui avaient fatigué son intelligence.
J'en connais un qui est un remarquable caricaturiste sans avoir jamais appris les règles du dessin. D'autres ont une disposition étonnante pour l'architecture.
J'ai donné des soins à un jeune homme qui avait eu, dès son enfance, des facultés industrielles excessivement développées, raisonnant sur la mécanique, sur les machines à vapeur, comme le ferait un ingénieur ; mais peu à peu il fut. pris de troubles du caractère de nature grave, se mettant en colère contre les siens, frappant sa mère, se levant de table et se sauvant hors de la pièce, manifestant alternativement et sans raison des pleurs et des rires, de l'affection, de l'aversion pour ses parents. Ce jeune homme a guéri par une éducation raisonnée.