LOCALISATION DE LA FLUXION CÉRÉBRALE
est arrivée à 33" derrière l'oreille droite et 32%8 derrière l'oreille gauche.
L'observation de cette malade vous sera relatée tout à l'heure in extenso (voy. page 147).
Chez une autre malade (Gr...), la fluxion cérébrale était tellement intense, que malgré l'emploi des révulsifs, je n'ai pu m'en rendre maître; cette femme, qui n'avait pas de fièvre, avait au bregma une température de 38". Elle a succombé, et son autopsie a magistralement démontré que j'avais été dans le vrai en poui'suivant sur place la fluxion encéphalique ; des lésions congestives très intenses étaient en cff'et localisées aux circonvolutions pariétales des deux côtés, à leur partie la plus interne.
Nous venons de voir le parti que l'on peut tirer de l'observation thermométrique dans les cas où il n'existe pas de fièvre.
Quand il existe de la fièvre, l'examen de la température crânienne est moins intéressant; mais on peut cependant encore en tirer des inductions utiles : n'est-il pas curieux, en effet, de constater que parfois la température de la tête est plus élevée que celle du reste du corps? J'ai vu tout récemment un aliéné paralytique en proie à un violent délire, dont la température post-auriculaire droite était de 39°, alors que l'axillaire n'était que de 38°, 3.
Il est encore une série d'études plus intéressantes que je voudrais vous signaler, et c'est par là que je finirai : elle concerne les localisations des phénomènes fluxionnaires ou inflammatoires.
Il ne faudrait pas croire que tout l'encéphale se fluxionne à la fois : souvent la fluxion est localisée. C'est ce qui arrive surtoutchez les hallucinés, la fluxion n'atteint que telle ou telle région, telle ou telle circonvolution.
Voyez, messieurs, le parti qu'on pourrait tirer de cette élude au point de vue de la physiologie cérébrale !! !
Pour en revenir aux localisations des fluxions cérébrales, je vous dirai que j'ai presque toujours constaté des diff'érences de température entre les différentes parties symétriques du cerveau : chez l'homme sain, ces diff'érences sont minimes, elles ne dépassent pas un degré; mais chez l'aliéné- l'écart peut être très considérable. Ainsi, chez un paralytique qui avait 38°,3 dans l'aisselle, j'ai noté 39° derrière l'oreille droite et 37%5 derrière l'oreille gauche. N'est-il
HYPERTHERMIE ENCÉPHALIQUE.
pas évident que si l'on croit devoir intervenir en cas semblable, c'est du côté gaucbe de la tête qu'on devra appliquer soit les sangsues, soit les vésicatoires, soit la glace ?
Des différences semblables se rencontrent très souvent. J'ai relevé un tableau très significatif à cet égard. Voici quelques fragments de ce tableau :
Une aliénée paralytique, qui est dans le demi-coma, a 39°, 8 sous l'aisselle ; 38°, 2 derrière l'oreille droite; 35°,? derrière l'oreille gauche.
Une autre très agitée a 38°, 3 dans l'aisselle; 39° derrière l'oreille droite; 37°, 5 derrière l'oreille gauche.
De même c'est le bregma, c'est la région frontale qui peuvent être spécialement tluxionnés. Si je surprenais une température excessive localisée au bregma, par exemple, c'est là que je placerais un cautère : je réserve plus spécialement le cautère pour les fous paralytiques, chez lesquels il s'agit d'obtenir une dérivation puissante de longue durée.
Les mômes différences existent chez les aliénés névropathiqiies qui ont de l'hyperthermie encéphalique sans fièvre et chez lesquels je me trouve si bien de traiter l'élément fluxionnaire avant d'instituer le traitement antispasmodique ou même dans le cours de ce traitement. Si je note une hyperthermie plus accentuée à gauche de la tête qu'à droite, c'est à fgauche que j'appliquerai un vésicatoire ou la glace.
Ces faits de fluxions ou de congestions localisées n'ont rien qui doive étonner les médecins familiarisés avec l'étude de la pathologie générale : il est bien vrai qu'il y a dans l'organisme un consensus imus, qu'il ne faut jamais perdre de vue, si l'on ne veut courir le risque d'oublier le malade pour atteindre la lésion dont il est porteur; mais il faut aussi compter avec ce fait que les divers départements de l'organisme ont leur innervation propre, jouissant ainsi d'une certaine indépendance : nous avons tous vu chez les femmes nerveuses un doigt devenir subitement pâle et anémié, alors que les doigts voisins restaient à l'état normal ; nous savons tous qu'un lobe pulmonaire peut se congestionner, alors que les autres lobes restent sains : pour([uoi une partie de cerveau ne pourrait-elle pas se fluxionncr, indépendamment des autres ou plus que les autres voisines ?