‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 60 sur 207 · HYPERESTHÉSIE DE L'ŒIL · texte numérisé non relu

HYPERESTHÉSIE DE L'ŒIL

entretenus (1) me font penser que la thérapeutique doit arriver à être ici et'Iîcace.

Et d'abord, rien n'est plus sinipledans les cas de cataracte mûre, de glaucome; mais la difficulté semble, au premier abord, assez grande lorsqu'il s'agit d'opacités légères et disséminées.

Le cristallin, en etïet, vous le savez, ne peut être enlevé lorsqu'il n'est pas à peu près complètement opaque; mais c'est là un point d'études qui me paraît intéressant.

N'y a-t-il pas moyen de pratiquer la discision dans un cristallin atteint d'opacités légères, de façon à mettre le corps en contact direct avec l'humeur aqueuse qui, imbibant alors la surface cristalline, la i^onflerait, la dissoudrait et la résoi'berait?

Quel que soit le procédé opératoire, il me parait rationnel d'enlever de l'œil le cristallin, lorsque ses altérations ont troublé la vision et amènent des phénomènes aussi dommageables pour l'intelligence que des illusions et des hallucinations.

2" Folie liée à l'hypereslhésie de l'œil. . .

Il est i)lus difficile, en l'absence de lésions oculaires, de savoir si les hallucinations sont primitives ou secondaires, c'est-à-dire consécutives ou non à un état nerveux central; en effet, il est un grand nombre de cas où des phénomènes sensoriels sont le retentissement périphérique d'une lésion centrale; de même que l'on voit chez l'épileptiquc, des auras des membres résulter de lésions cérébrales.

Ces symptômes consistent, dans les deux cas, en vue de flammes, de flammèches, de points brillants, d'éclairs; mais il y a les plus grandes présomptions que la cause des illusions et d('S hallucinations est dans le globe oculaire, lorsque le malade est impressionné très vivement par la lumière, tient les paupières fermées et recherche l'obscurité, et lorsque les illusions et les hallucinations cessent par le fait de l'occlusion des paupières.

La production de très nombreux phosphènes jaunes, bleus, violets, par nue faible pression du globe oculaire, est un bon moyen de reconnaître rhallucinatiou sensorielle de la vue.

Cet état d'acuité du sens de la vue est nu bon signe pronostique,

(1) Bul'etin (jénéva] <li' Ihcinpcnliqne , 15 (li'TPmlii'e 18(Î.S.

FOLIE ACQUISE

et le traitement par les injections sous-cutanées de morphine a rapidement raison de l'hyperesthésie de l'œil et des hallucinations.

B. — Folie liée a l'hyperesthésie et a l'irritation DU sens de l'ouïe.

Les considérations un peu détaillées dans lesquelles je suis entré pour le sens de la vue sont aussi applicables au sms de roiiie, dont les fines dispositions anatomiques, décrites par Corli, sont bien favorables à l'existence de l'hyperesthésie et à son retentissement sur l'encéphale. Rien n'est, en effet, fréquent comme d'apprendre que l'hallucination del'ouïe a été précédée par des bruissements, des tintements, des bourdonnements d'oreille, des murmures, des coups, par le retentissement désagréable du moindre bruit, puis par des illusions.

Chez un grand nombre de malades que j'ai guéris par les injections sous cutanées de morphine, la pathogénie de leurs hallucinations n'avait pas été autre. Gomme pour l'hallucination de la vue, dont l'origine est sensorielle, l'hallucination sensorielle de l'ouïe cesse par le fait de l'occlusion des oreilles, ou par le fait du silence. Ces hallucinations sont souvent unilatérales, et le diagnostic peut fréquemment en être aidé par le récit que font les malades des bruissements et des bourdonnements qui les fatiguent.

L'acuité de l'ouïe est un bon moyen de diagnostic de l'hyperesthésie primitive du sens de l'ouïe d'avec l'hyperesthésie des centres nerveux qui a retenti secondairement sur le sens de l'ouïe.

Quant auxlésions irritatives de l'oreille interne qui peuvent retentir sur l'encéphale, leur étude constitue une difficulté considérable, dont la cause dépend des dispositions anatomiques de l'oreille interne et de la difficulté d'étudier ses lésions, sans tout détruire, dans les coupes auxquelles il faut soumettre le tissu osseux. L'anatomie normale est peu certaine; il en est de même de l'anatomie pathologique.

J'ai observé cependant des cas où des lésions dartreuses, qui avaient envahi et gagné l'oreille interne , avaient été l'origine de troubles sensoriels et, plus tard, d'hallucinations et de folie; mais

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jo n'ni pu, dans iiu cas de mort, étudier convenablement l'oreille interne.

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