‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 77 sur 207 · HALLUCINATIONS CHEZ L'ENFANT · texte numérisé non relu

HALLUCINATIONS CHEZ L'ENFANT

j> J'inferrocreai Bernadette sur sa vision à la grotte de Lourdes; elle nous répondit qu'étani allée un soir ramasser des châtaignes sur lus bords du Gave, en compagnie de deux jeunes lîlles de son âge, la sainte Vierge lui est apparue à l'entrée de la grotte. Nous lui demandâmes comment était vêtue la Vierge ; elle nous répondit qu'elle était vêtue de blanc, avec des souliers en satin jaune et une couronne d'immortelles sur sa tête.

î — Et que te dit la sainte Vierge? • — La sainte Vierge me dit : « Pauvre Rernadette, tu es bien malheureuse sur la terre, mais un jour tu seras bien heureuse dans le ciel. »

» — Et tes deux compagnes, la virent-elles? » — Non, elles n'ont rien vu, ni rien entendu. »

Obs. IjXV. — Marie D .. est arrivée dans mon service le 18 janvier 1868, à la suite du certificat suivant, délivré par M. le docteur Girard de Cailloux :

« Délire de persécution avec conceptions hypochondriaques. »

Une de ses parentes m'apprit que, en novembre 1866, Marie B... se plaignit à tout le monde qu'on la volait; qu'elle avait mis le feu à sa cheminée, disant (|u'il fallait qu'elle brûlât tout Paris, et que, dans ces derniers jours, elle avait laissé couler l'eau par le robinet de la cuisine pour éteindre l'incendie.

Sa parente ajoute que Marie I)... a répété encore ces jours-ci qu'on la volait, qu'il y avait des démons après elle; elle se promenait la nuit, toute nue, dans les escaliers et la cour.

Elle m'apprit que Marie B... était la confidente de M"" de la Merlière dès avant 1846; que cette demoiselle l'a exaltée; elle me montra une lettre d'une parente de cette demoiselle. M"'' de L..., qui dit que Marie B... parcourait les montagnes de la Salette, pieds nus.

Marie B... est d'une taille un peu au-dessous de la moyenne, blonde, pâle, les traits sont réguliers et agréables. La physionomie est triste et compassée. Elle tient dans ses mains un chapelet et prie.

Elle ne présente aucune altération des sens, de la sensibilité, de la inotilité.

Elle tousse, et elle expectore des crachats épais et sanguinolents.

11 existe des tubercules pulmonaires ramollis nu sommet du poumon gauche.

Elle croit qu'on empoisonne ses aliments, qu'on l'a volée, et qu'on l'a accusée d'avoir vole.

fa luiit, elle va détacher les autres malades, et lorsqu'on lui en fait des observations,

elle répond que ce n'est pas elle, que c'est ,)ésus.

« C'est le petit Joseph qui a conuriencé, dit-elle, Marie! Marie! d

Elle me raconte qu'elle est à Paris depuis 1858; qu'elle arrivait, avec sa maîtresse,

de l'Isère; que sa mère est morte empoisonnée. Elle entremêle ses récits de propos

religieux, de purgatoire, de paradis, et abandonnerait le sujet de la conversation si on

ne l'y ramenait.

« Je suis mariée, dit-elle, avec Noire-Seigneur; la sainte Vierge m'a admise dans le ciel; » puis, sans transition : « 11 y a là, derrière le poêle, un monsieur qui me semble être le lils d'une de ces dames. »

.\ nia question : « Pourquoi veut-on vous empoisonner? » Elle me répond : « J'ai des ennemis, je n'ai fait que prier pour eux, et cependant ils me poursuivent. »

L'entendant parler un jour de la Salette, je lui demande si elle va été; elle me répond qu'elle y a vu la sainte Vierge plus de vingt fois; qu'elle lui est apparue,

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