DEUXIÈME LEÇON
(Schéma, PI. I, fig. 1 et PI. XI.)
SOMMAIRE
de la catalepsie. - Définition : Procédés pour produire lëlat calaleptique.
Symptomatologie : 1° Au point de vue somatique. — 2° Au point de vue dynamique ; Mouvements associés, rôle des impressions visuelles et auditives. — 3° Sollicitation des régions émotives ; Émotions produites par la vue -.Émotions produites par les rayons colorés; Émotions produites par les impressions auditives ; Émotions produites parla sensibilité musculaire ; Émotions produites par des substances varices contenues dans des tubes. - 4° Dédoublement des émotions. — 5° Prise du regard. — 6° Actions des aimants et des métaux ; Attractions, Répulsions, Aimantation du corps humain; Phénomènes de transfert. — Diagnostic de la catalepsie franche, et des étals
calalepto-somnambuliques. — Examen ophtalmologique du fond de l’œil.
Expériences : Production de l’état hémi-cataleptique et hémi-léthargique.—Action des rayons colorés. — Altitudes variées. — Émotions sollicitées.
Nous allons aborder aujourd’hui l’étude symptomatologique de la catalepsie. --Cet état confine d’une part à l’état léthargique et d’autre part, à l’état somnambulique. Dans la setie des étapes que poursuit le sujet pour revenir à l’état de veille, c’est le premier effort de l’organisme pour émerger de la période d’obscurité profonde et d inertie ou il a été placé dans la période de léthargie.
La ( atalepsie est essentiellement caractérisée par l’im-
DE 1/ÉTAT CATALEPTIQUE ol
mobilité spéciale des muscles, et par la fixité des attitudes communiquées. — Si l’on prend le bras d’un sujet cataleptique et qu’on le soulève, il reste indéfiniment dans la position qu’on lui a donnée, — si on soulève les deux bras, si on infléchit le tronc dans telle ou telle direction c’est la même chose. Les muscles soulevés sont flexibles et légers. Ils se groupent harmonieusement dans toutes les poses qu’on leur fait prendre. La mimique des émotions atteint un degré d’exactitude extrême, et la chair humaine devient ductile malléable comme les membres d'un mannequin de peintre.
En même temps, la face participe à cet état nouveau. Elle présente un aspect tout spécial : — les yeux sont largement ouverts, fixes, les traits sont immobilisés, — de là une physionomie impassible, silencieuse, toute spéciale. Les téguments cutanés sont frappés d’anesthésie, il en est de même des muqueuses. L’orbiculaire des paupières étant immobilisé, il en résulte que les larmes ne suivent plus leur cours habituel, elles imbibent les globes oculaires et s’écoulent sur les joues.
HÉMI-LÉTHARGIE. — HÉMI-CATALEPSIE
La catalepsie, vous ai-je dit, est intermédiaire’entre 1 état léthargique et l’état somnambulique. — Ges rapports de continuité sont tellement réels, et tellement dans l’ordre des choses, que je vais vous montrer une expérience très curieuse dans laquelle vous allez voir le sujet être en quelque sorte placé à cheval sur les deux états léthargique et cataleptique ; — il peut être par artifice mis en léthargie d’un seul côté, et placé en catalepsie de l’autre côté ; il est ainsi dédoublé, un pied d’un côté et un pied de l’autre. — C’est ce qu’on appelle l’hémi-léthargie et l’hémi-catalepsie (PI. IV, flg. 1).
Ainsi le sujet étant en léthargie avec résolution bilateiale, voici comme on opère : — l’état cataleptique étant essentiellement provoqué par l’action excitatrice de la lumière sur le cerveau, je fais arriver les rayons lumineux dans un seul lobe cérébral isolé, et ce lobe qui est en état léthargique va se mettre en état cataleptique ipso facto.
Que faut-il laire pour cela ? — Relever la paupière d’un seul côté.
J’agis par exemple sur l’œil droit du sujet, je relève sa paupière supérieure ; la lumière illumine immédiatement sa retine et cet état nouveau d’ébranlement vibratoire se transmet au lobe gauche opposé qui se trouve tout à coup illuminé. Il entre par cela même en un état nouveau, et cet état est l’état cataleptique.
Vous voyez, je lève le bras droit du sujet, il reste dans 1 attitude que je lui donne, il se laisse fléchir et conserve la situation, tandis que de l’autre côté, là où l’état léthargique n a pas été interrompu c’est l’obscurité qui domine encore dans son lobe droit. Et, vous le voyez, si je lève le bras gauche, innervé par le lobe droit léthargique, le bras retombe flasque et inerte, et si j’interroge les muscles de l’avant-bras, j'obtiens encore la réaction caractéristique de l’hyperexcitabilité musculaire.
L’individu est donc expérimentalement scindé en deux individualités psychologiques distinctes, son unité physiologique se trouve ainsi anéantie, et on arrive à créer par une sorte de vivisection expérimentale, un véritable dédoublement de l’être vivant, en vertu duquel chaque lobe cérébral acquiert une autonomie propre.