PROCÉDÉS POUR PRODUIRE L’ÉTAT CATALEPTIQUE
L’état cataleptique peut être déterminé soit d’emblée : par une impression vive, une secousse frappant sur la sensibilité auditive, un coup de gong, un bruit strident, une décharge électrique, celle de la foudre; — soit doucement, par l’évolution naturelle des expériencesde l’hypnotisation ; ou le bruit monotone du tic tac d’une montre.
La présence d’un objet brillant chez les sujets prédisposés détermine encore l’état cataleptique; — un rayon de soleil dardé avec un miroir; un miroir à rotation, comme dans les expériences que j’ai instituées suffisent à provoquer chez les sujets entraînés l’hypnose, au bout de deux ou trois minutes (PL XI).
Les sujets sont incontinent saisis, ils restent inertes et dans l’attitude où ils ont été impressionnés. — Vous savez qu’un grand nombre d’individus frappés par la foudre ont été retrouvés dans les attitudes expressives de la catalepsie qu’ils avaient au moment où ils avaient été atteints (I).
La catalepsie peut être encore provoquée par la suggestion. — Le sujet étant en période de somnambulisme, par exemple, vous lui dites de se replacer en période de catalepsie, et il s’y place de lui-même, par une action mystérieuse dont nous ne pouvons pas encore pénétrer le secret.
Dans l’ordre naturel des choses la catalepsie suit l’état léthargique, chez les sujets qui présentent le grand hypnotisme. — Chez ceux au contraire qui restent en
(I) Bottcy, loco eltato , page 30.
suspend et n’arrivent pas aux limites extrêmes de la léthargie, l’état mixte catalepto-somnambulique seul apparaît, c’est la fascination de Brémaud, et ce n’est qu’à la longue, par suite d’un entraînement prolongé, que les sujets fascinés peuvent arriver aux phases ultimes du grand hypnotisme.
Comment dètermine-t-on le passage du sujet de l’état léthargique à l’état cataleptique?
Par un mécanisme bien simple (PI. I, fig. 1). L’individu plongé en léthargie, est au point de vue des impressions extérieures dans un état d’obscurité profonde ; il ne perçoit pas plus les impressions sensitives que les impressions visuelles. — Que faisons-nous alors, lorsque empiriquement nous relevons ses paupières? Permettezmoi cette comparaison vulgaire, nous ouvrons les volets, comme nous faisons lorsque nous sommes dans une chambre obscure et que nous voulons avoir du jour. — Nous faisons arriver les vibrations lumineuses sur la rétine et de là, parles nerfs optiques dans les corps genouillés,les couches optiques et finalement dans l’écorce, c’est une incitation nouvelle qui pénètre dans ses réseaux et vient éclairer certaines régions obscures. Ces mêmes vibrations apportent donc avec elles la vie, mais elles ne s’adressent qu’à un département isolé, elles ne donnent qu’une vitalité locale et partielle aux régions corticales de la vision.
Et c’est ainsi qu’un état nouveau se développe dans l’ensemble des activités cérébrales, — état de vitalité incomplet, bizarre, extra-physiologique, qui exprime un véritable défaut d’équilibre dans la répartition des forces nerveuses irrégulièrement réparties.
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SYMPTOMATOLOGIE
Au point de vue symptomatologique, l’état cataleptique présente des caractères nets et tranchés qui constituent une phase des mieuxlimitées des processus hypnotiques, et que l’on retrouve avec les mêmes caractères chez la plupart de tous les sujets examinés.