‹ Leçons cliniques sur les principaux phénomènes de l'hypnotismeChapitre 6 sur 59 · PROCÉDÉS POU H PRODUIRE L HYPNOTISME · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS POU H PRODUIRE L HYPNOTISME

ment, à 1 aide de divers procédés, la présence d’un aimant, d’un corps en mouvement, d’un bruit régulier, celui de cette petite sirène de Trouvé que je vous présente, on peut, chez un sujet entraîné, (sans proférer aucune parole), rien que par le fait d’un son de cette sirène, développer d’emblée la léthargie complète, puis la catalepsie, puis le somnambulisme, puis le réveil. Et, une fois le réveil arrivé, on recommence aussi dans l’ordre descendant la série des phases somnambulique, cataleptique et léthargique, que l’on parcourt en un nouveau cycle, pour revenir au réveil. — Et cela d’une façon continue, régulière, autant qu’on le veut, rien que par les réactions automatiques des appareils centraux de l’innervation mis en évolution.

DES PROCÉDÉS EMPLOYÉS POUR PRODUIRE l’hYPNOTISME

Depuis les recherches célèbres de Braid qui déterminait l’hypnotisation de ses sujets en leur présentant devant les yeux un objet brillant, tous les auteurs qui se sont occupés de la question ont plus ou moins obéi aux mêmes tendances. Ils se sont tous adressés à la sensibilité du nerf optique, soit en le fatiguant par l’éclat d’une vive lumière, soit en le comprimant à l’aide d’une légère pression exercée par l’expérimentateur sur les globes oculaires (1).

On peut encore avoir recours à la sollicitation des régions auditives. — Ainsi, chez un sujet prédisposé, le tictac d’une montre présentée à une certaine distance de l’oreille suffit pour déterminer l’hypnose. — Un son musical continu, les vibrations d’un diapason, offrent les

(I) Dumontpallier et Magnin. — Sur les règles à suivre dans i' hypnotisation des hystériques. Académie des Sciences, H mars 188*2.

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mêmes résultats; — la répétition des mêmes mots d’une façon monotone à l’oreille d’une personne prédisposée et à laquelle on dit : donnez , dormez , un grand nombre de fois, finit par produire un effet semblable.

Une jeune hystérique de mon service était tellement impressionnable aux vibrations sonores que le bruit sourd et prolongé du trembleur d’une machine électrique, mise en activité à l’autre extrémité de la salle où elle se trouvait, suffisait pour la faire tomber incontinent en période léthargique ; et cette action était si rapide, si instantanée, que la malade, aussitôt que la machine était en mouvement, sans qu’elle le sût, interrompait immédiatement la conversation commencée, restait tout à coup ébahie et inerte, et, si on ne la soutenait pas, tombait immédiatement en léthargie à terre. Il suffisait dans ces cas là de faire interrompre le fonctionnement de la machine électrique pour ramener la malade à ellemême.

Dans cet ordre d’idées je vous montrerai tout le parti qu’on peut tirer de ce petit instrument si facilement transportable, la sirène de Trouvé, non seulement pour produire l’hypnose mais encore pour solliciter les différentes phases de l’hypnose. Certains sons brusques, un coup de sifflet, un coup de gong peuvent encore produire une des phases de l’hypnose, la catalepsie plus particulièrement. ♦

La sensibilité des nerfs cutanés peut aussi être mise à contribution.

Ainsi, chez certaines hystériques pourvues de zones hystérogènes, il suffit d’un léger attouchement d’une de ces zones pour provoquer immédiatement un état hypnotique qui est la plupart du temps la léthargie. — Il suffit en effet chez certains sujets de leur pincer légèrement

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