‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 106 sur 208 · PRATIQUE DES ANCIENS · texte numérisé non relu

PRATIQUE DES ANCIENS

avec de l’huile de musc, et il ajoute très sérieusement que ce mode de traitement est surtout utile chez les veuves, les tilles chastes et les religieuses. Sauvage, ayant à soigner une nonne, fit pratiquer la titillation du clitoris par un chien.

Duret employa un procédé plus moral. Une de ses clientes ayant de grandes attaques de nerfs, il fit appeler son mari et ordonna à la malade « ut rem cum uxore habueret ». Et il ajoute, dans un langage admirable de précision et de laconisme : « Rem habuit et statim convaluit. »

Ambroise Paré approuve beaucoup ce procédé, mais il ne le croit applicable qu'après la crise. Si la femme est mariée , dit-il, le paroxysme estant passé et la femme estant resveillée, qu’elle aye compagnie de son mari, car telle chose surpasse tous autres remèdes h

La matrice résistant parfois aux moyens précédemment indiqués, on imagina de la ramener à sa place par des pressions habilement combinées et de la contraindre et à y rester en appliquant sur le ventre une grosse pierre. Fernei prétend avoir réussi à repousser la matrice dans le bassin. J'ai souvent senti, dit-il, qu’elle s’élevait vers l'estomac en forme d’une boule et qu’elle l'oppressait bien fort, et qu’étant plusieurs fois repoussée avec la main, elle retournait manifestement à sa place. Et véritablement cela ne doit pas sembler plus étrange que quand ou la voit descendre si bas qu’elle tombe presque toute1 2.

Au commencement de notre siècle, Récamier faisait étendre les malades sur un matelas par terre. On plaçait un coussin sur leur ventre et sur ce coussin on faisait asseoir un aide. Briquet juge cette pratique illusoire, mais la région ovarienne des hystériques étant souvent le siège de zones spasmo-frônatrices, on comprend très bien que Récamier ait pu obtenir par ce moyen des résultats avantageux.

Indépendamment des méthodes de traitement que je viens de vous indiquer, les auteurs ont recommandé une foule de moyens empiriques, parmi lesquels je vous signalerai seulement les saignées générales ou locales, les vomitifs, les lavements purgatifs ou glacés, la compression des carotides, les inspirations d’acide carbonique, l’insufflation de poivre dans les narines pour provoquer l’éternuement, la ligature des membres 3, etc.

1 Ambroise Paré, loc. cit., p. 995.

2 Fernei, cité par Landouzy, Traité complet de l'hystérie, p. 36.

3 Un préjugé ancien voulait que la ligature ne fût efficace que si le lien était fabriqué

Mais je me suis déjà trop étendu sur des détails historiques qui n’ont aucune utilité pratique; j'ai hâte de vous indiquer maintenant la ligne de conduite que vous devrez suivre lorsque vous serez appelés auprès d'une personne en proie à des convulsions hystériques violentes.

Dans la grande majorité des cas, vous trouverez la malade entourée par des amies obséquieuses et des parents affolés. Des voisines s’empressent à lui donner des soins : les unes la maintiennent en serrant de toutes leurs forces ses bras et ses jambes, les autres lui font respirer des sels ou cherchent à lui faire avaler des liquides; toutes s’agitent et ne cessent de disserter sur la nature et la gravité du mal.

Ne perdez pas votre temps à répondre aux questions incohérentes qu’on vous posera dès votre arrivée. Choisissez dans l’assistance la personne qui vous paraîtra la plus sérieuse, passez avec elle dans un appartement voisin et faites-vous raconter exactement les circonstances dans lesquelles s’est développée la crise; car avant d’agir il faut absolument que vous ayez posé un diagnostic précis, et pour poser un diagnostic il est nécessaire que vous connaissiez les commémoratifs.

Revenu dans la chambre de la malade, votre premier soin doit être d’écarter tous les dévouements inutiles et de prier surtout les aides qui maintiennent la patiente de ne pas faire trop de zèle. Leur rôle doit consister à éviter les chutes dangereuses et non pas à immobiliser les membres du sujet en les comprimant avec violence.

Quelquefois, le fait seul d’abandonner la malade à elle -même suffira pour arrêter la crise; car sous le prétexte de maintenir étroitement les malades, on comprime assez souvent des zones spasmogènes dont l’excitation, sans cesse renouvelée, prolonge indéfiniment les convulsions.

Si, malgré cela, la crise continue, vous devez procéder à la

avec de la peau d’homme. Bonet, l'auteur bien connu du Sepulchretum, raconte que sa mère, atteinte d’hystérie, se servait avec avantage de ce moyen et qu’elle portait toujours sur elle un lien en peau d'homme. Quelques personnes ayant essayé le même agent thérapeutique sans succès, Bonet l’explique en disant que sans doute elles avaient employé des liens en peau de femme. (Cité par Landouzy, loc. cit., p. 23i.)

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