‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 116 sur 208 · TREMBLEMENTS VIBRATOIRES · texte numérisé non relu

TREMBLEMENTS VIBRATOIRES

avant son entrée à l’hôpital, d’un accident de chasse. Le 21 mars 1887, en sautant un fossé, il était tombé sur la berge. La gâchette de son fusil s’était accrochée à une branche et le coup était parti en lui faisant une plaie a la peau de la face palmaire de l’index droit. La blessure, traitée à la campagne par l’irrigation continue, avait guéri assez lentement. Cependant, après quinze jours, la cicatrisation était à peu près complète. C’est alors qu’apparut un tremblement de l’avant-bras droit, d'abord intermittent, puis continu, qui durait depuis un mois, quand le malade entra à l’hôpital, le (I mai 1887. A ce moment, la plaie de l’index droit était guérie, mais la cicatrice était très douloureuse. De plus, l’avantbras et la main étaient incessamment agités par de petits mouvements oscillatoires de pronation et de supination. Les secousses étaient brèves, rapides, se reproduisant 8 fois par seconde. Elles n’empêchaient pas les mouvements volontaires, mais elles les rendaient hésitants et incertains. Il n’y avait pas de paralysie des muscles de l’avant-bras ni de la main. Les doigts ne tremblaient pas; ils étaient seulement ébranlés par la transmission des mouvements circulatoires de rotation du poignet. Ce tremblement a rapidement disparu à la suite de quelques séances de faradisation des muscles de l’avant-bras, et le malade, tout à fait guéri, a demandé son exeat le 29 mai.

C’est bien là, si je ne me trompe, un exemple de ces tremblements réflexes auxquels je faisais tout à l’heure allusion. Mais pourquoi, direz -vous, faire intervenir l’hystérie dans son interprétation pathogénique? Pour trois raisons : la première c’est que fiai... est issu d’une mère qui, sans avoir jamais eu de grandes attaques convulsives, est cependant une névropathe, sujette à des sensations de constriction laryngée et à des crises de sanglots; la deuxième, c’est que notre malade a un rétrécissement concentrique très marqué (1/2 environ) des deux champs visuels et une abolition à peu près absolue des réflexes pharyngiens, phénomènes qui sont à juste titre considérés par les neurologistes modernes comme des stigmates révélateurs de la diathèse hystérique; la troisième, c’est que le tremblement a guéri sans laisser de traces à la suite de quelques séances de faradisation, ce qui ne serait sans doute pas arrivé s’il avait été la conséquence directe d’une irritation réflexe partie de la plaie ou de la cicatrice.

Il est plus difficile de saisir les rapports des tremblements

vibratoires toxiques avec l’hystérie. Il est possible qu ils soient quelquefois des symptômes directs de l’imprégnation des éléments nerveux par les agents toxiques; mais il est certain que dans un bon nombre de cas ils sont de nature hystérique et peuvent être modifiés par des moyens thérapeutiques qui n'ont aucune action sur l’intoxication elle-même.

Voici, par exemple, un homme de cinquante-deux ans, qui fait depuis longtemps de grands excès alcooliques. Il avait, lorsqu’il est entré à l’hôpital, un tremblement vibratoire des membres supérieurs réunissant tous les caractères du tremblement alcoolique intense et présentant cette seule particularité, un peu anormale, qu’au lieu d’être également fort des deux côtés, il était plus marqué dans la main gauche que dans la droite. Une séance d'aimantation l’a fait presque complètement disparaître. Aujourd'hui, quand le malade tient les mains étendues dans la position horizontale, il n’a plus qu'un frémissement à peine appréciable des doigts.

Cette guérison rapide prouve bien que, dans ce cas, le tremblement ne dépendait pas de l’imprégnation des centres nerveux par l'alcool, mais qu’il était le résultat d’un simple trouble fonctionnel surajouté à elle: c'était un tremblement liystéro -alcoolique.

Le même raisonnement s’applique à l’interprétation pathogénique des tremblements vibratoires qui se développent dans le cours ou la convalescence des maladies infectieuses telles que l’érysipèle, la variole, la diphtérie, la fièvre typhoïde. Dans la plupart des cas, ces tremblements sont dus à une sorte d 'hystérie d’origine dyscrasique et non pas à des lésions matérielles persistantes des centres nerveux.

On appelle tremblements intentionnels ceux qui se produisent seulement à l’occasion des mouvements volontaires d’une certaine étendue et cessent aussitôt que les muscles sont dans le repos complet. Cette forme de tremblement, dont M. Charcot a magistralement décrit les caractères cliniques, existe surtout dans la sclérose en plaques. On la rencontre également dans quelques cas de méningite cervicale hypertrophique, ou de lésions en foyers des

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