‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 122 sur 208 · EXEMPLE DE TIC HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

EXEMPLE DE TIC HYSTÉRIQUE

inaee qu ellos lui lont laire, mai$ il ne peut les empêcher volontairement de se produire. Nous n’avons trouvé aucun point du corps dont la pression eût sur elles une intluence excitatrice ou frénatrice manifeste. Elles sont plus fortes la nuit que le jour, à tel point qu’elles empêchent souvent le malade de s’endormir. Nous ne savons pas si elles persistent pendant le sommeil. Les émotions morales augmentent notablement leur fréquence.

A certains moments, sans cause connue, le tic devient beaucoup plus violent; pendant une heure ou une heure et demie le malade ne cesse de

Pic. 38. — Distribution de l’ancstbésic cutanée chez Cour... Analgésie du coté gauche du corps, hypoesthésie du côté droit.

grimacer; puis les contractions convulsives s’apaisent, et durant plusieurs heures elles ne se produisent plus que toutes les minutes environ.

Pendant ces sortes d’accès, le malade éprouve des tiraillements désagréables dans toute la région de la joue gauche, mais il n’a, à aucun moment, de douleurs lancinantes aiguës analogues à celles qu’on observe dans la névralgie du trijumeau et dans le tic douloureux de la face.

La peau est complètement analgésique sur toute la moitié gauche du corps. Les sensations de contact, de température, y sont perçues à peu près normalement; les sensations douloureuses n’y sont pas perçues du tout. Du côté droit, on trouve une hypoesthésie très manifeste (fig. 38).

Le réflexe au chatouillement plantaire est aboli des deux côtés. Les

réflexes rotuliens sont brusques. L’excitation du pharynx et de 1 épiglotte ne provoque pas de nausées.

Le champ visuel est rétréci concentriquement des deux côtés, un peu plus du côté gauche que du côLé droit (fig. 39). Les pupilles sont normales , elles réagissent vivement à la lumière et aux eflbrts d accommodation. 11 n j a pas d’achromatopsie ni de dyschromatopsie.

Le malade est toujours triste, sombre, préoccupé. Il n’a pas d’idées de persécution ni d’impulsion au suicide, mais il est toujours disposé à voir tout eu noir. Il supporte difficilement la contradiction. Il est irritable et susceptible à l’excès. Il est fatigué par des longues insomnies. Il n’a pas de cauchemars.

I’ig. 39. — Rétrécissement Concentrique des champs visuels de Cour...

Indépendamment de ce tic, notre malade se plaint d’une céphalée continuelle; il a, dit-il, la tète serrée dans un cercle de fer. Il éprouve aussi de temps en temps des douleurs constrictives ou lancinantes dans les membres inférieurs et le long de la colonne vertébrale.

La marche est lente, traînante; cependant il n’y a ni steppage ni incoordination ataxique. L’occlusion des yeux augmente l’instabilité.

Tout le corps est agité d’un petit tremblement serré analogue à celui de la maladie de Graves, mais il n’y a ni tachycardie, ni gonflement du corps thyroïde, ni saillie anormale des globes oculaires.

Les deux membres du côté gauche sont notablement plus faibles que ceux du côté droit.

Il est de toute évidence, Messieurs, que nous avons affaire là à un de ces cas complexes dans lesquels l’hystérie et la neurasthénie associent leur malfaisante influence. La céphalée en casque, les tendances mélancoliques appartiennent plutôt à la neurasthénie qu’à l’hystérie. Mais l’analgésie cutanée, le rétrécissement concentrique des champs visuels et le tic de la face qui s’est développé il y a huit mois à la suite d’émotions morales vives, sont, si je ne me trompe, des accidents hystériques.

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