III. Abasie hystérique. Historique. Description
IV. Variétés cliniques de labasie hystérique. Exemples: 1° abasie à forme paralytique;
abasie avec effondrement subit des jambes; 3° abasie à forme sautillante.
Messieurs,
Les paraplégies hystériques sont fréquentes et donnent souvent lieu à des erreurs de diagnostic. « J’ai vu, disait B. Brodie S condamner au repos et à la position horizontale, pendant des années, un grand nombre de jeunes filles que l’on soumettait encore à la torture par les cautères et les sétons, alors que le grand air, l’exercice et les distractions les eussent complètement guéries en quelques mois. » Les choses n’ont guère changé depuis l’époque où le chirurgien anglais s’exprimait en ces termes; cependant on se trompe moins souvent depuis qu’on connaît mieux les formes cliniques que peut revêtir la paralysie hystérique des membres inférieurs.
Ces formes sont : 1° la paraplégie vraie, caractérisée par l’impotence complète et permanente des membres inférieurs; 2° l’abasie dans laquelle l’impotence ne se manifeste que lorsque les malades sont dans la position verticale. Chacune d’elles présente plusieurs variétés dont vous verrez tout à l’heure des exemples.
1 B. Bi'odie, Lectures illustratives of certain local nervous affection. London, 1837, page 47.
DES rARAPLÉGIES HYSTÉRIQUES.
Les paraplégies qui dépendent de lésions organiques de la moelle épinière sont divisées en deux grandes catégories, selon que les muscles paralysés sont rigides ou flasques. Celles du premier groupe (paraplégies spasmodiques) se développent à la suite d’altérations systématiques, primitives ou secondaires, des cordons latéraux: on les observe dans le tabes spasmodique, les myélites transverses, les myélites par compression, etc. Celles du second groupe (paraplégies flaccides) surviennent ordinairement dans les cas où la substance grise de la moelle est le siège de lésions destructives étendues, dans les myélites centrales, les paralysies spinales aiguës de l’enfant ou de l’adulte, etc.
Les paraplégies hystériques affectent indifféremment la forme spasmodique ou la forme llaccide, de telle sorte qu’elles peuvent simuler les affections les plus diverses de la moelle. Toutefois il est en général possible, avec un peu d’attention, de reconnaître leur véritable nature si l’on tient compte des particularités sur lesquelles je vais appeler votre attention.
Les paraplégies hystériques avec contracture sont les plus communes. En voici un exemple :
Observation I. — Paraplégie hystérique avec contracture des membres inférieurs. — Berlhe G..., âgée de vingt-trois ans, est une hystérique invétérée. Née d’un père alcoolique et d’une mère vésanique, elle a eu dès son enfance des accidents névropathiques variés (toux coqueluchoïdes, crises de hoquet). Depuis quatre ans elle est sujette à des attaques convulsives et à des attaques de sommeil. Elle est hémianesthésique gauche et porte, sur différents points du corps, des zones spasmogènes et spasmo-frénatrices très actives (fig. 03). Ses champs visuels sont très rétrécis (fig. 03).
A plusieurs reprises elle a eu, à la suite d’attaques convulsives, des contractures permanentes siégeant tantôt sur les membres supérieurs, tantôt sur les membres inférieurs. Elle est restée longtemps dans le service avec une contracture du membre supérieur gauche et des deux membres inférieurs. Ces contractures ont toujours disparu brusquement après un laps de temps variant entre quelques jours et six mois.
Il y a quinze jours, à la suile d’une attaque convulsive dont l’évolution lia rien présenté de particulier, Berthe G... est restée paraplégique. Les lieux membres inférieurs sont, depuis cette époque, immobilisés en flexion forcée, les talons touchant presque les tubérosités ischiatiques. Il est impossible de les étendre de lorce, et la malade est incapable de les mouvoir