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EXEMPLE DE PARAPLÉGIE SPASMODIOEI

udontairement. Lo relèvement de la pointe des pieds 11e provoque pas de trépidation épileptoïde. Les réflexes rotuliens sont très brusques, mais ils ont peu d amplitude. Il 11’y a pas de troubles trophiques; les muscles

l u.. Ü-2. — Distribution de 1 •anesthésie cutanée cl des zones spasmogènes et spasmo-frêiialriccs

chez Bcilhe G...

Fig. G3. — Rétrécissement concentrique des champs visuels de Berthc G.

paralysés 11e sont pas atrophiés; leurs réactions électriques sont normales. La miction et la défécation s’exécutent régulièrement.

Les membres supérieurs ont conservé leur motilité.

452 DES PARAPLÉGIES HYSTÉRIQUES.

Je vous signalerai en passant deux particularités assez impiévucs . la première, c’est que, bien que notre malade ait eu a plusieuis reprises des contractures spontanées, elle n’a pas de diathèse de contracture , c’est-à-dire qu’il est impossible de provoquer chez elle, par la traction des membres, la percussion des muscles, la suggestion à l’état de veille, etc., des rigidités musculaires; la seconde, c’est que ses contractures spontanées persistent pendant le sommeil hypnotique ou tout au moins dans la phase somnam-

I’ig. 04. - Dislri'.u Lion de l'anesthésie culanée dans un cas de paraplégie provoquée

par une myélite aiguë.

bulique du sommeil hypnotique; elles ne cessent que dans l’état léthargique.

Néanmoins le diagnostic de paraplégie hystérique s’impose. Les antécédents de la malade le rendent déjà très vraisemblable; l’étude du début de l’affection et l’analyse de ses symptômes actuels lui donnent un caractère de certitude presque absolue.

Le début de l’affection est tout à fait caractéristique, d’abord parce que les accidents permanents qui succèdent à des attaques convulsives hystériques sont ordinairement de la même nature

lUAliNOSTIU

que ces attaques; ensuite parce que les paraplégies qui s’accompagnent, dès les premiers jours, de contracture intense sont presque toujours des paraplégies hystériques. Dans les paraplégies organiques dépendant de lésions inflammatoires ou dégénératives de la moelle épinière, la contracture est habituellement un phénomène secondaire qui s’installe lentement et n’atteint son maximum d’intensité qu’après plusieurs semaines d’évolution progressive.

D’autre part, il existe dans la distribution des troubles sensitifs

Fie. (üi. — Distribution tic l’ancslhésic cutanée dans un cas de paraplégie consécutive

à une myélite par compression.

et moteurs une discordance qui ne saurait s’expliquer par une lésion médullaire. Quand un foyer de myélite interrompt la continuité de la moelle épinière, il peut, assurément, déterminer à la fois la perte de la motricité et de la sensibilité des parties sousjacentes. Mais, dans ees cas, l’anesthésie se superpose à la paralysie; elle affecte, elle aussi, le type paraplégique (flg. 64 et 65); tandis que chez notre malade nous constatons une paraplégie du mouvement et une hémiplégie de la sensibilité. Pour expliquer ces symptômes par des altérations matérielles des centres nerveux, il faudrait

DES PARAPLÉGIES HYSTÉRIQUES.

admettre l’existence d’une lésion capsulaire causant l’hémianesthésie et d’une lésion médullaire, indépendante de la première, tenant sous sa dépendance la paralysie des membres inférieurs, ce qui serait tout à fait invraisemblable.

Passons à l’examen d’un autre malade qui nous offre un bel exemple de paraplégie hystérique tlaccide.

Obs. II. — Paraplégie hystérique chez un alcoolique. Jean Mar... est un garçon de vingt et un ans, pâle, chétif, débile.

Né d’un père alcoolique et violent, il a fait lui-même depuis qu’il est pubère des excès de toutes sortes. Il a cependant été assez heureux pour ne pas contracter la syphilis.

Il est paraplégique depuis huit mois. Mais avant de tomber tout à fait malade, il a eu des accidents qui méritent d’être signalés.

Il y a un an qu’il a commencé à éprouver dans la région lombaire une douleur sourde, profonde, continue, qui devenait aiguë et lancinante quand il se fatiguait.

Un mois après le début de cette douleur, il se rendit avec des amis à une foire. Il se livra toute la journée à des libations copieuses et la nuit à des excès vénériens. Le lendemain matin, quand il voulut se lever, il tomba; ses jambes étaient flasques, inertes, paralysées. Il resta trois jours alité, puis la paralysie disparut, et Mar... reprit sa vie de débauches.

Quelques semaines plus tard, il eut une sorte d’ictus apoplecliforme avec perte de connaissance.

Il resta deux jours au lit, incapable de mouvoir ses jambes. Le troisième jour il était guéri.

La paraplégie pour laquelle il est entré dans le service a débuté brusquement, il y a huit mois, dans le» circonstances suivantes :

Un soir, en sortant du café où il avait bu outre mesure, Mar... tomba évanoui sur la voie publique. La perte de connaissance a duré trois quarts d’heure environ. Elle a été accompagnée de mouvements convulsifs et suivie d’une agitation délirante assez vive. On a transporté le malade à l’hôpital et, dès le lendemain, on a constaté qu’il était complètement paralysé des deux membres inférieurs.

Cette paralysie s’est à peine modifiée. Mar... peut difficilement soulever ses jambes au-dessus du lit; il est absolument incapable de se tenir debout. Le sens musculaire ou, pour mieux dire, la notion de position des membres paralysés est abolie. Le malade ne se rend pas compte, les yeux fermés, de la position que l’on donne à ses jambes. Il n’y a pas de contracture. Les réflexes rotu liens sont normaux ou très légèrement exagérés. Les réactions électriques des muscles sont intégralement conservées. Les fonctions des

EXEMPLE DE PARAPLEGIE FLACCIUE.

organes génitaux, 4e la vessie et du rectum, sont normales. Pas de troubles trophiques.

L’exploration de la sensibilité cutanée permet de reconnaître une anes-

thésie occupant les deux membres inférieurs, la moitié droite du tronc et de la face et le membre supérieur droit (fig. 00). Il existe en outre un double rétrécissement concentrique des champs visuels (fig. 01).

DES PARAPLÉGIES HYSTÉRIQUES.

Les principales raisons qui dans le cas actuel doivent faire porter le diagnostic de paraplégie hystérique sont les suivantes :

1° Mar... appartient, par son hérédité et par ses antécédents pathologiques, à la famille névropathique. Il a eu, à diverses reprises, des accidents paralytiques dont la nature hystérique est démontrée par la soudaineté de leur apparition et la brusquerie de leur guérison.

2° La paraplégie dont il est atteint depuis huit mois ne s’accompagne ni de contracture ni d'atrophie des muscles paralysés. Or, les paraplégies organiques se compliquent ordinairement, après quelques semaines de durée, de l’un ou l’autre de ces symptômes. Les myélites transverses, les myélites par compression déterminent des altérations dégénératives des cordons latéraux se traduisant cliniquement par l’apparition progressive de la contracture secondaire. Les myélites centrales, celles qui siègent surtout dans la substance grise de la moelle, provoquent des paralysies auxquelles s'ajoutent rapidement des atrophies des muscles paralysés. Par cela seul que les membres inférieurs de notre malade ont conservé leur flaccidité et leur volume, bien qu’ils soient paralysés depuis huit mois, il y a lieu de supposer que nous avons affaire à une paralysie dynamique, sans lésions destructives de la moelle épinière.

3° L’étude des troubles de la sensibilité confirme cette hypothèse. Une lésion organique de la moelle pourrait bien donner lieu à une paraplégie s’accompagnant d’anesthésie complète des membres inférieurs. Mais si les troubles moteurs et sensitifs dépendaient chez notre homme d’une même lésion centrale, ils devraient avoir une distribution identique. Or, tandis que les membres inférieurs sont seuls privés de mouvements, l’insensibilité cutanée occupe à la fois les membres inférieurs et la moitié droite de la partie supérieure du corps. La topographie de l’anesthésie est donc, dans l’espèce, un élément de diagnostic important. Ajoutons que le rétrécissement concentrique des champs visuels doit, lui aussi, entrer en ligne de compte.

Pour toutes ces raisons, je crois pouvoir affirmer que Mar... est un hystérique mâle; que la paraplégie pour laquelle il est entré â l’hôpital est de nature hystérique, et que, par conséquent, elle guérira un jour ou l’autre sans laisser de traces ‘.

1 Les tentatives d’hypnotisation et l’aimantation n’ayant donné aucun résultat, le malade a été soumis à un traitement régulier par l’électrisation statique. Un mois après, il était complètement guéri ; la marche était aussi facile et aussi assurée qu’avant la maladie.

ABASIE HYSTÉRIQUE.

La paraplégie hystérique se présente habituellement sous la forme d’une paralysie complote ou incomplète des deux membres inférieurs. Les malades qui en sont atteints ne peuvent se soutenir sur leurs jambes affaiblies. Ils sont incapables de marcher, et quand ils sont étendus dans leur lit, ils sont également incapables de soulever leurs membres inférieurs, ou tout au moins de les mouvoir avec énergie.

A côté de cette forme vulgaire de la paraplégie hystérique, il en est une autre qu’on a nommée abasie, dans laquelle les malades conservent, lorsqu’ils sont couchés, toute la liberté de leurs mouvements et ne deviennent impotents que quand ils sont dans la position verticale.

MM. Charcot et nicher ont signalé en 1883 cette forme spéciale de pseudo-paralysie des membres inférieurs1. M. lilocq en a donné l’an dernier une description plus étendue, fondée sur l’analyse de onze observations inédites ou empruntées à divers auteurs2. 11 ressort de ses recherches que l'affection en question est ordinairement liée à l’hystérie dont elle constitue un épisode généralement transitoire.

Elle se développe surtout chez les jeunes garçons de 8 à 14 ans, mais elle peut aussi se montrer chez des adultes et chez des vieillards: M. Charcot en a observé quelques cas chez des hommes de 41, 44, 49 et 75 ans 3.

Elle débute, en général, à la suite d’une émotion morale ou d’un léger traumatisme. Elle s’établit d'emblée ou progressivement. Elle est essentiellement caractérisée par la perte des synergies musculaires qui assurent l’équilibre dans la station verticale et dans la marche. Lorsque les sujets qui en sont atteints sont assis ou couchés, on ne constate aucun trouble dans la motilité de leurs

1 Charcot et Richer, Su di una forma spaciale d’impotenza motrice degli arti inferiori per diffetlo di coordination/! ( Mcdecina contemporanea, 1883, n° 1, p. 6). Briquet paraît avoir vu des cas d’abasië hystérique. « Il y a, dit-il, de quoi s'étonner de voir des malades mouvoir leurs membres inférieurs avec assez de facilité et assez de force tant qu’elles sont dans leur lit et être incapables de se tenir le plus petit instant sur leurs membres. ( Traité de 1'lujst.ërie, p. 465.)

2 Paul Bloc q, Sur une affection caractérisée par de l’aslasie et de V abasie (Arch. de neurologie, 1888, t. XV).

3 Policlinique du mardi, leçons des 5 mars, 12 mars et 4 juin 1889.

DES PARAPLÉGIES HYSTÉRIQUES.

membres inférieurs; la puissance dynamométrique est conservée, la conscience musculaire intacte, le réflexe rotulien normal ; il n’y a pas de clonus du pied, et les malades exécutent, avec force et précision, tous les mouvements qu’on leur commande. Lorsqu’ils essaient de se lever et de marcher, l’impotence se manifeste : les jambes fléchissent sous eux; ils sont incapables de se tenir debout et, à plus forte raison, de progresser (abasie paralytique), ou bien leurs membres inférieurs sont pris de tremblements (abasie trépidante), ou bien encore leurs jambes exécutent des mouvements incoordonnés ressemblant à ceux des ataxiques (abasie choréiforme). Au fond, la caractéristique commune à toutes les variétés de l’abasie, c’est l’intégrité des actes musculaires dans le décubitus horizontal et l’impossibilité de leur appropriation à la conservation de l’équilibre et à la marche dans la position verticale. Le reste est accessoire et sert seulement à constituer les variétés. Celles-ci sont nombreuses. M. Charcot divise l’abasie-astasie en paralytique chorêiforme et trépidante L On pourrait multiplier les divisions. Les actes de marcher, de sauter, de grimper, de danser, etc., sont tous des actes complexes dont nous avons appris l’exécution par un long apprentissage. Chacun d’eux implique l’activité synergique d’une foule de muscles associés par l’éducation et habitués à concourir ensemble vers un but déterminé. Mais les harmonies fonctionnelles qui président à leur accomplissement sont, dans une certaine mesure, indépendantes les unes des autres. Elles correspondent à des mécanismes distincts qui s’acquièrent isolément et peuvent se déranger séparément. De même qu’un homme peut fort bien marcher sans être capable de danser ou de nager, de même un malade peut perdre la faculté de marcher tout en conservant celle de sauter à pieds joints ou de courir à quatre pattes. L’histoire de l’abasie en fournit des exemples très nets. Un petit garçon observé par M. Charcot était incapable de marcher, mais courait admirablement à quatre pattes et sautait facilement ii cloche-pied. Un autre sautait à pieds joints et grimpait aux arbres comme un singe, bien qu’il lui fût impossible de marcher ni même de se tenir debout sur les deux pieds 1 2. En se fondant sur ces particularités, on pourrait décrire un très grand nombre de variétés d’abasie, mais ce serait compliquer tout h fait inutilement l’étude de ce syndrome.

1 Policlinique du mardi, 5 mars 1889. p. 866.

2 Policlinique du mardi, 2't janvier 1888.

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