‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 165 sur 208 · UU · texte numérisé non relu

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DES PARAPLÉGIES HYSTERIQUES.

se rendait parfaitement compte, même les yeux fermés, de la position occupée par ses membres inférieurs; il ne présentait, en somme, aucun trouble appréciable de la motilité. Mais si on le priait de se lever et de marcher, ses jambes fléchissaient sous lui et il s’affaissait immédiatement sur le plancher. Il pouvait cependant se tenir à genoux ou à quatre pattes et, dans ces positions, il allait sans aucune difficulté d’un bout à l’autre de sa chambre.

Si on le soulevait par les aisselles, il pouvait faire exécutera ses membres inférieurs des mouvements pendulaires analogues à ceux qui se produisent dans la marche; mais aussitôt que ses pieds reposaient sur le sol, il éprouvait, disait-il, dans les genoux une douleur qui l’obligeait malgré lui à lléchir les jambes.

En fait, tandis que la pression ou la malaxation des hanches, des cuisses, des mollets, des pieds, ne déterminait aucune sensation pénible, le rapprochement violent des os de l’articulation tibio-fémorale et la percussion du talon, le membre, étant dans l’extension, donnaient lieu à une douleur aiguë dans le. genou et à un mouvement brusque et involontaire de flexion de la jambe sur la cuisse. Il n’y avait, bien entendu, aucun signe permettant de faire supposer l’existence d’une lésion des articulations : pas de gonflement, pas de rougeur, pas de déformation, pas de craquement intra- articulaire.

La sensibilité cutanée était normale sur tout le corps, sauf au niveau des bras et des épaules où existaient deux larges îlots d’anesthésie, qui disparurent du reste après une seule application de sinapismes. Pas de zones hystérogènes; pas de troubles des organes des sens, mais il faut dire que l’examen des champs visuels n’a pas été pratiqué.

Le traitement hydrothérapique fut repris avec énergie. Les quelques semaines après, la guérison était complète. Le jeune Roger a pu continuer ses études et, depuis 1883, il n’a eu aucun accident nouveau.

Dans un certain nombre de cas, les symptômes de l’abasie hystérique se présentent sous une forme un peu différente. Les malades peuvent encore se tenir debout et marcher, mais de temps en temps, toutes les secondes, toutes les dix secondes, leurs jambes se fléchissent brusquement, comme cela arrive lorsqu’étant debout on reçoit à l’improviste un coup sec sur le creux du jarret. M. Blocq rapporte quelques exemples de ce genre dans le mémoire que je vous ai déjà signalé. J’ai observé le suivant:

Ons. IV. — Abasie hystérique avec effondrement subit des membres inférieurs chez un enfant de huit ans et demi. — Le jeune Ernest Canz..., âgé de huit ans et demi, m’a été adressé dans le courant du mois de mai 1889 par mon excellent collègue le D* Labat, de Toulouse.

D’après les renseignements qui m’ont été fournis par M. Labat, cet enfant a joui d’une bonne santé jusqu’à la fin de l’année dernière, mais il a

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