‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 173 sur 208 · ŒDÈME HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

ŒDÈME HYSTÉRIQUE

l’éducation de ses jeunes frères et sœurs. C’est elle qui les instruit et les surveille. D’un caractère triste et fort impressionnable, elle s’émeut outre mesure des événements les plus futiles. Elle n’a jamais eu d’attaques de nerfs.

Quelques jours avant le début de la maladie dont nous allons raconter les épisodes, elle éprouva un gros chagrin. Elle s’était attachée à un jeune homme qui l’avait demandée en mariage et qui était officiellement reçu chez elle. Mais ses parents, après avoir pris des informations qui ne furent pas favorables, brisèrent brusquement les espérances de la jeune fille en congédiant le futur.

Vers le 15 novembre 188(3, Mlle C... commença à éprouver de violents maux de tète localisés à la tempe gauche et accompagnés d’hyperesthésie de l’œil et de l’oreille du même côté. Ils étaient assez forts pour empêcher la malade de se livrer à ses occupations habituelles. Le bruit et. la lumière lui étaient insupportables. Cet état dura jusqu’au 9 décembre. Ce jour-là, après une fumigation de la tète conseillée par une herboriste du voisinage, Mlle G... fut prise de vomissements et eut une attaque de léthargie. Ses membres étaient flasques, inertes, elle ne sentait pas les piqûres, elle n’entendait pas ce qu’on lui disait. On fil appeler un médecin, qui réussit à la réveiller en frappant violemment, avec un linge mouillé, la région épigastrique. Cette première attaque avait duré cinq heures. La semaine suivante, il y eut deux nouvelles attaques de sommeil léthargique qui durèrent chacune quarante-huit heures. La dernière fut suivie d’une contracture très douloureuse des muscles de la nuque qui persista pendant deux jours et fut remplacée tout à coup, le 15 décembre, par une douleur très violente de la région iliaque droite. Cette douleur, qui était assez intense pour empêcher tout mouvement du tronc, ne s’accompagnait ni de fièvre, ni de vomissement, ni de tuméfaction du ventre. Elle disparut brusquement le 23 décembre.

Le même jour, le mollet gauche devint le siège de sensations pénibles, analogues à celles que provoquent les contractures. Le lendemain il était sensiblement plus volumineux que le mollet droit. Le 25 décembre, l’enflure s’étendait à la cuisse et s’élevait jusqu’au pli de l’aine. Le membre inférieur droit était normal. Le gonflement persista une dizaine de jours, puis il disparut graduellement.

Il se montra de nouveau le 12 février 1887, à la suite d’une émotion morale. Un des jeunes frères de MIIc C... ne rentra pas à la- maison à l’heure habituelle. On craignit qu’il ne lui fût arrivé un accident. Notre malade, toujours inquiète, eut un moment d’angoisse très pénible. Le lendemain matin, son membre inférieur gauche, qui avait repris depuis près d’un mois son volume normal, était redevenu plus enflé qu’il ne l’avait jamais été.

C’est alors que Mllc C... fut conduite à la consultation externe de la clinique.

État actuel le 20 février 1887 : Le pied et la jambe gauches sont le siège d’une tuméfaction œdémateuse notable. Le mollet gauche mesure

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trois centimètres de circonférence de plus que le droit. L enflure ne îemonte pas au-dessus du genou. Les parties tuméfiées ont leur coloration normale .

Fig. G9. — Distribution de l'analgésie cutanée chez Mllr C...

les veines superficielles ne sont pas dilatées. L’œdème est dur, résistant, élastique, ne conservant pas l’empreinte du doigt. Il est plus marqué le soir que le matin. La pression du mollet n’est douloureuse que si elle est

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