‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 56 sur 208 · AGENTS · texte numérisé non relu

AGENTS

ESTHESlOCiÈNKS.

île l'anesthésie hystérique; mais ces observations étaient à peu près oubliées, quand, en 187b et 187(5, MM. Vulpian l, Grasset2 *, Bourceret :i publièrent de nouveaux exemples d’anesthésie guérie par la faradisation.

Ces faits n’auraient peut-être pas eu plus de retentissement que les observations antérieures de Briquet et de Duchenne, si l’étude des modifications expérimentales de l’anesthésie ne se fût imposée tout à coup aux préoccupations des savants, par suite de l’agitation qui se lit, à cette époque, autour des travaux de Burq.

Depuis 1849, Burq avait publié plusieurs mémoires 4 sur les effets physiologiques et thérapeutiques résultant de l’application externe de métaux sur le corps humain. Il racontait, dans ses brochures et dans ses communications aux Sociétés scientifiques, des exemples nombreux de paralysies, de contractures, d’anesthésies, etc., guéries par l’usage d’armatures métalliques. 11 affirmait que la simple application de certains métaux sur le tégument externe pouvait faire disparaître des troubles profonds de la sensibilité, pourvu que les malades fussent sensibles aux métaux employés, car, par suite d’aptitudes particulières, tous les métaux n’agissaient pas indifféremment sur tous les sujets. Il affirmait, en outre, que lorsqu’un métal appliqué à l’extérieur produisait quelques effets sur un malade, son administration à l’intérieur avait une action curative puissante sur le même malade.

A vrai dire, ces théories ne trouvaient pas grande créance auprès des gens sérieux; on restait, en général, indifférent ou sceptique devant ce que l’on croyait être une tentative de résurrection du Perkinisme. On n’avait pas confiance. Néanmoins Burq poursuivait ses recherches avec la persévérance et l’entêtement d’un esprit profondément convaincu.

Dans le courant de l’année 1870, il pria M. Charcot (dont j’avais alors l’honneur d’être l'interne) de l’autoriser à faire quelques

1 Vulpian, De V influence qu'exerce la faradisation de la peau dans certains cas d’anesthésie cutanée ( Arch . de physiol., 1873, p. 877).

2 Grasset, Note sur les effets de la faradisation cutanée dans l’hémia nesthésie d’ origine cérébrale (Arch. de physiol., 1876, p. 764).

a Bourceret, Note sur quelques cas d’atrophie musculaire avec ou sans anesthésie cutanée. Influence de la faradisation dans certains cas d'anesthésie cutanée (Arch. de physiol., 1876, p. 807).

* Parmi les p incipales publications de Burq, voir: Th. de doct., Paris, 1851. — Métallothérapie. Nouveau traitement par les applications métalliques. Paris, 185!>. — Métallothérapie du cuivre. Paris, 1867. — Métallothérapie : applications des métaux aux eaux de Vichy. Paris, 1871. — La Métallothérapie dans le service de M. le professeur Verneuil. Paris, 1877. Etc., etc.

expériences sur les hystériques de son service. M. Charcot accéda à ce désir et acquit bientôt la conviction qu’il y avait au moins une large part de vérité dans les assertions de Burq. 11 constata que l’anesthésie des hystériques disparaissait temporairement, lorsqu on appliquait, pendant quelques minutes, sur la peau de ces malades, certains métaux. Il s’assura que tous les métaux n’agissaient pas également sur tous les sujets : telle anesthésie se dissipait rapidement sous l’influence du fer ou du cuivre et persistait malgré l’application prolongée des autres métaux; telle autre au contraire était influencée par l’or ou le zinc et résistait indéfiniment au contact du fer ou du cuivre; c’est ce que Burq appelait Yicliosyncrasie métallique. 11 reconnut en outre que certaines anesthésies, survenues consécutivement à des lésions organiques du cerveau, pouvaient disparaître tout aussi bien que des anesthésies hystériques, par le fait de simples applications métalliques. Enfin, il découvrit que le champ des investigations relatives aux actions esthésiogéniques ne devait pas être borné aux procédés métalloscopiques de Burq, car l'aimantation, la galvanisation légère, les vibrations mécaniques étaient souvent aussi efficaces, pour réveiller la sensibilité, que le contact des métaux.

Ces faits étranges, qui paraissaient être en opposition avec les notions physiologiques les mieux établies, devinrent, à la Salpêtrière, l’objet de recherches rigoureuses et de démonstrations quotidiennes. M. Charcot, après les avoir maintes fois vérifiés, après les avoir fait constater par des hommes d’une grande autorité dans le domaine des sciences d’observation, par Claude Bernard, Vulpian, Bouley, Béclard, etc., en donna connaissance à la Société de biologie qui nomma pour les contrôler, en août 1870, une Commission composée de MM. Charcot, Luvs etDumontpallier. Cette Commission commença ses travaux le 4 novembre suivant. Elle s’adjoignit pour des recherches spéciales MM. Gellé, Landolt et Begnard, et résuma les résultats de son enquête dans deux rapports remarquables qui furent présentés à la Société de biologie par M. Dumontpallier, dans les séances du 14 avril 1877 et du 10 août 1878.

Les commissaires avaient vérifié, tout d’abord, les faits avancés par Burq et par M. Charcot. Ils avaient, de plus, découvert dans le cours de leurs investigations plusieurs phénomènes nouveaux, particulièrement celui du transfert et celui des oscillations consécutives. Voici en quoi consistent ces phénomènes :

Lorsqu’on applique sur la peau insensible d’une hystérique hémi-

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