THÉORIES DES ACTIONS ESTHÉSIOGÉNIQUES
les parties du corps précédemment anesthésiques et redevenues sensibles depuis peu un métal actif, l’anesthésie reparaît avec les mêmes caractères qu’elle avait pendant la maladie. Ainsi le même agent qui réveillait jadis la sensibilité sur les parties anesthésiques rappelle maintenant l’anesthésie sur les parties sensibles. D’après Burq, à qui on doit la connaissance de ce curieux phénomène, la production de l 'anesthésie 'métallique aurait une importance pratique sérieuse. Elle prouverait que la diathèse hystérique est encore en puissance et que le traitement ne doit pas être interrompu.
Aussitôt que la réalité des actions esthésiogéniques fut expérimentalement démontrée, on chercha à expliquer le mécanisme de leur production. Plusieurs théories furent proposées, les unes rapportant les effets des agents esthésiogènes à des causes physiques (courants électriques, variation de la polarité électrique, vibrations moléculaires), les autres à des influences purement psychiques (attention expectante). Chacune de ces théories eut bientôt des partisans enthousiastes et des détracteurs acharnés. La lutte fut vive, mais elle eut des résultats utiles, car elle provoqua de part et d’autre des expériences précises et des observations intéressantes. Afin de vous mettre en mesure de prendre un parti dans cette controverse, il convient que je vous fasse connaître les faits invoqués en faveur des diverses opinions en litige.
A) Théories physiques: a) Théorie des courants électriques. — Les recherches de Briquet, Duchenne, Yulpian, etc., ayant démontré que des courants électriques lancés sur les régions anesthésiques de la peau des hystériques y réveillent souvent la sensibilité, il était tout naturel de se demander si les métaux mis en contact avec la peau et les éléments de la transpiration cutanée ne devenaient pas la source de courants, et si les actions métalloscopiques ne devaient pas être ramenées, en dernière analyse, à des actions électriques. L’hypothèse n’avait rien d’invraisemblable, mais il fallait la vérifier expérimentalement. C’est ce que fit, avec l’aide de M. Regnard, la Commission de la Société de biologie. Les résultats obtenus furent surprenants de netteté. Ils peuvent être résumés dans les propositions suivantes.