‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 65 sur 208 · THÉORIES DES ACTIONS ESTHÉSIOGÉN1QUES · texte numérisé non relu

THÉORIES DES ACTIONS ESTHÉSIOGÉN1QUES

les avoir signalées, je ne puis m'empêcher de vous laire observer : d’une part, que les objections sur lesquelles se londe le savant physiologiste de Genève pour repousser 1 intervention des phénomènes électriques sont purement spéculatives; d’autre part, que son hypothèse de la transmission des vibrations moléculaires et de leur concordance avec celles du système nerveux du sujet ne repose sur aucune observation directe, sur aucune donnée expérimentale précise.

B) Théorie des influences psychiques. — Les partisans de cette théorie, qui a surtout été développée en Angleterre par MM. Hughes Bennett et llack Tucke, pensent que l’imagination est la seule cause des actions esthésiogéniques. Les courants électriques, disent-ils, les aimants, les métaux, etc., provoquent souvent des modifications de la sensibilité chez les hystériques, mais ces modifications ne résultent pas de l’intervention de forces physiques développées par l’application de ces agents; elles sont la conséquence de la fixation de l’esprit des malades. Ceux-ci attendent un phénomène, une modification physiologique; ils sont convaincus que leur anesthésie doit disparaître, et elle disparaît en effet, en vertu de l’influence qu’exerce le moral, surexcité par l'attention expectante, sur le physique. Il y a certainement quelque chcfëe de vrai dans cette interprétation. Il paraît du moins très difficile d’expliquer autrement l’action de certains agents esthésiogènes; mais les auteurs de la théorie psychique ont eu le tort de généraliser trop hâtivement des conclusions qui ne doivent s’appliquer qu’à une catégorie restreinte de faits.

Le moment est venu de porter un jugement sur la valeur respective des interprétations qui ont été proposées pour expliquer les actions esthésiogéniques. En réalité, il n’y a que deux théories en présence : celle des forces physiques (courants ou tensions électriques) et celle des influences psychiques. Les agents esthésiogènes, disent certains observateurs, modifient la sensibilité par l’intermédiaire nécessaire des forces physiques qu’ils développent; ils n’agissent pas, disent les autres, en développant des forces physiques, mais simplement en mettant en jeu des influences

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