‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 66 sur 208 · CAUSES PHYSIQUES ET CAUSES PSYCHIQUES · texte numérisé non relu

CAUSES PHYSIQUES ET CAUSES PSYCHIQUES

psychiques. Entre ces deux affirmations opposées, il nous faut faire un choix, à moins que, par l’analyse rigoureuse des faits, nous ne soyons amenés à conclure que chacune d’elles renferme une part de vérité. A mon avis, c’est à cette conclusion éclectique que nous devons nous arrêter, et cela parce que, en envisageant froidement l’ensemble des actions esthésiogéniques, nous en trouvons un certain nombre qui ne peuvent s’expliquer sans l’intervention d’une cause physique, tandis que d’autres se produisent bien évidemment sous l’influence exclusive de causes psychiques.

Les preuves qui démontrent l’intervention de causes physiques dans la production de certains phénomènes d’esthésiogénie sont nombreuses, et, si je ne me trompe, tout à fait convaincantes. On a fait, à la Salpêtrière et ailleurs, des centaines d’expériences de contrôle qui ne peuvent laisser aucun doute aux esprits non prévenus. Des barreaux de fer non aimantés ne produisent pas les mêmes effets que des barreaux aimantés. Les membres anesthésiques placés dans des solénoïdes ne recouvrent leur sensibilité que lorsque, au su ou à l’insu des malades et même des observateurs, le courant est lancé dans l'appareil. Des pièces métalliques recouvertes d’étoffes opaques étant appliquées sur la peau de malades sans que ceux-ci puissent voir le métal employé, ce sont toujours les mêmes métaux qui sont actifs ou inactifs sur les mêmes sujets. Des courants galvaniques très faibles, ne provoquant aucune sensation appréciable sur la peau des personnes dont la sensibilité est normale, font disparaître l’anesthésie, et toujours, dans ces conditions, l’anesthésie commence à s’effacer dans la région correspondant à l’électrode négative.

La concordance de ces résultats ne peut s’expliquer que par l’hypothèse d’une cause physique agissant indépendamment de la volonté et de l’imagination des malades. L’attention expectante ne rend pas compte de la différence des effets obtenus par des moyens identiques en apparence, et si l’on voulait faire intervenir ici des influences morales, il faudrait au moins commencer par nous faire connaître à t’aide de quels artifices les sujets en expérience arrivent à distinguer le barreau aimanté de celui qui ne Lest pas, le solénoïde en activité du solénoïde inerte, la nature du métal employé, la qualité des électrodes appliquées sur leur peau.

Il n’y a pas lieu de contester pour cela d’une façon générale et absolue la puissance esthésiogénique de certaines influences psychiques. L’imagination, l’attention expectante, les émotions

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