‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 76 sur 208 · DES 1 1 V PE 1 1 A LGES1 ES HYSTERIQUES · texte numérisé non relu

DES 1 1 V PE 1 1 A LGES1 ES HYSTERIQUES

rapporte dans sa thèse inaugurale 1 l’observation d’un homme de cinquante- neuf ans, qui eut pendant cinq ans des vomissements de cette nature. Après avoir épuisé toutes les ressources de la thérapeutique médicale, on se décida à pratiquer une laparotomie exploratrice. L’estomac et ses annexes ayant été trouvés parfaitement sains, on sutura la plaie, mais on s’efforça de persuader au malade que l’opération avait enlevé la cause du mal. En fait, il cessa de vomir et recouvra rapidement les forces et l’embonpoint qu'il avait perdus.

J’espère que nous n’aurons pas besoin d’avoir recours à des moyens aussi énergiques pour guérir la jeune fille que vous venez de voir. Dans la majorité des cas, en effet, le lavage de l’estomac, les pulvérisations d’éther ou la faradisation épigastrique suffisent pour faire disparaître les accidents 2.

La céphalalgie des hystériques est habituellement très mobile, et, quoique les malades s’en plaignent vivement, elle ne peut guère inspirer de craintes sérieuses au médecin.

Mais si, comme cela arrive dans quelques cas, elle est à la fois intense et persistante; si, surtout, elle coexiste avec des vomissements, de l’accélération du pouls, des troubles de l’intelligence, des paralysies motrices, etc., il est possible qu’on se méprenne sur sa véritable nature et qu’on attribue à des lésions graves des centres nerveux, particulièrement à des méningites, un ensemble de symptômes dépendant uniquement de l’hystérie.

Cette erreur est loin d’être aussi rare que vous pourriez le supposer de prime abord. On en a rapporté dans ces derniers temps plusieurs observations 3.

1 Basset, Des vomissements incoercibles chez les hystériques. Th. doct., Paris, 1888.

2 Le lavage de l’estomac pratiqué pendant huit jours n’a eu aucun résultat avantageux. La faradisation épigastrique a, dès la première séance, suspendu les vomissements.

3 Poissard, Phénomènes pseudo-méningitiques dans l’hystérie ( France médicale février 1885).

Repère, Des manifestations hystériques simulant le rhumatisme cérébral. Th. doct., Paris, 1883.

Dalché, Accidents hystériques à forme pscudo-méningiliquc (Gaz. méd. de Paris, 17 janvier 1885).

Reynaud, Note sur un cas de pseudo-méningite hystérique simulant une méningite tuberculeuse ( Loire médicale, 1886).

Macé, Des accidents pseudo-méningitiques chez les hystériques. Th. doct., Paris, 1888.

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