‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 79 sur 208 · III. Exemples d’attaques complètes et régulières · texte numérisé non relu

III. Exemples d’attaques complètes et régulières

Messieurs,

Les attaques convulsives constituent un des symptômes les plus importants de l’hystérie, et nous ne saurions apporter trop de soin à l’étude de leurs caractères cliniques.

Lien quelles soient très fréquentes, les attaques convulsives ne font pas nécessairement partie du cortège symptomatique de l’hystérie. Sur les 100 malades traités dans notre service depuis cinq ans, G3 seulement ont eu des convulsions hystériques1.

Les femmes y sont beaucoup plus sujettes que les hommes. Sur 00 femmes hystériques dont nous avons recueilli les observations, 56 ont eu des attaques convulsives, tandis que 7 hommes seulement, sur 31 malades, en ont été atteints. D’où il résulte que les

1 La statistique de Briquet semblerait indiquer une plus grande fréquence des convulsions, puisque sur 421 malades observés par cet auteur, 305 (soit 72,44 pour 100) ont été atteints d'attaques convulsives. Mais le relevé de Briquet ne porte guère que sur des cas d’hystérie chez la femme, tandis que le nôtre comprend, à côté de 09 cas d’hystérie féminine, 31 cas d'hystérie masculine.

attaques convulsives se montrent dans la proportion de 82 pour 100 des cas d’hystérie féminine et de 22 pour 100 des cas d hystérie masculine.

Ces attaques sont habituellement provoquées par des causes accidentelles, particulièrement par des émotions morales. Les recherches de Briquet ne laissent aucun doute à cet égard. Sur 2oi malades qui ont pu fournir à cet observateur distingué des renseignements précis sur les conditions dans lesquelles s est produite leur première attaque, 206 (soit 81 pour 100) en attribuaient l’origine à des émotions vives.

Les faits que nous avons eus sous les yeux confirment absolument les observations de Briquet. Chez presque toutes nos malades, la première attaque convulsive est survenue à la suite de grands ébranlements psychiques.

Cette règle est même si générale qu’on en peut tirer des déductions diagnostiques d’une réelle valeur. Il n’est pas toujours aisé de distinguer les attaques d’hystérie des accès d’épilepsie, surtout quand on n’a pas assisté aux convulsions et qu’on est obligé d’établir son diagnostic d’après le récit plus ou moins incomplet des malades ou de leurs parents. Il faut alors tenir compte de tous les renseignements, rechercher avec soin les circonstances qui ont précédé et provoqué les premiers accidents convulsifs, et s'il est bien avéré que ces accidents se sont développés à l’occasion d’une émotion morale vive, c’est une raison sérieuse pour les rattacher plutôt à l’hystérie qu’à l’épilepsie.

Chez quelques hystériques, les attaques sont rares et ne surviennent guère qu’à l’occasion de circonstances accidentelles analogues à celles qui ont donné lieu à la première explosion convulsive. .Mais, dans la plupart des cas, les convulsions, après avoir été provoquées une première fois par des causes bien définies, se reproduisent sous l’influence des incidents les plus futiles ou même sans aucune provocation extérieure. Leur nombre est alors extrêmement variable. Tantôt elles surviennent régulièrement tous les jours, tous les deux jours, toutes les semaines, etc.; tantôt elles arrivent par séries, se répètent à de courts intervalles pendant une ou plusieurs semaines et disparaissent ensuite pour ne plus se montrer pendant des mois ou des années.

Elles se montrent aussi bien dans l’hystérie vulgaire que dans les formes graves de l’hystéro-épilepsie, mais elles s’y présentent avec quelques caractères spéciaux que nous allons étudier.

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