PERIODE CONVULSIVE
les troubles psychiques qui ouvrent la scène. Les malades deviennent inquiets, maussades, tristes. Ils se sentent « tout drôles, tout changés ». Ils recherchent la solitude. Ils ont envie de pleurer sans motifs ou de rire sans raison. Souvent, les événements tristes de leur vie passée leur reviennent à l’esprit et les obsèdent. Quelquefois, ils éprouvent le besoin de faire de l'exercice, de dépenser des forces; ils marchent de long en large sans but défini, ou bien
ils se livrent avec frénésie à des travaux manuels. D’autres fois, ils se déshabillent et s’étendent sur leur lit, dans la certitude où ils sont qu’une attaque éclatera prochainement.
b) Stade des auras sensitives. — Ce stade est caractérisé par l’apparition de douleurs, souvent très vives, siégeant dans différents points du corps, surtout dans ceux où se rencontrent les zones spasmogènes. Ce sont tantôt des élancements dans les membres ou des sensations de constriction violente à la base du thorax ou aux seins, tantôt des serrements à la gorge ou des langueurs d’estomac. 11 n’est pas rare de voir survenir en même temps des hoquets incoercibles, des bâillements répétés, des borborygmes bruyants.
c) Stade de l'aura abdominale. — Quelques instants seulement avant le début des convulsions, certains sujets sentent très distinctement une boule de la grosseur d’un œuf de poule qui, partant de la profondeur de l’un des flancs, s’agite dans l’abdomen, s’élève vers la région épigastrique où elle cause un malaise indéfinissable et remonte à la gorge où elle détermine une sensation de strangulation des plus pénibles. Cette aura ovarienne, qui paraît être à peu près constante chez les hystéro-épileptiques, fait défaut dans plus de la moitié des cas d’hystérie vulgaire. Très souvent, chez nos petites hystériques, la sensation de boule, au lieu de partir de la région ovarienne, se détache de l’épigastre.
2° Période convulsive. — Cette période comprend deux phases distinctes : la première de contracture tonique ou épileptoïde, la seconde de convulsions cloniques.
a) Phase de contracture tonique. — Cette phase est, en général, dans l'hystérie vulgaire, de très courte durée. Les malades sc raidissent un instant; tous leurs membres sont le siège, pendant quelques secondes, d’une rigidité tétanique. Leur cou se gonfle, leur visage devient rouge, leurs veines se distendent, leur respiration s’arrête; puis, tout à coup, une détente subite se produit et les contorsions convulsives éclatent.
b) Phase des convulsions cloniques. — Au moment précis ou les convulsions débutent, les malades poussent souvent un ou plusieurs cris aigus ou bien ils prononcent quelques paioles entrecoupées : «Oh! j’étouffe! j’étouffe!... Maman! maman! etc.»
Les convulsions cloniques succèdent immédiatement a ces exclamations. Elles sont caractérisées par des mouvements rapides et illogiques dont la variété échappe à toute tentative de description régulière. Tantôt les malades font sur leur lit des sauts de carpe, tantôt ils lancent leurs jambes en haut et en avant. Quelquefois ils agitent leurs bras comme s’ils jouaient du tambour ou faisaient de l’escrime. Souvent ils se tiennent pendant plusieurs secondes recourbés en arc de cercle. Il est fort rare qu’ils cherchent a se lever et à échapper aux personnes qui les maintiennent; mais il est très fréquent qu’ils tombent lourdement hors de leur lit. Pendant ce temps, la respiration est bruyante, irrégulière, le visage est congestionné, mais il n’est pas violacé comme dans les accès épileptiques. Les mâchoires sont serrées. Quelquefois une certaine quantité de salive blanche, spumeuse et non mélangée avec du sang, s’écoule de la bouche.
De temps en temps, les convulsions sont interrompues par des moments d’arrêt, puis, tout à coup, l’agitation reparaît. Dans ht plupart des cas, les attaques ne se terminent qu’après un certain nombre de reprises analogues.
De temps en temps aussi les petites hystériques prennent, dans le cours de la période convulsive de leurs attaques, des attitudes expressives; elles font des gestes tragiques ou grotesques, leur visage devient tour à tour terrible ou radieux, leur regard triste ou souriant, mais tout cela est accidentel, et il est, en somme, excessivement rare qu’elles se livrent aux pantomimes compliquées qui caractérisent la période dite des attitudes passionnelles dans les grandes attaques des hystéro-épileptiques.
En général, les mêmes cris, les mêmes attitudes, les mêmes mouvements se reproduisent uniformément dans les différentes attaques des mêmes malades. Chaque hystérique a son type convulsif plus ou moins complexe, plus ou moins bruyant; mais se répétant toujours avec les mêmes séries d’épisodes, de telle sorte qu’une attaque est la copie fidèle des attaques précédentes.
La durée de la période convulsive est très variable. Dans la majorité des cas, elle oscille entre dix et trente minutes, mais elle peut être beaucoup plus longue.