‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 85 sur 208 · ATTAQUES COMPLÈTES ET RÉGULIÈRES · texte numérisé non relu

ATTAQUES COMPLÈTES ET RÉGULIÈRES

lager ses douleurs; mais l’apaisement obtenu est. de courte durée, car lorsque les choses en sont arrivées à ce point, les convulsions ne tardent pas à éclater.

La période convulsive débute tout à coup par une raideur tétanique des membres, suivie aussitôt de mouvements cloniques désordonnés. La malade s’agite, lance ses membres dans tous les sens, exécute brusquement des sauts de carpe, s’arrache les cheveux, se courbe en arc de cercle, en poussant de loin en loin des cris étouffés qui semblent arrachés par des hallucinations terrifiantes : « Ah! mon Dieu!... Le cercueil !... La morte!... Oh!... le feu!..., etc. » Pendant ce temps, le pouls est rapide, la respiration anxieuse, le visage rouge; les yeux restent fermés; il n’y a pas d’attitudes passionnelles.

Cette agitation persiste pendant une minute environ, puis elle cesse pendant quelques secondes pour recommencer de nouveau. Après une quinzaine de reprises successives, les convulsions s’arrêtent définitivement et la malade tombe dans la résolution. C’est la période d’hypnose postconvidsive qui commence. Durant celte période, on n’observe aucun phénomène particulier en dehors des symptômes habituels du sommeil somnambulique. Il n’y a pas de délire spontané, pas de chants, pas de scènes mimées. La malade répond aux questions qu’on lui pose, elle accepte les suggestions, elle est, en un mot, dans un état identique à celui qu’on provoque artificiellement chez elle par la fixation du regard, par l’audition d’un bruit monotone, ou par le moyen des autres procédés hypnogènes connus. Quelquefois, au lieu de rester dans l’état somnambulique, elle tombe dans l’état léthargique. Ses membres sont alors flaccides, incapables d’aucun mouvement volontaire; elle parait indifférente à toutes les excitations extérieures; elle ne répond pas aux questions qu’on lui adresse; elle est inerte comme une morte.

Après un laps de temps variable entre une demi-heure et une heure, le sommeil hypnotique cesse tout à coup. La malade ouvre les yeux, regarde avec étonnement les personnes qui l’entourent, comme si elle n’avait aucun souvenir de ce qui vient de se passer, et rajuste ses vêtements pour reprendre aussitôt ses occupations habituelles.

Telles sont, Messieurs, les attaques complètes et régulières de l’hystérie vulgaire ou petite hystérie; nous étudierons dans la prochaine leçon leurs formes frustes et anormales.

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