ATTAQUES 1 N COMPLÈTES
pas aux questions qu'on lui pose et parait tout à fait étranger à ce qui se passe autour de lui. Cette scène de larmes dure un quart d’heure environ. Quand elle se termine, le malade parait sortir d’un rêve; il regarde avec stupéfaction les personnes qui l’environnent, s’enquiert de ce qui vient de se passer et reprend aussitôt le courant de ses occupations ordinaires.
h) Attaques convulsives incomplètes par absence d'hypnose post-convulsive. — Vous pourrez étudier cette variété d’attaques incomplètes sur Emilie M..., âgée de vingt et un ans et entrée ces jours-ci dans notre service avec du mutisme hystérique qui s’est dissipé rapidement. Une heure environ avant l’explosion des convulsions, elle se sent agacée, irascible, nerveuse. Elle éprouve une lassitude générale, accompagnée de douleurs contusives dans les membres. Elle quitte son travail, ne peut rester assise, se promène de long en large, et finalement va s’étendre sur son lit. La période convulsive commence par une contracture tétanique générale qui dure près d’une minute. Le cou se gonfle, la face devient rouge, les yeux sont convulsés en haut et à gauche; la respiration est arrêtée, il semble que la malade soit menacée d’asphyxie. Tout à coup elle pousse deux ou trois cris aigus et elle commence à faire des contorsions illogiques, à se rouler dans tous les sens, à se placer en arc de cercle, à lancer follement ses bras et ses jambes dans le vide. Cette phase dure de quinze à vingt minutes, puis, tout à coup, sans transition, les convulsions s’arrêtent, la malade reprend connaissance; elle ouvre les yeux et demande de l’eau fraîche pour se laver le visage. Ses attaques ne diffèrent donc des attaques complètes de l’hystérie vulgaire que par l'absence de la période terminale ou période d’hvpnose postconvulsive. Des trois actes qui se succèdent régulièrement dans les attaques complètes, c’est, du reste, le dernier qui fait le plus souvent défaut, et je pourrais vous signaler plusieurs de nos malades chez lesquelles les attaques se composent uniquement, comme chez Emilie iM..., d’une période prodromique et d’une période convulsive.
c) Attaques incomplètes par absence des périodes pree et post-convulsives. — Dans cette variété d’attaques les convulsions existent seules; elles surviennent brusquement sans être précédées de prodromes; elles cessent tout à coup sans être suivies d’hypnose post-convulsive. Rose D... a des attaques hystériques réduites â ce degré de simplicité.
Elles 11e sont précédées par aucun prodrome : pas de changement d’humeur, pas de sensations douloureuses dans les membres, pas d’aura ovarienne. Tout à coup, la malade perd connaissance; ses membres se raidissent et restent rigides pendant quelques secondes; puis elle pousse un grand cri et se livre à des contorsions indescriptibles pendant huit à dix minutes. Au bout de ce temps les convulsions s’arrêtent, la malade ouvre brusquement les yeux et l’attaque est terminée.
Les attaques convulsives anormales peuvent revêtir les apparences les plus variées. Quelquefois les phénomènes convulsifs sont représentés seulement par quelques secousses musculaires irrégulièrement disséminées, d’autres fois ils prennent la forme de mouvements systématisés et coordonnés ou bien de spasmes rythmiques.
Dans un certain nombre de cas, les convulsions se mêlent à des manifestations hypnotiques ou délirantes et donnent lieu à des formes très étranges d'attaques hystériques. J’ai donné récemment des soins à une dame qui était prise chaque soir des convulsions les plus singulières. Elle tombait subitement en léthargie et toutes les cinq ou six minutes elle s’élançait hors de son lit, sautait avec une agilité surprenante sur les meubles placés devant elle, courait d’un bout à l’autre de sa chambre sans dire une parole et retournait sur son lit où elle tombait de nouveau en résolution léthargique. Cela durait pendant deux ou trois heures consécutives.
Les attaques étaient plus complexes encore et plus étranges chez une autre de mes malades dont voici l’histoire en quelques mots :
Obs. II. — Hystérie avec attaques convulsives anormales. — Mmc X..., âgée de trente-trois ans, est la fille d’un père violent et d’une mère hystérique. Elle a toujours été très impressionnable et d’une grande mobilité d’humeur. Mariée en 1872, elle a eu deux enfants. En 1877, elle a eu une première attaque d’hystérie en se faisant arracher une dent. Deux ans plus tard, un de ses enfants étant mort d’une entérite tuberculeuse, elle eut une seconde attaque convulsive suivie d’une période d’agitation pendant laquelle elle dansait et riait aux éclats. En 1880, elle eut une troisième at.aque en apprenant la mort d’une de ses amies. En 1885, son mari fut atteint de tuberculose pulmonaire. Elle le soigna avec un admirable dévouement, et malgré tout ce qu’on put lui dire sur la gravité de son état, elle conserva