RAPPORTS AV PG L’ANESTIIÉSIE
la quatrième a la huitième vertèbre dorsale. Les cinq autres sont latérales (sein, ovaire, pli du coude, cuisse, creux poplité) et siègent toutes cinq sur le côté gauche non anesthésie. Nous n'avons pu, chez cette malade, découvrir de points spasmogènes sur le côté droit du corps, c’est-à-dire sur le côté où siège
l’anesthésie L
Une autre de nos malades, Itose D..., présente une particularité plus étrange encore. Elle est anesthésique sur toute la surface du
l'ic. -2-.'. — Zones spasmogènes el spasmo-frénalriccs de Rose D...
corps excepté au niveau de quelques îlots dissémines ça et la sans ordre apparent (flg. 22), et toutes ses zones spasmogènes sont placées sur les parties du tégument dont la sensibilité est normale, tandis que ses zones spasmo-frénatrices sont situées sur des
régions anesthésiques (P g. 22).
Toutes ces dispositions s’observent également chez 1 homme.
Les hystériques mâles ont des zones spasmogènes et spasmo-
1 Yinsi crue le montre la figure 21, cette malade possède en outre deux zones spasmofréiiaU iœs^ situées l’une au niveau de l’épigastre, l’autre au niveau de 1 ovarre droit.
244 DES ZONES SPASMOGÈNES.
frénatrices comme les hystériques femelles, et ces zones occupent à peu près les mêmes* points du corps ( fig . 23).
A propos de la distribution topographique des zones spasmogènes, j’appelle votre attention d’une façon toute spéciale sui les
zones des membres.
MM. Bourneville et Regnard, P. Riclier, Buet, contestent leui existence, ou du moins ils déclarent qu’ils n'ont rencontré de zones hystérogènes que sur le tronc ou la tète, et qu’ils n’en ont
Fig.
— Topogva|»liic des zones sjiasniogêncs dans un cas d'hystérie mille.
jamais trouvé sur les membres. Il résulte, au contraire, de mes observations que chez plus de la moitié des hystériques vulgaires une exploration attentive révèle l’existence de zones spasmogènes sur les membres supérieurs ou inférieurs. Leur siège d’élection se trouve au niveau du pli du coude et du creux poplité. Plus rarement elles existent au poignet et au voisinage du tendon d’Achille. Une seule fois j’en ai trouvé une très active sur la face antérieure de la cuisse, au niveau d’une cicatrice ancienne résultant de l’ouverture d’un abcès de cette région, .l’ajouterai incidemment
qu'on on rencontre souvent sur les muqueuses du nez, du pharynx, du larynx, de l'oreille externe, eto. 1
En général, les malades chez lesquelles j’ai rencontré des zones spasmogènes sur les membres, en avaient également sur le tronc ou la tète. Je n'en ai pas encore trouvé une seule n’ayant des points spasmogènes que sur les membres. J’en ai vu, au contraire, quelques-unes qui possédaient des zones abdominales ou thoraciques et n’avaient pas de zones des membres.
Dans tous les cas, je crois pouvoir vous affirmer que l’existence de zones spasmogènes sur les membres est très commune. Vous venez d'en voir plusieurs exemples, et il me serait facile de vous en montrer beaucoup d’autres si je ne craignais de consacrer trop de temps à la démonstration d’un fait dont l’évidence doit vous paraître d'ores et déjà complète.
Chez toutes nos malades la peau qui recouvre les régions hystérogènes a une coloration et une température normales. Rien ne la distingue extérieurement des portions voisines du tégument.
Chez deux malades du service de M. Charcot on a signalé la chute spontanée des cheveux sur des régions hystérogènes du cuir chevelu. Ce trouble trophique, rare chez les hystéro-épileptiques, ne s’observe pas dans l’hystérie vulgaire, ou du moins je n’ai jamais constaté rien d'analogue chez les hystériques qui ont été soumises à mon observation.
L’étendue des zones spasmogènes de nos malades est très variable. Chez Marie M... (fig. 18) et chez Léonie P... (flg. 20) les zones les plus larges mesurent environ cinq à six centimètres de diamètre. Chez Emma B... (fig. 19) les zones péri-orbitaires et celles des plis du coude n’ont pas une étendue plus grande; mais les zones mammaires de cette malade occupent toute la surface des seins, et les zones poplitées n’ont pas moins de douze à quinze centimètres de longueur sur six de largeur.
Les limites des points spasmogènes sont, en général, très nettement tranchées. Chez nos trois malades, par exemple, une pression légère au niveau du tendon du biceps au pli du coude détermine sûrement l'altaque, tandis que les pressions les plus énergiques pratiquées à quelques millimètres seulement au delà des bords de ce tendon ne provoquent qu’une douleur banale et ne sont suivies d’aucun phénomène convulsif.
1 Voyez à ce sujet la thèse de M. Lichtwitz, où ces zones spasmogènes des membranes muqueuses sont soigneusement étudiées.
DES ZONES SPASMOGÈNES.
Nous savons par les recherches laites à la Salpêtrière qu’une même zone hystérogène peut être spasmogène lorsqu’on la comprime légèrement, et spasmo-frênatrice lorsqu’on exerce sur elle une pression plus énergique. Cette double action s’observe assez souvent sur les zones ovariennes, mais il est beaucoup plus rare de la constater sur les autres. En général, la compression de l’une quelconque des zones spasmogènes provoque l’attaque convulsive, et l’attaque une fois commencée ne peut être arrêtée brusquement que par la compression de certaines zones déterminées, la zone ovarienne, par exemple, ou la zone épigastrique. C’est ainsi que se passent les choses chez les malades que vous venez de voir et chez la plupart de celles que nous avons eu l’occasion d’étudier dans le service.
Je me hâte de vous dire qu’il y a quelques exceptions à cette règle. Vous devez vous rappeler que je vous ai souvent montré, l’an dernier, une hystérique nommée Élisabeth* P»..., dont les zones du sein, de la colonne vertébrale et des membres avaient toutes des effets excitateurs ou frénateurs selon qu’on exerçait sur elles une compression légère ou énergique. Toutefois, c’est là une rareté; dans la majorité des cas, les zones des membres et du thorax sont exclusivement spasmogènes , et les zones ovarienne ou épigastrique exclusivement spasmo-f rênatrices . La pression des premières provoque les convulsions et ne peut pas les arrêter; la pression des secondes arrête les convulsions et ne peut pas les provoquer.
Chez certaines malades il n’existe que des zones spasmogènes ou des zones spasmo-frénatrices. Chez la nommée Anaïs L..., par exemple, que vous avez pu voir il y a quelques jours dans le service, nous avons cherché en vain des zones spasmogènes sur les différents points du corps où elles siègent habituellement, sans en rencontrer une seule; mais quand les attaques convulsives éclataient spontanément, nous pouvions très aisément les arrêter par la compression de l’épigastre ou de l’ovaire gauche.
Chez d’autres malades, la compression des zones spasmogènes ne provoque qu’une partie des phénomènes convulsifs de l’attaque hystérique. Quelquefois l’excitation artificielle de ces zones donne lieu simplement à une sensation de strangulation analogue à celle