‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 93 sur 208 · ZONES A EFFETS INCOMPLETS · texte numérisé non relu

ZONES A EFFETS INCOMPLETS

qui sc produit au début des attaques spontanées. D’autres fois elle détermine une contracture généralisée qui cesse d’elle-même après un certain temps sans être suivie de convulsions cloniques. Dans les deux cas on a affaire à des zones spasmo gènes à effets incomplets.

Je n'ai rien à ajouter à ce qui a été signalé à la Salpêtrière relativement à l'apparition et à la disparition spontanées des zones hystérogènes, sinon que nous avons pu souvent vérifier chez nos petites hystériques les observations faites à ce sujet, sous la direction de M. Charcot. Quant aux moyens qui peuvent être employés pour les faire disparaître artificiellement, nous nous en occuperons plus tard.

Les faits que vous venez de voir et ceux du môme genre que vous avez eu maintes fois l'occasion d’observer dans le service, prouvent que les zones hystérogènes n’existent pas seulement chez les hystéro-épileptiques, mais qu’elles font partie également de la symptomatologie de l’hystérie vulgaire. Toutefois, il faut que vous sachiez que dans la petite hystérie, les zones hystérogènes sont loin d’être aussi constantes qu’elles le sont dans l’hystéro-épilepsie ou grande hystérie. J’ai rencontré déjà plusieurs malades atteintes d’accidents manifestement hystériques, chez lesquelles l’exploration la plus attentive n’a permis de découvrir aucun point hystérogène. Quelques-uns d’entre vous doivent se souvenir d’une malade qui était entrée l’an dernier dans le service pour des hématémèses hystériques. Pendant son séjour à l’hôpital, elle eut plusieurs séries d’attaques convulsives des plus bruyantes. Ses cris, ses mouvements violents, troublaient le repos des autres malades. A vingt reprises différentes je cherchai à arrêter ces attaques par la compression des ovaires ou des autres points du corps sur lesquels peuvent siéger des zones hystérogènes; jamais je ne pus trouver aucune région spasmogône ou spasmo-frénatrice; jamais je ne pus arriver à provoquer ou à arrêter une de ses attaques.

J’ai éprouvé tout récemment un insuccès semblable chez une jeune fille de dix-huit ans qui, depuis plusieurs jours, avait des attaques hystériques presque subintrantes. Ces attaques étaient caractérisées par des cris aigus, assourdissants, accompagnés de mouvements désordonnés du tronc et des membres. Elles ôtaient si rapprochées qu’on avait à peine le temps de faire prendre à

. DES ZONES SPASMOGÈNES.

la malade, dans leurs intervalles, quelques gorgées de lait ou de bouillon. La famille de la jeune ülle, épouvantée par la durée et la violence des convulsions, demandait avec instance qu’on trouvât un moyen d'y mettre un terme. Je fis toutes sortes do tentatives pour trouver une zone frénatrice, sans pouvoir y réussir. Dans l’intervalle des attaques, je cherchai un point spasmogène, et malgré toute la persévérance que je mis à cette recherche, je ne pus en découvrir un seul.

La conclusion qui ressort de ces observations c’est que l’existence des zones spasmogènes n’est pas constante dans l’hystérie ou du moins dans les formes atténuées de l’hystérie, dont les exemples sont si communs dans la pratique civile et dans les hôpitaux de clinique générale.

J’espérais, Messieurs, pouvoir terminer aujourd’hui l’étude des zones spasmogènes. Mais je m’aperçois que l’heure est avancée et qu’il me reste beaucoup de choses à vous dire. Plutôt que de fatiguer votre attention, je préfère renvoyer à la prochaine leçon les quelques considérations que je crois utile de vous présenter encore sur ce sujet.

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