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coude gauche (fl g. 78, page 238). Je pince la peau de celte région, je la traverse de part en part avec une épingle sans provoquer de convulsions. Avec une brosse à habits, je frotte vivement la région antérieure du bras et de l’avant-bras, sans épargner le pli du coude : l’attaque ne se produit pas encore. Elle éclate au contraire aussitôt que je comprime les tissus qui entrent dans la composition du pli du coude entre mon pouce d’une part et les os du coude d’autre part. L’expérience pratiquée au niveau de la zone spasmogène du jarret de la même malade donne des résultats identiques. Le pincement, la piqûre, la friction de la peau ne provoquent pas d’attaques convulsives, tandis que la pression des tissus contre la face postérieure du fémur détermine aussitôt les convulsions.
Les zones sous-cutanées ne sont généralement pas excitées par le contact de l’eau chaude ou froide. Le rayonnement d’un foyer calorifique, les brûlures de la peau avec le thermocautère, les pulvérisations d'éther, les secousses d’induction ou de courants de pile, les décharges d’électricité statique ne sont pas capables de mettre en jeu leur activité, ou tout au moins ces moyens ne provoquent habituellement pas les convulsions hystériques.
Il est difficile de déterminer expérimentalement le siège exact des zones sous -cutanées. On peut être certain qu’elles ne siègent pas dans la peau elle-même ni dans les expansions terminales des nerfs cutanés. Elles ne siègent pas non plus dans les muscles ni dans les tendons, car, dans un certain nombre de cas, on peut presser latéralement les masses musculaires et les tendons qui traversent les régions spasmogônes sans provoquer les convulsions. La tétanisation violente de ces muscles sous l’influence de courants faradiques intenses reste également inefficace dans la grande majorité des cas.
Il est très probable que le point de départ des actions spasmogônes sous-cutanées se trouve dans les troncs nerveux. Eette hypothèse, à laquelle on est déjà conduit par exclusion, est confirmée par une expérience qui réussit presque toujours. Quand il existe sur un membre une zone sous-cutanée active dont la compression modérée détermine les convulsions, on peut d’ordinaire provoquer aussi l’attaque par la compression énergique des troncs nerveux qui se rendent à cette zone, sur tous les points où ils sont accessibles dans leur trajet entre la moelle épinière et la zone.
Marie M..., par exemple, a dans le jarret gauche une zone sous-
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cutanée dont la compression légère détermine l’attaque convulsive. En comprimant énergiquement la face postérieure de la cuisse et de la fesse, le long du trajet du nerf sciatique, on peut également provoquer les convulsions. Elle a une autre zone spasmogène au pli du coude : la compression énergique de la face interne du bras et de l’aisselle, le long du trajet du nerf médian, provoque les convulsions tout aussi sûrement que la compression légère de la zone elle-même. J’ai à peine besoin d’ajouter que les pressions les plus énergiques dans les autres points du membre supérieur ou du membre inférieur restent inefficaces. Mais ce que je ne puis me dispenser de vous dire, c’est que je n’ai observé cette excitabilité des gros trônes nerveux des membres que dans les cas où les zones étaient sous-cutanées, et qu’il m’a été impossible de la constater au-dessus des zones cutanées. C’est ainsi que chez Pauline T..., dont les zones des jambes sont manifestement cutanées, la pression des sciatiques au niveau de l'échancrure de l’os iliaque ou de la face postérieure de la cuisse n’a jamais donné lieu a l'attaque convulsive.
c) Les sones viscérales paraissent avoir pour siège le parenchyme même de certains organes complexes, tels que la glande mammaire, l'ovaire, le testicule.
La démonstration de cette proposition est assez facile à faire en ce qui concerne le sein. Un grand nombre d’hystériques possèdent des zones spasmogènes de la région mammaire, et chez la plupart d’entre elles on peut s’assurer que les excitations, même très énergiques (pincement, malaxation, friction, piqûre, etc.), de la peau qui recouvre le sein ne provoquent pas de convulsions, tandis que les convulsions éclatent aussitôt que la glande elle-même vient à être légèrement comprimée.
Nous pouvons comparer les effets des excitations des zones cutanées et viscérales de la région mammaire sur deux malades que j'ai fait venir aujourd’hui à l’amphithéâtre. Marie M... a une zone viscérale du sein gauche; Pauline T... a une zone cutanée de la région mammaire. Je fais approcher Marie M..., et vous voyez que je puis, sans provoquer aucun phénomène convulsif, faire des plis sur la peau qui recouvre le sein, comprimer très énergiquement ces plis entre les doigts, les traverser avec une épingle. Au contraire, l’attaque éclate brusquement aussitôt que je comprime la glande elle-même. Les choses se passent tout autrement chez
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Pauline T... Je puis saisir son sein gauche entre les doigts et le comprimer énergiquement sans provoquer les convulsions, tandis que l’attaque débute tout de suite si je viens à effleurer la peau qui recouvre la partie inférieure de la région mammaire.
Les zones de la région abdominale antérieure sont le plus souvent des zones viscérales dont le siège se trouve vraisemblablement dans l’ovaire. Cette opinion, soutenue par M. Charcot dès le début de ses recherches sur les zones hystérogènes, avec des arguments qui n'avaient pas entraîné la conviction de tous les médecins, a trouvé un appui très sérieux dans les résultats des observations faites, quelques années plus tard, à la Salpétrière, sur une hystérique enceinte, dont la zone frénatrice du liane gauche s’éleva graduellement pendant la grossesse de façon à occuper exactement et constamment le point qu’occupe successivement l’ovaire aux différents âges de la gestation L
Toutefois, Messieurs, si dans la majorité des cas la zone du liane gauche est une zone viscérale ovarienne, il n’en est pas toujours ainsi. 11 peut y avoir, dans la région des lianes, des zones cutanées tout à fait indépendantes de l’ovaire1 2. En voici la preuve : Je donne une attaque à Pauline T... par l’excitation superficielle de la peau des jambes. Maintenant que l’attaque est bien lancée, je pince entre le pouce et l’index un pli de peau de la région du Üanc gauche de la malade, en ayant soin de n’exercer aucune compression profonde sur l’abdomen. Vous voyez qu’aussitôt les convulsions s’apaisent et que la malade revient à elle tout aussi rapidement que si j’avais comprimé énergiquement l’ovaire.
Cette petite expérience, dont les résultats me semblent d’une parfaite netteté, démontre que des zones cutanées peuvent exister dans la région abdominale, et que, par conséquent, il ne suffit pas de constater l’existence d’une zone hystérogène dans la région iliaque pour affirmer que cette zone est ovarienne.
Je vous rappelle à ce propos qu’on rencontre presque aussi fréquemment des zones spasmogènes ou spasmo-lrénatrices sur les parties latérales des parois du ventre des hystériques mâles que sur les testicules eux -mêmes {fl g. 23, p. 244).
1 Ch. Ferré, La douleur dite ovarienne des hystériques a pour siège V ovaire (Progrès médical, 1882, p. 42).
2 « Chez bien des malades, dit M. Magnin, en dehors de toute compression de l'ovaire, il nous a été possible de provoquer ou d’arrêter des attaques par excitation légère de la peau de la région abdominale correspondant au côté de l’ovaire. » ( Étude clinique et expérimentale sur V hypnotisme, p. 14.)