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IN EXCITABILITÉ PROVOQUÉE

11 est possible de faire disparaître expérimentalement les zones spasmogènes. Les moyens qu’on peut employer pour cela se divisent en deux groupes : les uns agissent à la fois sur toutes les zones du corps, les autres agissent localement sur les seules zones au niveau desquelles ils sont appliqués.

a) Dans le premier groupe il faut ranger l’électrisation statique, la galvanisation des centres nerveux et les inhalations anesthésiques.

Quand on place un hystérique sur le tabouret isolant d’une machine statique, toutes ses zones spasmogènes, cutanées, souscutanées et viscérales, disparaissent après un laps de temps qui varie entre trois et quinze minutes, selon les sujets et selon l’intensité des tensions électriques. L’application d’un courant de pile faible (de deux à six éléments de Gaiffe) sur les centres nerveux a exactement le même effet. Le procédé le plus commode consiste a placer les deux électrodes en face l’une de l’autre sur les deux régions temporales. On peut aussi appliquer une électrode (la positive ou la négative indifféremment) sur le front ou la nuque et l’autre sur la région lombaire de la colonne vertébrale ou sur le ventre. Lorsque l’électrisation a été prolongée assez longtemps (dix à vingt minutes au plus), toutes les zones spasmogènes, sans exception, ont perdu leur excitabilité. On ne peut plus provoquer d’attaques convulsives par la pression même très énergique de ces zones. Mais leur disparition n’est que temporaire. Après quelques heures ou quelques jours les zones, rendues inexcitables par l’électrisation, reparaissent spontanément avec tous leurs caractères.

Toutes les zones spasmogènes perdent aussi leur excitabilité pendant la phase de résolution qui succède aux inhalations d’éther ou de chloroforme. Elles redeviennent excitables presque aussitôt après que le sommeil anesthésique est dissipé.

h) Les moyens locaux susceptibles de faire disparaître les zones spasmogènes sont assez nombreux. Lès plus importants sont : l’anémie artificielle, la réfrigération, l’application de sinapismes, les injections sous-cutanées, l’électrisation localisée. A cause des

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inconvénients qui pourraient résulter de leur application sur la tète ou sur le tronc, ces moyens n’ont été régulièrement étudiés que sur les zones spasmogènes des membres. Tout ce que nous connaissons aujourd’hui sur leur action est contenu dans la thèse de M. Gaube, et peut être résumé en peu de mots.

l 'anémie locale résultant de l’application d’une bande de caoutchouc roulée autour d’un membre, fait disparaître les zones spasmogènes dans toute la partie anémiée du membre. Un lien circulaire assez serré pour gêner notablement la circulation en retour fait disparaître les zones au-dessous de lui. Si les troncs nerveux étaient excitables, ils perdent leur excitabilité au-dessous du lien et la conservent au-dessus de lui. Les zones reparaissent rapidement quand le lien compresseur est enlevé, à mesure que la circulation se rétablit.

La réfrigération de la peau qui recouvre une zone sous-cutanée des membres (par la pulvérisation d’éther avec l'appareil de Richardson ou par l’application du mélange de glace et de sel), abolit l’excitabilité de la zone refroidie pendant tout le temps que dure la réfrigération. Si les zones sont cutanées, leur refroidissement provoque, dès le début, des attaques convulsives qui empêchent de continuer l’expérience.

Les sinapismes , appliqués au niveau des zones cutanées ou sous-cutanées, font disparaître ces zones après quelques minutes d’application. Si les troncs nerveux étaient excitables, ils restent excitables seulement au-dessus de la région rubéfiée. Les sinapismes appliqués cireulairement autour d’un membre font disparaître toutes les zones situées au-dessous d’eux et sont sans action sur les zones situées au-dessus. Les zones rendues inexcitables par les sinapismes reprennent leur excitabilité une dizaine de minutes environ après l’enlèvement des sinapismes. Quelquefois l’application d’un sinapisme sur une zone hystérogène d’un côté fait disparaître en même temps la zone symétrique du côté opposé.

Les injections hypodermiques d’eau pure au niveau des zones sous-cutanées abolissent temporairement l’excitabilité de ces zones.

Le passage a travers les régions spasmogènes de courants faradiques ou galvaniques de moyenne intensité supprime, après quelques minutes, l’action des zones soumises à l’électrisation localisée.

L’expérience doit être dirigée d’une façon un peu différente selon qu’il s’agit de zones sous-cutanées ou de zones cutanées.

AURA HYSTÉROGÈNE.

Dans le premier cas, on promènera hardiment les électrodes ou le pinceau électrique sur la peau de la région hystérogène. Dans le second, il faudra éviter de toucher la zone elle-même. Les électrodes seront placées en dehors des limites de la région excitable. De plus, on aura soin de ne pas employer des courants trop intenses qui seraient capables de provoquer les convulsions avant que la zone eût perdu son excitabilité.

Sous l’influence de l’électrisation locale les zones disparaissent progressivement en quelques minutes. Les troncs nerveux situés au-dessus des points électrisés conservent leur excitabilité.

Les zones supprimées temporairement par l’électrisation reparaissent spontanément après un laps de temps qui varie d’ordinaire entre un quart d’heure et une heure.

Tel est, Messieurs, aussi brièvement résumé que possible, l’ensemble de nos connaissances actuelles sur la disparition artificielle des zones spasmogènes. Je ne veux pas insister plus longuement sur des faits qui serviront certainement un jour ou l’autre à établir la théorie des actions hystérogènes, mais qui n’ont eu jusqu’à présent que des applications cliniques très restreintes. Je ne pouvais cependant pas les passer complètement sous silence.

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L’étude des zones spasmogènes serait très incomplète si on omettait de signaler le rôle qu’elles jouent souvent dans les phénomènes de l’aura des attaques spontanées ou provoquées.

Vous vous rappelez que les prodromes des attaques convulsives spontanées des hystériques se composent ordinairement de trois phases successives :

La première est caractérisée par un malaise général ou par une agitation inaccoutumée. Les malades se sentent « changés »; ils deviennent sombres, moroses; ils sont obsédés par des pensées tristes ou terrifiantes qui se rapportent à des épisodes de leur vie passée; ils ont quelquefois des hallucinations visuelles. C’est là ce qu’on appelle Yciurci psychique ;

Dans la deuxième, des douleurs contusives aiguës surviennent au niveau d’un ou plusieurs points hystérogènes. Ce sont habituellement des sensations pénibles de meurtrissure profonde, de serrement, de constriction, quelquefois assez fortes pour

DES ZONES SPASMOGÈNES.

arracher des cris aux malades. Elles persistent pendant un temps variable de quelques instants k plusieurs heures. Ce sont elles qui forment Yaura sensitive ou hystérogène et démontrent la participation active des zones spasmogènes dans le développement des attaques spontanées.

La troisième et dernière phase de l’aura hystérique est annoncée ordinairement par la sensation d’une boule qui semble se détacher de la région ovarienne et monter à l’épigastre, au cœur, k la gorge. Cette sensation, qui précède immédiatement l’explosion des convulsions, constitue Yaura ovarienne .

L’aura hystérique complète étant composée par les trois phases successives que nous venons d’indiquer, il est possible de provoquer l’attaque convulsive en donnant artificiellement naissance aux phénomènes qui caractérisent l'une ou l’autre de ces phases.

C’est vous dire que l’attaque convulsive peut être déterminée par la provocation de l'aura psychique, de l'aura hystérogène ou de l’aura ovarienne.

Quand les malades ont, dans leurs attaques spontanées, une aura psychique nettement définie, il suffit de rappeler k leur esprit la pensée triste ou l’hallucination terrifiante qui survient habituellement pendant cette phase de l’aura pour déterminer, par cela seul, l’apparition ultérieure des deux autres phases de l’aura et l’explosion des convulsions. Tel est le cas de la nommée Emma B... Pendant la durée de l’aura psychique spontanée, Emma B... pense toujours k la dépêche qui lui apporta la nouvelle de la mort subite de son amant et k l’émotion poignante qu’elle éprouva en en prenant connaissance. Or, il suffit de lui demander, k n’importe quel moment, si elle a reçu quelquefois des dépêches télégraphiques, pour qu’aussitôt elle devienne triste, inquiète, agitée; quelques instants après elle éprouve les sensations spéciales de Yaura hystérogène, puis celles de Yaura ovarienne , et bientôt „ après l’attaque éclate.

Une autre de nos malades, Alix S..., a été vivement impressionnée dans sa jeunesse par la vue de grenouilles que ses camarades de pension avaient placées un soir dans son lit. Elle eut, à la suite de la frayeur causée par la vue de ces animaux, ses premières grandes attaques, et, depuis cette époque, les grenouilles jouent un rôle prédominant dans les hallucinations de l’aura psychique qui précède ses attaques spontanées. Qu’on vienne k parler de grenouilles devant elle, aussitôt elle pâlit, son visage exprime l’épouvante,

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