‹ Leçons d'algèbre conformes aux programmes officiels de l'enseignements des (volume 2)Chapitre 34 sur 102 · ÉTUDE DE LU FONCTION EXPONENTIELLE · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE LU FONCTION EXPONENTIELLE

73. Lemme I. Les puissances successives d*un nombre plus grand que T unité vont en croissant et deviennent plus grandes que toute quantité donnée.

Soit a une quantité positive supérieure à T unité. On voit d'abord que ses puissances successives vont en croissant ; car on obtient a"*^* en multipliant a"* par a; le multiplicateur a étant plus grand que l'unité, le produit a*^^ est plus grand que le multiplicande a"". Je dis maintenant que les puissances de a augmentent au delà de toute limite. Posons a = I + a; en développant (i + ^)"* suivant la loi du binôme, nous aurons

a*'= 1 -4-tt)~ = i4- — a-^ ^ '^ +

Tous les termes du développement sont positifs ; si donc

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on néglige le troisième terme et les termes suivants, on diminue le second membre, et Ton a

€r> i-\- ma.

Pour rendre la quantité a^ plus grande qu'une quantité donnée A, il suflSt évidemment de rendre la quantité i + ma plus grande que cette quantité ; on déterminera donc l'exposant m de manière à satisfaire à l'inégalité

Ainsi, lorsque l'exposant m surpasse , il est certain

que la puissance a*" devient supérieure à la quantité A, si grande qu'elle soit. Donc les puissances successives du nombre a plus grand que l'unité augmentent à l'infini.

Soit, par exemple, a = i , i ; on peut affirmer que a** surpassera 1 000 si m est plus grand que 529 ou que 9990. Mais

on n'a pas ainsi les plus petites puissances de a supérieures à 1000.

7 à. Lemme il Les puissances successives d'un nombre plus petit que Tunité vont en décroissant et devietment plus petites que toute quantité donnée >

Le nombre a, étant inférieur à l'unité, peut être représenté par — ; — , et l'on a

M U?B8 !▼( 0H4ir« l«

Qoand réimposant m croit indéfiniment, le âQûominftieur augmentant indéfiniment^ II. fraotioa dUninue et tend vers zéro.

75. Lemme III. La racine d*un nombre supérieur à V unité êêt êupMeure à funké^ tt Vonpeuî prmdrt t indicé du radicai asêez grand pour que la raoine diffère de ï unité d^une quan*' tiîi moindre que to^M quantité do$mie,

Soit a un nombm supérieur à runité. Je dis d'abord

que ya surpasse l'unité} car un nombre plus petit que l'unité, élevé à la n* puissance, ne pourrait reproduire le

nombre a plus grand que l'unité. Nous voulons rendre ya inférieure à i + a, a étant une quantité donnée très-petite; il s'agit donc de satisfaire à l'inégalité

OU k la suivante

Or, en vertu du lemme 1, si petite que soit a, on peut toujours pfemdre l'exposant ti aaete grand pour que (i + (tf surpasse a.

On veut, par exemple, que y ^ diffère de l'unité de moins

dei 0,001 . On prendra n plus grand que ~ , c'est-à-diro

plus grand que loob.

GoROLLAiKE. Toute puissance fractionnaire à^un nombre pïùè grand que Tuniié est plus grande que Vunitê. Car

o^ signifie y a*"; le nombre a étaçt supérieur à l'unité » sa puissance a*" est supérieure à l'unité, et la racine de cette dernière quantité est aussi supérieure à l'unité.

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76. Lemme IV. Les racines d'un nombre inférieur à Vuntti sùfit inférieures à Vunité^ et Von peut prendre Vindice du radical assez grand pour que la racine diffère de Vunité âimè quantiU imindre que toute quantité donnée.

Sî le nombre a est inférieur à l'unité, \a sera aussi inférieure à Tunité ; car un nombre supérieur à l'unité, élevé à la n" puissance, ne pourrait reproduire le nombre a inférieur à l'unité; d'autre part, le nombre a, inférieur à l'unité,

peut s'écrire sous la forme -7 , a' étant supérieur à l'unité,

et l'on a

Le dénominateur tendant vers J'imite, quand l'indice n du radical augmœte indéfinimrat^ la fractioB tend •Ife^mtaid vers, l'unité.

Corollaire. Toute puissance fractionnaire d'un nonére plus petit qute Vunité est plus petite qm Vu/nité*

77, Théorème. La fonction ^"^ varie d'um manière cmtir nuej quand x croît d'une manière continue.

On appelle fonction en mathématiques une expression qui contient une lettre désignant une quantité variable, ^expression 2 a;' — A^r + 5 est une fbnctîon entière de la variable Xi L'expression a"" est une fonction exponentiénB de x; on la nomme ainsi parce que la vaHable a? est en exposant.

Nous supposons le nombre a positif et plus grand que l'ùnitô. Je dis d'abord que lorsque la variable x croit, la fonction a* croit. En effet, si l'on donne à la variable x un accroissement fc, la fonction devient a***, et éprouve une

96 LIVRE nr, chap. i.

variation marquée par

Mais a^ est supérieure à l'unité, parce que toute puissance d'un nombre a supérieur à l'unité est elle-même supérieure à l'unité ; donc la différence a*^'* — a' est positive, et par suite a"^^ est plus grande que a*. Ainsi, quand a est plus grand que l'unité, la fonction a' croît en même temps que la variable x.

Je dis maintenant que l'on peut donner à la variable x

un accroissement lé assez petit pour que la fonction a*

éprouve un accroissement plus petit qu'une quantité don-

. née a. En effet, supposons h plus petit qu'une fraction

de la forme -, n étant un entier très-grand ; en vertu du n

lemme III, on peut prendre n assez grand pour que w ou

«y — ot .

Va diffère de l'unité d'une quantité plus petite que — * la

quantité a\ étant moindre que a*", puisque h est inférieure à -, différera de l'unité d'une quantité encore plus petite,

et la différence a'^'* — a* sera moindre que a' x — ou que a.

Ainsi l'accroissement de la fonction peut être rendu plus petit qu'une quantité donnée, si petite qu'elle soit; en d'autres termes, lorsque T accroissement de la variable tend vers zéro, celui de Iq^fonction tend aussi vers zéro.

On dit qu'une grandeur varie d'une manière continue lorsqu'elle ne peut aller d'une valeur à une autre sans passer par toutes les valeurs intermédiaires. Une fonction est continue lorsqu'à une variation infiniment petite de la

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variable correspond une variation infiniment petite de la fonction ; car si la fonction sautait brusquement d'une valeur à une autre 9 elle éprouverait une variation finie pour une variation infiniment petite de la variable.

II résulte de ce qui précède que, lorsque la variable x croit d'une manière continue, la fonction exponentielle a* croit aussi d'une manière continue.

Nous avons supposé le nombre positif a plus grand que l'unité. Supposons-le maintenant plus petit, et posons

a = -,f<^^ étant supérieur à l'unité. On a

Lorsque x croît d'une manière continue, a'' croît, et par conséquent a* décroit d'une manière continue.

78. Corollaire. Voyons maintenant les valeurs par les^ quelles passe la fonction exponentielle a' quand on fait croître x d'une manière continue de — oo à + ^« Supposons d'abord a supérieur à l'unité, et faisons croître x de o à + oo ; pour a: = o, on a a® = i ; quand x est infiniment grand, en vertu du lemme I, a' est aussi infiniment grand; ainsi, quand x croît de o à + oo, la fonction a' croit de 1 à + ^* Faisons maintenant décroître o; de o à — co, et pour cela posons x = — a/9x' étant positive; on a

quand xf croît de o à + c», o*' croît de i à + ~» et par conséquent o' décroît de i à o. En résumé, lorsque la valeur o; croit d'une manière continue de — co à + ^9 a étant supé-

98 LIVRE ÏY, CaïAP, I.

rieur à Tunité, la fonction a"" croit d'une manière continue de à -{- Qo. Il est à remarquer que la fonction pa^se par toutes lesvaleurs positives et qu'elle ne passe qu'une fois par chacune d'elles puisqu'elle va constiunment en augmentant* Considérons maintenant le cas où le nombre a çat inférieur à l'unité, et posons a q -,, a* étant supérieur à Tunité, ce qui donne

On voit que lorsque x croît de o à + oo, a'* croissant de 1 à + c», a* décroit de i à o, et que, lorsque x décroît de o à — oo, a'* décroissant de i à o, a* croit de i à + oo. Ainsi, quand x croît d' une manière contique de — c» à + <>:>, a étant inférieur à l'unité, la fonction a* décroit d'une mar nière continue de -f oo à o, La fonction passe encore par toutes les valeurs positives et une seule fois par chacune d'elles.

79. Remarque. Nous pouvons maintenant donner d'une manière très-nette la signification de T exposant incommen* surable dont nous avons déjà dit quelques mots (q"" so).

Soit a^S et, pour préciser, supposons a supérieur h l'unité ; le nombre incommensurable y/s est la limite com<*

mune de deux nombres fractionnaires —et "^ , qui

diffèrent entre eux d'une quantité aussi petite qu'on veut,

et dont les carrés comprennent 2; en remplaçant y 2 par ces nombres approchés, on obtiendra deux séries de puis-»

sances fractionnaires a" et a *" » les premiër^isi plus petite»

que les secondes, et telles que leur différence peut être rendue plus petite qu'une quantité donnée; il existe donc entre ces deux séries de grandeurs une grandeur déter nniinée qui en est la limite commune; c'est cette limite que

désigne ci!^.

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