II. Des muscles
[Le corps des holothuries et des siponcles , parmi lès échinodermes, est susceptible de mouvements assez variés.] Il peut se raccourcir et s’allonger au gré de l’animal. Des bandes musculaires longitudinales, dont la largeur et le nombre varient selon les espèces, et d’autres bandes transverses plus minces, étendues sur toute la surface interne de la peau et en dehors des longitudinales, produisent ces deux mouvements. [Les bandes musculaires sont quelquefois si étroites et si épaisses dans les siponcles qu’elles ressemblent à de petites cordes ; et la peau n’étant point assez épaisse chez eux pour effacer la saillie des bandes transverses, ces zoophytes ont pu être pris pour des animaux articulés, dont ils ont en effet l’apparence. En chassant avec force l’eau contenue dans l’intérieur de leur corps les holothuries nagent assez rapidement.
Mais outre cet appareil général de locomotion, elles en ont un particulier; ce sont des pieds rétractiles analogues à ceux qu’on trouve dans les astéries etles oursins .]
Ces pieds rétractiles sont des espèces de suçoirs dont l’organisation est à peu près semblable dans les trois genres qui composent le premier ordre îles échinodermes (les pédicellés). Chacun de ces suçoirs peut se contracter isolément. Leur forme
est, à peu près, celle d’une ampoule à long tube, remplie d’une humeur très-fluide, dont les parois sont formées par des fibres circulaires. La portion tubuleuse ou allongée de ces ampoules est la seule qui paraisse au dehors de l’animal quand il a le pied allongé. Elle est terminée par une espèce de disque à partie moyenne concave. [Son milieu est resserré par l’ouverture de l’enveloppe, à la manière de la portion étranglée d’un sablier;] la portion sphérique est renfermée dans l’intérieur du corps. D’après cette organisation du pied, il est facile d’expliquer le mécanisme de son action. L’humeur contenue dans l’intérieur de l’ampoule devient, par son déplacement, la cause du mouvement. Ainsi le pied supposé rentré dans le corps, la partie sphérique de l’ampoule est beaucoup plus grosse. Le pied sort-il au dehors, les parois de 1 ampoule se contractent, chassent le fluide qu’elle contient dans l’intérieur du tube, qui grossit et s’allonge. Le pied rentre-t-il, c’est alors la tunique du tube qui se contracte et qui chasse l’humeur dans l’ampoule.
Les animaux compris dans le genre des holothuries ont les pieds disposés de diverses manières, tantôt épars sur tout le corps, tantôt situés du même côté, et quelquefois disposés en rangées longitudinales.
[ L’enveloppe calcaire des astéries et des oursins ne permet guère à ces animaux de mouvements généraux du corps, quoique cependant on ait cru retrouver dans quelques espèces du premier genre des muscles à fibres longitudinales et transversales. Ces animaux se meuvent surtout au moyen des organes tentaculaii'es ou des pieds dont ils sont abondamment pourvus, et qui sont engagés dans les trous dont nous avons dit qu’étaient percés leurs amhulacres. C’est probablement par le
gonflement et le resserrement partiel des milliers
de pieds qu’on voit se mouvoir à leur face inférieure, que les astéries peuvent fléchir un peu leurs rayons, et embrasser d’une manière plus ou moins complète les corps sur lesquels elles rampent. Quant aux épines dont leur corps est garni, ainsi que celui des oursins, on a pensé qu’elles servent au mouvement volontaire, conjointement avec les pieds tentaculaires; mais la substance qui les unit à la coquille parait purement ligamenteuse; on ne voit, dans les oursins, aucune espèce de communication entre l’épine et l’intérieur du corps, au travers du tubercule épais qui porte la première; et peut-être ces organes ne servent-ils que de supports ou de garants contre les frottements lorsque ces animaux sont poussés par les flots, ou ne sont-ils qu’un moyen de se fixer dans le sable *.
* [ Dans un oursin commun placé sur une table, nous avons observe un mouvement lent de rotation qui se