DU CERVEAU DES POISSONS
Les différents lobes et tubercules qui composent le cerveau des poissons sont placés a la file les uns des autres, de manière que l’ensemble ne présente point une masse commune plus ou moins approchante de la forme ovale, mais une espèce de double chapelet. Cette comparaison est d’autant plus
(t) M. Fischer dit que dans les grenouilles le facial s’unit en entier au trijumeau, tandis que dans les salamandres il ne lui envoie qu’un filet de communication.
(a) Bischoff, op. cit., pl. V.
(3) Dans la première édition, M. Cuvier n’avait pas donné les raisons des analogies qu’il établissait entre les parties du cerveau des poissons et celles du cerveau des autres classes. 11 appelait hémisphères ce qu il a depuis appelé lobes creux, et couches optiques ce qu'il a appelé les lobes inférieurs. Dans sou Histoire naturelle des pots- «'«> H a an fond assez peu changé sa première détermination des parties, mais il l’a discutée, et trouvant toutes les analogies plus ou moins contestables, il a préféré se servir des noms nouveaux de lobes creux et de
ERVEAU DES POISSONS.
juste que dans la plupart des espèces, ces tubercules sont plus nombreux que dans les animaux dont nous avons parlé jusqu’à présent.
[Mais il y a trop de différences entre le cerveau des poissons osseux et celui des poissons cartilagineux pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en traiter séparément. Nous commencerons par
A. Les poissons osseux.
Si dans le cerveau des oiseaux et des reptiles on retrouve assez aisément les parties analogues du cerveau des mammifères, il n en est pas de meme du cerveau des poissons osseux ; et lorsqu’on voit la discordance des anatomistes sur celle question, on demeure convaincu que la poursuite des analogies n’esl possible que dans des limites assez étroites, et que le cerveau des poissons a subi dans son développement ou dans la position relative de ses parties des modifications profondes.
Les variations d’un genre à l’autre sont aussi beaucoup plus grandes que dans les trois premières classes. Mais avant d’entrer dans le détail de ces différences, il convient de faire connaître d’une manière générale les parties constituantes du cerveau des poissons.
il y a une partie dont le caractère est incontestable (4), et qui peut servir de point fixe pour rechercher les analogues des autres parties : c’est le cervelet, qui , placé en travers sur le haut de la moelle, en joint les deux côtés comme ferait un pont.]
Le cervelet est toujours impair ; il est plus grand à proportion que dans les animaux à sang chaud; il surpasse même souvent en volume les hémisphères ou les lobes qu’on peut leur comparer.
[Immédiatement au-devant du cervelet, il y a une paire de lobes dont l’existence est constante; ils sont généralement de forme ovale, sans circonvolution apparente, et contiennent chacun un ventricule communiquant avec son congénère, et dont le plancher présente une saillie analogue aux corps cannelés (5).
Ils sont formés de deux couches membraneuses,
lobes inférieurs. Nous substituerons ces mots dans tous les passages de la première édition que nous avons conservés.
(4) Cependant Weber l’a méconnue, et a pris pour le cervelet les lobes placés derrière le lobe impair. Celui-ci, qui est notre cervelet, représente pour lui les tubercules quadrijumeaux. [Allai, comp. nervi sympalh., Leipzig, i S 17.)
(5) M. Gottsche, médecin à Alloua, auquel on doit un grand travail sur le cerveau des poissons osseux, considère ce bourrelet saillant comme l’analogue des couches optiques et non des corps striés. Hergteiehende anatomie des gehirns der grdtenfisehe. Dans Archiv. fur Physiologie, etc., de J. Muller, i835, p. 244.
neuvième leçon. — cerveau des animaux vertébrés.
I une extérieure grise, dont les fibres aboutissent pour la plupart au nerf optique; l’autre intérieure, blanche, dont (es fibres dirigées transversalement semblent sortir des corps cannelés.
Sous la voûte commune de ces lobes creux, il y a tantôt deux, tantôt quatre tubercules, qui varient pour la figure et pour les proportions, et qui présentent une analogie frappante avec les tubercules quadrijumeaux.
Le plafond de ce ventricule commun est formé par l’union de deux lobes creux sur la ligne médiane (1). Quelquefois il ne recouvre pas en entier les tubercules de leur cavité, comme on le voit dans la carpe, par exemple, où ces tubercules sont très-volumineux. L’uiiion des deux lobes est marquée sur la ligne médiane par des stries transversales très-apparentes dans certaines espèces, et qui, dans les harengs , par exemple , forment en arrière un triangle très-marqué; mais dans aucun poisson celte commissure transversale n’est aussi apparente que dans la carpe, où elle remplit eu avant un large espace triangulaire. On la retrouve moins étendue dans d’autres cyprins. Cette commissure a quelque chose de comparable au corps calleux, et M. Gottsche lui donne, en effet, ce nom (2).
Sous cette espèce de corps calleux est une arête saillanle, qui a aussi quelque chose de comparable à la voûte, et qui, née au-devant de la commissure antérieure par deux pelils piliers contigus, va s’attacher, soit en arrière des tubercules iutraventriculaires, soit à ces tubercules eux-mêmes (3) L’orphie nous l’a présentée bien développée; on la retrouve dans les autres brochets, dans les cyprins, les dupes , etc.
Sur le plancher du ventricule des lol es creux, il y a une commissure qui les unit à leur partie antérieure. Entre cette commissure et les tubercu-
ti) M. Gottsche, loc. cit., p. 264, appelle ces lobes creux les lobes optiques, et il cou-idcre leur ventricule comme réunissant à la fois les deux ventricules latéraux et le troisième ventricule. Mais cela ne peut être, puisqu’on trouve sur le plancher de ce ventricule l’ouverture du troisième, comme nous le dirons plus bas.
(2) Cuvier, Uist. nat. des poissons , p. 421; Gottsche, mèm. cit., p. sG3, Bg. 20, 29, 54 et 55.
(3) Cuvier, ouv. cit., p. 42.4. — Gottsche, loc. cit. — M. Gottsche n’hésite pas à appeler cet appareil la voûte ,
fornix, comme il appelle la commissure au-dessus corps calleux. — Ou ne peut se dissimuler cependant que ces noms communs, donné» à des parties dont les rapports d’origine et de situation ne sont pas les mêmes dans le cerveau des quatre classes, et ces assimilations dans le détail, quand l’assimilation dans l’ensemble n’est pas certaine, ne soient propres à produire de la confusion; mais il y a lieu, en même temps, de s’étonner que M. Gottsche n’ait pas adopté le nom il’ hémisphères pour désigner les lobes creux, lui qui n’hésite pasà y reconnaître
les conlenus dans leur cavité, on voit l’ouverture du troisième ventricule, qui conduit, comme à l’ordinaire, à l’infttndibulum et à la glande pituitaire.
Plusieurs anatomistes (4) prennent les lobes creux pour les hémisphères du cerveau d’autres (5) pour les tubercules bijumeaux des oiseaux et des reptiles. Il y a de fortes raisons pour et contre chacune de ces déterminations. Les lobes creux donnent naissance par leur surface à une partie des fibres du nerf optique, et la glande pinéale, lorsqu’elle existe, s’élève au-devant d’eux. Cela porterait à les regarder comme lesanologues des tubercules quadrijumeaux; mais dans celte hypothèse, le troisième ventricule et l’infundibulum subiraient une grave transposition, et seraient reportés en arrière. Que sont aussi dans cette opinion tous ces organes compliqués que contient le ventricule des lobes creux?
Pour l’assimilation aux hémisphères, on peut s’appuyer sur la complication de la structure de ces lobes; sur l’existence, à leur intérieur, d’un corps cannelé d’où part une membrane fibreuse; sur la position de la commissure antérieure, et sur l’ouverture du troisième ventricule, eu arrière de cel te commissure ; sur la position des lobes olfactifs au-devant des lobes creux, comme dans les reptiles ; enfin sur les tubercules de leur intérieur, qui ressemblent, soit par leur rapport avec le cervelet, soit par leur position au-dessus de l’aqueduc dé Sylvius, et même par leur ligure, aux tubercules quadrijumeaux des mammifères et à ceux du python parmi les reptiles. Mais dans cette hypothèse la glande pinéale serait portée en avant, eulre les hémisphères et les lobes olfactifs, ce qui constituerait une transposition des connexions non moins grave que dans l'hypothèse précédente (6).
A quelque détermination que l’on s’arrête, les lobes que nous étudions présenteront donc tou-
un corps calleux, une voûte et des couches optiques.
(4) Camper, Elmt, MAI. Cuvier et Duméril, r ' édit., MAI. Weber et Fenner.
(5) Arsaky, M. Serres, Desmoulins.
(S) M. Nat. Guillot, dans un intéressant ouvrage qu’il vient lie publier (£xp. anal, de l'orgtmis. du centre netv. dans les quatre classes d’animaux vert., iu-40, avec pb, 1.344), rend compte de cette position variée de b. glande pinéale a l’aide d’une supposition ingénieuse II croit pouvoir admettre que la lamelle cérébrale qui recouvre l’aqueduc de Sylvius, et qui porte Ies tubercules quadrijumeaux et la glande pinéale, a pour son extrémité antérieure jra point d>ttaclie qui va,.ie selon les classes d’animaux : ainsi cette lame s’attacherait t-inlôtà l’une, tantôt à l’autre des trois masses de matière grise qui, selon l’auteur, représentent dans tous les cerveaux les hémisphères, les corps striés et les couches optiques ; et ces variations du point d’attache expliqueraient les changements de rapports qui s’observent dans les parties fondamentales du cerveau des diverses classes.
ARTICLE HUITIÈME. - CERVEAU DES POISSONS
jours des caraclères particuliers qui rendront l'analogie douteuse, et il semble dès lors préférable de les désigner simplement par le nom de lobes creux (1).]
En avant de ces lobes, les nerfs olfactifs forment des renflements ou des nœuds dont le nombre varie, et qui sont souvent si volumineux que plusieurs auteurs les ont pris pour le véritable cerveau. [La surface de ces lobes est quelquefois marquée de dépressions qui y forment comme des circonvolutions confuses. Ils communiquent généralement l’un avec l'autre par une commissure placée à leur partie postérieure (2). Quelquefois il yen a une autre plus antérieure j quelquefois enfin les deux lobes sont entièrement soudés l’un à l’autre. Mais ies lobes placés en avant de ceux-ci dans quelques genres, au nombre de une ou deux paires, u’ont jamais de commissure.
Les anatomistes qui regardent les lobes creux comme représentant les tubercules quadrijumeaux, prennent la première paire des lobes antérieurs pour les véritables hémisphères, et les lobes olfactifs ne seraient que les paires placées au-devant de celles-ci. Par conséquent, les lobes olfactifs n’existeraient pas toujours, ou du moins ils seraient reportés à l’extrémité du nerf, et ne se trouveraient plus à son origine. On voit que dans celte hypothèse la glande pinéale occuperait sa place régulière; mais les hémisphères seraient des masses solides et sans ventricule, ce qu’on n’a vu encore dans aucune classe.] -
En arriére du cervelet sont presque toujours des tubercules qui paraissent donner naissance à plusieurs paires de nerfs, et qui sont souvent aussi
(i) Cette impossibilité d’établir une détermination qui ne soit pas contestable par de très-bonnes raisons a fini par frapper les anatomistes ; et sans poursuivre davantage, quant à présent, des aualogies qui nous échappent, ils sont rentrés dans ta voie patiente de l’observation. C’est ce qu’a l'ait M. Gottsehe dans le grand travail que nous avons déjà cité. Cet habile anatomiste préfère, comme M. Cuvier, attribuer aux lobes qui nous occupent un nom particulier, et qui ne décide pas de leur analogie avec des parties du cerveau des autres classes: seulement il n’adopte pas le nom de lobes creux, par ta raison quecenora n’est pas suffisamment précis, puisque le cervelet est aussi un lobe creux; il préfère donc le nom de lobes optiques. Mais il y a une bien plus grave objection contre ce dernier nom, c’est qu’il a déjà été aPpliquéanx mômes parties par d’autres anatomistes et î,vec un autre sens : ainsi M. Serres, qui appelle lobes optiques les tubercules quadrijumeaux des mammifères et les tubercules bijnmeaux des oiseaux et des reptiles, appelle également lobes optiques les lobes creux des poissons, parce que pour lui ces lobes creux sont les analogues des tubercules quadrijumeaux ou bijnmeaux. Mais il est à craindre qu’eu adoptant le nom sans adopter l’analogie, comme le font M. Gottsehe et quelques au-
consitlérables que les lobes creux. Il y a quelquefois entre eux un tubercule impair qui forme comme un second cervelet. [Ces lobes, que l’on peut appeler lobes postérieurs , diffèrent par le nombre et la configuration, comme on le verra plus loin. Les classes supérieures n’en offriraient tout au plus que des vestiges, si l’on voulait adopter l’opinion de ceux qui les*, ont comparés au tamia grisea des frères Wenzel, on à un cordon médullaire qui borde le quatrième ventricule derrière le cervelet ; mais ils en seraient dans ce cas un développement prodigieux (5). Us paraissent surtout en rapport avec le volume du nerf vague.
A la face inférieure du cerveau des poissons on voit les nerfs olfactifs et les lobes antérieurs auxquels ils tiennent ; l’entrelacement des nerfs optiques: derrière ceux-ci l’infundibulum, qui s'étend en pointe plus ou moins allongée entre les deux lobes inférieurs (4). Il est partagé en deux lèvres par nue fente longitudinale qui communique dans le troisième ventricule. Aux côtés de l’iufundibulum et en arrière, sont les deux lobes inférieurs , généralement assez grands, en forme d'ovale ou de rein, et séparés de la moelle allongée par un sillon quelquefois profond. Ils fournissent des fibres au nerf optique; ils sont le pins souvent pleins, et quelquefois creusés d’un ventricule qui communique avec le troisième, et avec le ventricule commun des lobes creux.
Ces tubercules paraissent propres aux poissons, bien que quelques anatomistes les aient assimilés aux éminences mamillaires de l’homme (5).
Les lobes inférieurs s’étendent un peu sous la partie antérieure de la moelle allongée; quand on
leurs après lui, on n’amène dans la description du cerveau des vertébrés une confusion très-fâcheuse.
(2) Cuvier, Hist. nat. des poissons, t. I, p. 42b, pb VI, %• 9'
(3) Cuvier, Hist. nat. des poissons , 1. 1, p-433. La plupart des anatomistes ont. regardé les lobes postérieurs comme propres aux poissons. Weber seulement, comme nous l’avons dit, les a pris pour le cervelet.
(4) Cette partie, que M. Cuvier appelle X'infundibulutn, M. Gottsehe la décrit (foc. cit, p. 293) sous le nom de trigonum fissum. 11 la regarde avec raison comme l’analogue du luber cinereum et de l 'espace criblé dans le cerveau de l’homme.
(5) Dans la i'c édition, MM. Cuvier et Duméril nommaient ces lobes les conehes optiques, et disaient : « Les couches optiques sont constamment situées, comme dans les oiseaux, au-dessous des hémisphères. Elles sont plus petites qu’eux, et contiennent aussi chacune un ventricule. » — Dans son Histoire naturelle des poissons, t. I, p. 43 1 , M. Cuvier n’insiste pas snr cette détermination de la première édition; mais il repousseja comparaison avec les éminences mamillaires qui manquent dans les oiseaux et dans les reptiles, et qui reparaîtraient ainsi dans les poissons plus grandes que dans les mammi-
NEUVIÈME LEÇON. — CERVEAU DES ANIMAUX VERTÉBRÉS
les soulève, on trouve au fond de leur angle d’union avec la moelle une commissure particulière, que M. Gollscbe a décrite sous le nom de commissura ansutala : elle parait, eu effet, composée de trois anses fibreuses, se touchant par leur sommet sur la ligne médiane. L’une de ces anses est longitudinale; elle semble la terminaison élargie du sillon antérieur de la moelle, et est formée par les deux faisceaux blancs ou les pyramides qui longent le sillon. Les deux autres anses sont transversales; elles sont formées, de chaque côté, par un petit cordon fibreux replié sur lui même, et dont les deux chefs, après avoir embrassé dans leur concavité, près de la ligne médiane, le nerf oculaire commun, pénètrent dans l’épaisseur du lobe creux en croisant son pédoncule (1).
Une autre commissure, placée en avant de l’infundibulum, unit l’un à l’autre les nerfs optiques, et aussi les lobes inférieurs. M. Gotlsehe la nomme commissure transversale de Haller ( 2).
La moelle allongée présente avec une remarquable constance les mêmes parties que la moelle des autres classes. A la face supérieure, deux cordons voisins du sillon médian, ou les pyramides supérieures; plus en dehors, les corps resliformes : dans le maquereau, des fibres transverses bien visibles unissent en arrière les deux pyramides postérieures. A la face inférieure, l’origine de la moelle allongée est marquée par l’apparition, dans son épaisseur, d’une forte proportion de substance grise qui se montre au dehors. Ou voit sur la ligne médiane les pyramides antérieures, et en dehors de celles-ci un ruban blanc qui occupe la place des olives (3), et qui se recourbe bientôt en dessus, entre le cervelet et le lobe creux, comme nous avons déjà vu un faisceau analogue le faire dans la tortue franche. A la naissance de la moelle allongée en dessous, on voit, notamment dans le maque-
fères. « J’ai peu vu, dit-il, dans la série des êtres, de ces résurrections d’organes se remontrant subitement dans une classe, après avoir disparu dans une ou deux de celles qui la précèdent dans l'échelle. »
(i) Tout ce petit appareil de commissure est trèsdistinct. Les recherches doivent être faites sur le cerveau frais, avec une grande attention, et sous l'eau. C est le seul moyeu d’obtenir que les parties extrêmement pulpeuses de l’encéphale obéissent aux directions du scalpel. 11 faut beaucoup de soin pour ne pas détacher l’origine extrêmement molle de l’oculo-moteur. M. Gottsclie considère cette commissure comme un véritable pont de Parole. Il y a quelquu ressemblance de position, à la vérité, mais les cordons qui forment cette commissure ne nous ont para avoir aucune espèce de relation avec le cervelet.
Loc. cil., p. 44a. M. Gottsche signale l’oubli où, depuis Haller, les anatomistes ont laissé cette commissure importante. 11 remarque, avec raison, que M. Cuvier n’en parle pas dans son Histoire naturelle des pois-
reau, dans le chaboisseau ( cottus scorpius) et le dorsch (gadtis cullarias), des fibres blanches transversales qui se réunissent en un faisceau qui va s’unir au nerf trijumeau (4).
Le plancher du quatrième ventricule laisse voir des sillons longitudinaux qui marquent la division des faisceaux de la moelle ; les externes se rendent dans les lobes creux, et en forment la lame interne en s’épanouissant dans le corps cannelé ; les faisceaux internes ou médians se rendent dans les lobes antérieurs. Le quatrième ventricule est quelquefois recouvert, et ses bords sont souvent garnis par les lobes particuliers qui se développent derrière le cervelet, et dont nous parlerons en détail plus loin ; de sorte qu’il peut y avoir au-dessus de ce ventricule deux voûtes superposées, l’une fournie par le cervelet, et l’autre par les lobes postérieurs; quelquefois encore, comme dans \e chaboisseau, à défaut de ces lobes, il y a derrière le cervelet une lame de substance grise qui forme une commissure au-dessus du quatrième ventricule.
La glande pinéale existe dans tous les poissons (5) sous la forme d’un petit globe de matière grise, très-distinct dans Y anguille et le congre , moins apparent dans d’autres espèces, et inséré entre les lobes creux et les lobes antérieurs, par deux petits cordons médullaires, soit vasculaires, soit membraneux. Souvent, au point d’insertion de ces filets, il y a un petit renflement tuberculeux.
La glande pituitaire est également constante, et, en général, plus grande relativement à l’encéphale que dans les autres classes. Elle est tantôt allongée, comme dans la monte et les autres garles; tantôt arrondie, comme dans les poissons plots . quelquefois, comme dans la baudroie, l’infundibulum se prolonge en un filet grêle, et la glande pituitaire est fort loin en avant (6). Souvent, enfin, la glande
sons. Nous la trouvons cependant très-bien représentée dans plusieurs ligures du cerveau de la morue, dessinées de la main de M. Cuvier. M. Gottsche décrit encore, sous le nom de J'ascia lateralis, un faisceau fibreux qui irait de la commissura ansulata à la cotntnissUra trans versa Halleri. Nous n’avous pu voir ce faisceau sous le troue des nerfs oculo-moteur et pathétique qui passent entre le lobe inférieur et le lobe creux.
(3) Meckel et M. Gottsche nomment ce faisceau ruban tle Retl .
(4j M. Gottsche croit que quelques filets vont aussi s’unir au nerf vague. Nous ne l’avons pu voir distinctement.
;5) Cuvier, ouv. cit ., Gottsche, Mém. cit., p. 455.
(6) M. Cuvier ( llist , nat. des poiss., t, I, p. 434) attribue la même disposition a l 'aigrefin, peut-être d’après M. Serres, qui représente, en effet (ouv. cit., atlas, fig. 181, i84)> Ie cerveau de l’aigrefin avec un infuudibulum plus long encore quedans la baudroie. M. Gottsche affirme cependant {mém. cit., p. 434) que ni l’aigre-