‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 195 sur 367 · ARTIC1E HUITIÈME. - CERVEAU DES POISSONS · texte numérisé non relu

ARTIC1E HUITIÈME. - CERVEAU DES POISSONS

pituitaire est accompagnée, et notamment dans les raies, les godes, les pleuronectes , le cycloplère, les coraux, les trigles, les murènes, les gobies, d’appendices membraneux et vasculaires que quelques auteurs ont pris pour une seconde glande (I).]

Le cerveau des poissons est toujours très-petit à proportion de leur corps, il ne remplit jamais entièrement la cavité du crâne. Mais ce vide entre le crâne et le cerveau est beaucoup moindre dans les jeunes sujets que dans les adultes, ce qui prouve que le cerveau ne croit pas dans la meme proportion que le reste de leur corps (2).

[La description générale que nous venons de donner de l'encéphale des poissons, et qui s’applique principalement aux poissons osseux, n’en fait encore connaître que les parties constituantes, et l’on n’en aurait pas une idée complète, si nous n’y ajoutions le détail des différences qu’on observe fréquemment d’un genre à l’autre. Mais nous avons auparavant à dire quelques mots

B. Des poissons cartilagineux.

Leur cerveau, si l’on en excepte les cyclostomes, qui offrent une structure particulière, présente beaucoup moins de difficultés pour être rapproché de celui des reptiles. La paire de lobes qui est en avant du cervelet, ou les lobes creux, sont simplement creusés d’un ventricule communiquant avec l’aqueduc de Sylvius, et n’ont plus la structure compliquée des lobes creux des poissons osseux. Devant ces lobes, le cerveau offre un étranglement, et laisse voir non recouverte l’ouverture de l’infundibulum et de l’aqueduc; plus en avant encore est une paire de lobes, presque en entier soudés en un seul, mais cependant creusés d’un petit ventricule où pénètre de chaque côté un petit plexus choroïde, et qui communique par un canal avec les lobules olfactifs placés plus en avant sur leur côté. On voit donc qu’à part la forme souvent étrange de ces lobules olfactifs, à part surtout la soudure des deux lobes antérieurs, on aurait ici, dans les mêmes relations et dans la même position que dans les reptiles, un cervelet, des tubercules quadrijumeaux creux et surmontant l’aqueduc, des couches optiques rudimentaires formant Vaditus ad in/ïutdiliuluin, des hémisphères creux, et dont la cavité se continue dans les lobules olfactifs ; mais

on voit en même temps, et sans que nous ayons besoin d’y insister, quelles différences il y a entre un cerveau de cartilagineux et un cerveau de poisson osseux, et combien il est difficile d’en comparer sans contestation les différentes parties. Si l’on voulait absolument rapprocher les cerveaux de ces deux classes, on pourrait dire que le cerveau d’un cartilagineux est un cerveau de poisson osseux, auquel il manque la membrane externe des lobes creux, et qui, par suite, montre à découvert l’infundibulum et les tubercules quadrijumeaux de son intérieur (5).

Quoi qu’il en soit, et pour mettre de la clarté dans l’exposé qu’il nous reste à faire des différences de forme, de proportion et de nombre qu’offrent les parties de l’encéphale des poissons, nous désignerons uniformément par le nom de lobes creux, dans les deux séries de poissons, les lobes placés au-devant du cervelet, et par celui de lobes olfactifs, les paires placées plus en avant. ]

Les cerveaux des différentes espèces de poissons peuvent différer entre eux : premièrement, par le nombre et la forme des nœuds du nerf olfactif ; deuxièmement, par le nombre et la forme des éminences contenues dans l’intérieur des lobes creux; troisièmement, par la forme du cervelet ; quatrièmement, par les tubercules situés en arrière du cervelet ; [cinquièmement, par le volume, la forme et la structure des lobes inférieurs.] Nous allons les examiner sous ces différents rapports.

1° Lobas olfactifs .

[Leur surface est quelquefois sillonnée de circonvolutions, comme dans l' anguille , dans le surmulet, et surtout dans la morue.}

Dans les raies et les squales, ces nœuds sont soudés ensemble en une seule masse, généralement plus large que longue, et qui surpasse du double les lobes creux en grandeur. [Cette proportion est plus forte encore dans le requin (Sq. carcharias), où les deux lobes forment une masse globuleuse très-considérable. ] Leur intérieur est entièrement formé d’une substance médullaire homogène, avec une petite cavité à sa partie inférieure. De chacune de scs parties latérales dans les raies, dans le requin, dans d’autres squales, ou de son extrémité antérieure dans la leiche , part le nerf olfactif [qui,

lin ni aucun autre gade ne lui ont offert un semblable pédicule à la glande pituitaire.

(>) M. Gottiche décrit cet appendice sous le nom de saccus 'vasculosus .

(.2) Cuvier, Hist. nat. des poissons, t. I, p. 4'i(>-

(3) M. le professeur Stanuius, dans un travail sur le cerveau de l’esturgeon ( Archives de J. Mitller, 1843, p. 36 J, compare, comme nous venons de le faire, les lobes creux des cartilagineux, qu’il appelle lobes optiques, aux lobes optiques des oiseaux et des reptiles.

c’est-à-dire aux tubercules quadrijumeaux; mais il les croit différents des lobes optiques des poissons osseux. Ce rapprochement doit faire sentir l'inconvénient de donner le même nom de lobes optiques à des parties que l’on regarde comme différentes, non - seulement d’une classe à l’autre, mais dans la meme classe, et ou comprendra qu’à défaut du nom à' hémisphères , auquel on peut reprocher d’être l’expression d’uue théorie contestable, nous préférions celui de lobes creux , qui n’expose à aucune équivoque.

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après s’être plus ou moins aminci, et après un trajet plus ou moins long, se renfle encore avant de sortir du crâne, en un tubercule de volume et de forme variable, communément éloigné de son congénère. Dans la leiche, ce second tubercule est ovoïde et séparé du premier par un pédicule court. Dans la grande roussette, qui a le museau obtus, c’est un ganglion semi-lunaire, qui est placé sur le côté même de la première paire de lobes, et qui s’en détache à leur partie postérieure, de sorte que le lobe olfactif parait composé de trois lobes, un médian et deux latéraux ; chacun des latéraux entre en se bifurquant dans la narine, dont il n’est séparé que par une cloison membraneuse. ]

Dans Vesturgeon, les lobes olfactifs sont allongés, étroits. [Il y a une paire de nœuds ou tubercules au-devant de la paire principale. Il y a également deux paires de lobes, mais plus larges que longs, dans la ntyxine glutinosa et le bdellostoma hexatrema (]).] Les lobes olfactifs sont simples, ovales et plus petits que les creux dans le cycloptvre et le tétrodon lune. Le genre gade, c’est-à-dire les morues, les merlans, les a simples, arrondis. Ils sont même dans la morue presque aussi grands que les lobes creux, l.es labres et tout le genre cyprin, c’est-à-dire les carpes, les barbeaux, les tanches, etc., les ont aussi simples et arrondis ; mais on y voit un sillon léger qui leur donne la forme d’un rein. Dans les pleuronectes . les harengs, les brochets , les perches, et tout le genre des saumons, qui cornprend les truites cl les èperlans, [dans Vuranoscope le spot, le surmulet, les chabots, les scorpènes, les épinochcs, les spares, le thon, l'espadon, les centronotes, les caranx, les sens, les corgphènes, les rubans, le muge, la blennie vivipare, les gobies , les cent risques, les exocets, l'echeneis, Véquille, les syngnathes, ] il y a deux paires de nœuds dont l’anterieure est plus petiteque l’autre, mais qui n’égaient point le volume des lobes creux; eulin, dans le genre des anguilles, il y a trois paires de ces nœuds, qui vont en diminuant de grosseur à commencer près des lobes creux : ce qui fait que leur cerveau présente en tout dix tubercules en avant du cervelet, dont huit supérieurs et deux inférieurs. [ La première paire des lobes olfactifs est plus grande dans l 'anguille que les lobes creux. Mais il n’en est pas de même dans la vive et le maquereau, qui ont aussi deux autres paires de nœuds ou tubercules de grandeur décroissante, en avant de la première.]

2° Eminences de l’intérieur des lobes creux ou hémisphères.

a. Les corps cannelés ne sont pas sensibles dans les poissons cartilagineux, où l’intérieur du ven-

(i) J. Muller. Uber den bau des gehororganes bei den cyclostomen. Berlin, in-f», i838, pl. IJ.

tricule ne présente aucune éminence. Dans la plupart des autres poissons ils représentent deux arcs de cercle, dont la concavité est dirigée en dedans, et du bord convexe desquels partent des stries médullaires très-fines, qui se prolongent transversalement sur les parois internes du ventricule. Ces corps cannelés sont plus ou moins larges Selon les espèces. Ils forment deux ovales saillants dans le merlan. Leur extrémité antérieure se rapproche davantage de la ligne moyenne que la postérieure. Un peu plus en avant qu’eux est la commissure antérieure du cerveau. Entre eux est un sillon qui conduit dans le troisième ventricule. La portion supérieure de chaque hémisphère n’est, comme dans les autres animaux vertébrés, qu’un appendice de ees corps cannelés, qui se recourbe en dessus pour former une voûte.

b. Les tubercules semblables aux quadrijumeaux n’existent pas dans les poissons cartilagineux. Dans les anguilles, dans Je congre, dans les godes, il n’y en a qu’une seule paire qui forme une éminence demi-ovale en avant du cervelet entre les extrémités postérieures des corps cannelés. Mais le trèsgrand nombre des poissons osseux, notamment les brochets, les truites et saumons , les perches, les dupées, les tètrodons , les trigles, en ont deux paires, qui forment quatre petits tubercules arrondis, dont les postérieurs sont un peu plus gros.

Dans le genre des carpes il y a aussi quatre tubercules, mais très inégaux : les postérieurs sont petits et arrondis; les antérieurs sont extrêmement allongés en forme de cylindres, et se recourbent en dehors et en arrière pour suivre la courbure des ventricules latéraux dont ils remplissent toute la capacité. Leur face postérieure est marquée d’un sillon longitudinal.

[Dans le maquereau, c’est la paire postérieure qui est la plus grande; elle se courbe en avant, et est marquée d’une ligne longitudinale qui lui donne l’aspect d’une anse intestinale. Cet aspect est bien plus marqué encore dans le thon, où, au lieu de tubercules, on voit une masse divisée eu trois lobes, qui eux-mêmes ont chacun un sillon, en sorte qu elle représente un cylindre qui aurait six replis (2). ]

5° Cervelet.

Le cervelet des poissons ne recouvre pas seulement le quatrième ventricule : cette cavité s’élève aussi dans sa substance. 11 est tantôt arrondi et tantôt plus ou moins approchant de la forme conique, Dans ce cas, on voit, comme dans la perche la morue , la carpe, sa pointe se recourber un peu eu arrière, et lui donner la forme d’un bonnet

(2) Cette disposition est représentée dans une figure du cerveau du thon, publiée par M. J. Muller dans son

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phrygien; [d’autres fois, comme dans le maquereau, le silurus glanis, Yecheneis, le thon, le sommet du cervelet se recourbe en avant, et recouvre tout ou partie des lobes creux. Dans le thon, son développement est si considérable, <pt il se porte en avant sur les lobes creux et les lobes olfactifs jusqu’à l’extrémité antérieure de ceux-ci. Sa largeur est un peu moindre que la moitié de sa Ion ■ gueur. Dans les cartilagineux, le cervelet prend des formes et des volumes très-différents. Il est grand et semblable à un cervelet d oiseau dans le requin ; ovoïde dans la roussette et la leiche ; ovale, lobé et aussi très-volumineux dans les rates ; d’autres fois, comme dans les esturgeons cl les lamproies, il est réduit à une barre transversale.

l e plus ordinairement le cervelet des poissons est lisse. Cependant celui du requin carcharias est partagé par des sillons transversaux rapprochés et de profondeur inégale tout à fait comparables à ceux des oiseaux. 11 y a aussi des sillons transversaux dans le cervelet du thon , mais bien moins nombreux et moins profonds. On ne voit dans l’intérieur du cervelet d’autres vestiges d’arbre de vie que quelques lignes blanchâtres, fournies par un axe médullaire qui envoie des ratnuscules de même nature dans la matière corticale (1).]

4° Tubercules situés en amère du cervelet.

Ces tubercules sont propres aux poissons , à moins qu’on ne les regarde comme tenant la place des éminences olivaires (2).

[Les variétés de leurs formes, de leurs proportions et de leurs connexions sont très-nombreuses. Dans les raies, les squales, 1 "‘esturgeon, ce sont des cordons qui prolongent de chaque côté le bord libre du cervelet, en se repliant sur eux-mêtnes d’avant en arrière, pour border le quatrième ventricule.

Dans la plupart des poissons, ce sont deux tubercules ou renflements des côtés delà moelle derrière le cervelet, lesquels se touchent par quelque point ou s’unissent par une commissure, et forment ainsi sous le cervelet une seconde voûte pour le quatrième ventricule. ]

La carpe les a aussi grands que les lobes creux, en forme de reins, et entre eux un gros tubercule arrondi qu’on pourrait nommer second cervelet, mais qui tient immédiatement à la partie dorsale de la moelle allongée, et qui ne reuferme aucun ventricule. [On y distingue deux bosselures eu avant, et leurs parties latérales sont striées transversalement.

Mémoire sur les cyclostomes, d’apres un dessin de la main de M. Cuvier.

(t) Cuvier, Hist. nat. des poissons» t. I, p. 4^3- (2) Voyez ci-dessus, p. 457.

Dans le surmulet , les lobes postérieurs sont aussi très-grands, et leur surface est sillonnée par des circonvolutions. ]

Dans le merlan et la monte, ils sont ovales, placés tout à fait au-dessus de la moelle; il en est à peu près de même dans l 'anguille et le congre.

Ces parties sont peu sensibles dans les brochets, les truites, les saumons et les perches, [ mais dans les trigles, le nombre des renflements va jusqu’à cinq de chaque côté, et ils Forment comme un chapelet de tubercules arrondis, qui égale presque en longueur le reste de l’encéphale. La deuxième paire de nerfs spinaux sort du dernier de ces tubercules (ô). ]

5» Lobes inférieurs.

[Ces lobes paraissent propres aux poissons ; ils existent dans tons. Us sont assez grands, en forme d’ovale ou de reins ; tantôt pleins, comme dans la vive , Vuranoscope, la scitrpèue, l 'espadon, la môle ; tantôt creusés d’un ventricule, comme dans les perches, le surmulet , le thon , le maquereau, les trigles, les caranx, les gobies , les cyprins, les saumons, les pleuronectes. les syngnathes , les raies et les squales. Ce ventricule communique avec le troisième, et par son intermédiaire avec le ventricule commun deslobes creux. Quelquefois,comme dans le surmulet et le requin, les lobes inférieurs ont leur surface sillonnée ou lobée. Dans 1 esturgeon , ils paraissent réunis en un seul (4).]

6° Origine des nerfs.

Dans les poissons, les nerfs olfactifs ne sont que la continuation des nœuds placés en avant des lobes creux. [Ils sortent de la partie inférieure du lobe olfactif, cl sont en relation avec la commissure transverse de ces lobes. Ils varient pour leur grosseur et leur composition ; quelquefois très-fins et comme capillaires ; d’autres fois très-gros, et en même temps ne formant qu’un seul cordon; d’autres fois, enfin, composés de filets réunis en deux, trois faisceaux ou plus. Quand ils ne se renflent pas à leur sortie do lobe olfactif, ils offrent, comme dans la carpe, un renflement ganglionnaire à leur extrémité, avant de percer la membrane pituitaire.] Le trajet qu’ils parcourent avant d’arriver aux narines est souvent très long.

Les nerfs optiques naissent par plusieurs origines. La principale est formée par les fibres de la couche extérieure des lobes creux. Us en reçoivent aussi du lobe inférieur (5) ; d’autres de la

(3) Cuvier, Hist. nat. des poissons, t. I, p. 43z.

(4) Stannîus, Mém. cit., j>, 37.

(5) M. Gottsche met eu doute cette communication du nerf optique avec les lobes inférieurs, qu’il u’a pu

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moelle allongée ; d’autres enfin du lobe antérieur, comme on le voit dans les raies (1). Ces nerfs sont très-gros, et composés, tantôt de plusieurs filets distincts, tantôt d’un seul ruban aplati, qui est quelquefois plisse longitudinalement sur luimême pour remplir le tube que lui donne la duremère. Us se croisent sans se confondre, en sorte qu’on voit clairement [dans la plupart des poissons] que celui du côté gauche se rend à l’œil droit, et réciproquement. [Mais dans les raies, les nerfs optiques sont unis au point que leur croisement est aussi problématique que dans les mammifères (2). Dans le hareng , le nerf optique gauche traverse le droit dans son épaisseur pour le croiser.

Nous avons déjà parlé de la sortie de la troisième paire, dans I anse de la commissura ansulala. près de la ligne médiane, et au point d'union de la moelle allongée avec le lobe inférieur j la quatrième paire nait entre le cervelet et les lobes creux, quelquefois un peu sur le côté. Nous avons indiqué le faisceau inférieur de la moelle, qui remonte vers celle origine.

Ces deux paires, ainsi que la sixième, manquent entièrement dans les myxino'ides, selon M. J. Muller.]

Le nerf de la cinquième paire a son origine si près de celle du nerf acoustique, qu’il semble n’en former qu’un seul avec lui. [Il liait sur le côté du quatrième ventricule, tout près de la partie antérieure des lobes postérieurs. Dans les sguales, les deux branches d'origine, l’une supérieure, l’autre inférieure, sont remarquablement distinctes ; dans la leiche surtout, où le quatrième ventricule est très-allongé, et les origines des nerfs très écartées l’une de l’antre, la racine supérieure du trijumeau sort sous la forme d’une grosse branche arrondie du cordon supérieur de la moelle. Nous avons déjà parlé du petit trousseau de fibres transverses que reçoit ce nerf de la face inférieure de la moelle allongée.

La sixième paire, fort grêle, naît, comme à l’ordinaire, à la face inférieure de la moelle allongée,

observer. Nous la trouvons représentée de la façon la plus évidente dans des dessins du cerveau de la morue, faits de la main de M. Cuvier.

(r) Cuvier, Hist. nat. des poissons , t. I, p. i '2 3 .

(a) Cuvier, llist. nat. des poissons, t. I, p. 435.

(3) M. Cuvier, qui s’exprimait ainsi, et avec raison, dans la première édition de cet ouvrage, ne parle cependant pas du facial dans le cliap. V de son Histoire naturelle des poissons, t. I, p. 436. Mais à la page 44o du même volume, il en fait remplir les fonctions par une branche de la cinquième paire, qu’il appelle branche operculaire. Buchner, dans son Mémoire sur le système nerveux du barbeau, Mémoires de la soc. d’hist. nat. de Strasbourg, t. Il , ne dit rien non plus du facial. M. Gottsche, Mém. cit., p, 477, dit qu’il n’existe pas. Il

près de la ligne médiane, et à peu près entre les racines de la cinquième.

Nous avons dit que la huitième paire, ou l’acoustique, naît si près de la cinquième, que ces nerfs semblent n’avoir qu’une origine commune. Dans 1 animal Irais, cependant, on distingue les cordons propres à chacun d’enx. La division de l’acoustique en deux branches, au moment de son origine, comme on le voit dans la morue, a fait admettre par plusieurs auteurs un nerf accessoire de l’auditif.]

Le facial est en revanche très-distinct du nerf acoustique (3). [Il est très-fin à son origine. On le voit, dans la morue , naître à la face inférieure de la moelle, et plus loin, en arrière, que l’acoustique. On le reconnaît à son trajet à travers l’oreil’e, et à sa sortie sur la joue pour s’upir à la cinquième paire. Dans les sguales, son origine est également très-distincte entre l’acoustique et le vague.]

Le nerf vague est très-gros. [Il naît dés côtés de la moelle par plusieurs filets sortant sur une ligne longitudinale sous les lobes de derrière le cervelet, et qui s’unissent bientôt en un ganglion avant de se subdiviser. Souvent, comme dans la morue, le filet le plus antérieur est un peu plus en avant et un peu plus haut que les autres, auxquels il s’unit après un court trajel. C’est l’analogue du glosso pharyngien. Dans la leiche, parmi les squales, le même filet se distingue, par son volume, de tous ceux qui le suivent et qui forment par leur réunion le nerf vague proprement dit. Enfin, derrière celui-ci, un filet très distinct dans l'ange et dans la leiche, et qui nait de la moelle par sept ou huit radicules, dont la dernière et la plus longue se recourbe en anse, vient s’accoler au nerf vague pour sortir avec lui du crâne. 11 représente clairement l’accessoire de Willis (4). Nous avons retrouvé le même filet, mais plus grêle, dans la grande roussette.

Le dernier des nerfs du crâne, ou l’hypoglosse, naît de la moelle allongée par deux racines (5), l’une supérieure plus grêle, l’autre inférieure, et il sort, comme à l’ordinaire, par un trou de l’occipital.]

nous paraît cependant en faire mention, mais ne pas le distinguer du glosao-pharyngicn. L’extrême rapprochement des trijumeau et vague à leur origine, dans beaucoup de poissons osseux, fait que le facial ne se distingue pas aisément de l’un ou de l'antre, et explique cette divergence dans les opinions des anatomistes.

(4) M. Cuvier ne parle pas de l’accessoire. MM. Weber {de aure et auditu) et Bischoff ( Mém. cit , p. 5i) l’ont méconnu. Ils décrivent comme l’accessoire un nerf qni ne mérite évidemment pus ce nom, car ils lui donnent des origines toutes différentes de celles de l’accessoire dans les autres classes, et le fout venir entre autres de la cinquième et de la huitième paire, et même de l’acoustique.

(5) Büchner, Mém. cit., p. 28.

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