‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 22 sur 367 · ARTICLE QUATRIÈME. — DES JONCTIONS DES OS · texte numérisé non relu

ARTICLE QUATRIÈME. — DES JONCTIONS DES OS

assez cassantes; leur forme est tantôt celle d’une feuille, tantôt celle d’une lame d’épée. Leur connexion avec les parties molles est la même que celle de l’os de la sèche.

On trouve aussi une petite plaque, demi-cornée, demi-lriable, dans l’épaisseur du lobe charnu qui recouvre les branchies de l’aplysie, et même il y en a une encore plus petite dans le manteau de la limace ; mais tous ces corps, quelqu étrange que ceci puisse parailre, ne sont que des coquilles internes plates et plus ou moins calcaires.

Les parties solides des animaux articulés sont d’une autre nature; elles ne sont plus une production de la peau, comme les coquilles, les ongles, les cornes creuses, mais un endurcissement, un encroûtement de cette peau , comme on en voit des exemples dans les tatous et les crocodiles. Aussi, les espèces à test calcaire qui n’ont point acquis leur entier accroissement, sont-elles obligées, ou moment de la croissance, de se débarrasser de celte enveloppe dure, qui ne permettrait point leur développement. C’est ce qu’on remarque chez les crustacés. A l’époque de la mue, leur enveloppe se fend et se détache; mais il s’en trouve à point nommé une autre dessous, qui se formait pendant que l’autre perdait sa connexion avec le corps, et mourait, pour ainsi dire. Cette enveloppe est d’abord molle, sensible et même pourvue de vaisseaux ; mais une quantité de molécules calcaires, amassées auparavant dans l’estomac, ne tardent pas à y être portées, à la durcir, à en obstruer les pores et les vaisseaux, à la rendre, en un mot, toute semblable à celle qu’cllearemplacéc.

Les insectes ne prennent leur dureté complète que lorsqu’ils ont acquis leur dernière forme, et qu’ils ne doivent plus changer de peau; mais toutes les peaux qu’ils ont rejetées auparavant, quoique plus molles, étaient mortes, et déjà remplacées par d’autres qui s’étaient développées dessous lorsqu’elles sont tombées.

Quelques animaux invertébrés ont aussi des parties dures dans leur intérieur; mais elles ne sont point articulées de manière à servir de base à des membres mobiles, et leur tissu diffère aussi considérablement des os ordinaires. Les plus remarquables de ces sortes de parties dures sont les dénis de l’estomac des écrevisses, dont nous renvoyons la description, ainsi que celle des dents ordinaires, à l’article où nous traiterons de la

digestion.

Les parties solides des zoophytes varient consi dérablement; elles sonttantôtà l’extérieur, comnw dans une partie des échinodermes et les polypier! a tuyaux, tantôt à l'intérieur, comme dans le! l’olypes à cellules et les polypiers corticaux.

bans les astéries ou étoiles de mer, elles cons 1 uent une sorte de charpente composée d’ur c îsque central entouré de cinq branches plus oi

moins alongées et formées de pièces plus ou moins nombreuses articulées entre elles. Ces branches sont simples ou bifurquées et fournissent de très bons caractères zoologiques.

Dans les oursins, c’est une enveloppe plus ou moins sphérique, calcaire, solide et souvent très dure, composée de nombreuses pièces articulées par suture dentée, percée d’une foule de petits trous qui laissent passer des pieds membraneux et garnis de tubercules, sur lesquels jouent librement des pointes d’une substance analogue à celle de la coquille.

Ces parties osseuses, recouvertes par un épiderme et par un tissu muqueux, peuvent être considérées comme la partie dermoïqucdela peauossiGée.

[On n’a point suffisamment, examiné comment se fait l’accroissement dans ces parties de l’étoile de mer et des oursins. Dans les oursins, il s’accomplit probablement à de certaines époques par les bords des pièces articulées, mais alors les parties anciennes doivent subir un ramollissement qui leur permette de s’étendre et de prendre la nouvelle courbe que nécessite la plus grande longueur de leurs diamètres. On a des exemples de ce ramollissement dans les portions profondes et internes des parties solides des crustacés, qui, à l’époque de la mue des parties externes, perdent leur solidité et se trouvent dans les conditions nécessaires pour un plus grand développement. Il n’est guère possible de comprendre autrement l’accroissement de toutesles parties solides qui constituent l’enveloppe des échinodermes. ]

Enfin, les polypes à polypiers ont les parties dures, tantôt cornées, tantôt calcaires, tantôt spongieuses, mais qui croissent par simple juxtaposition, ou tout au plus par développements successifs de plusieurs couches, comme les coquilles. Il en est dans lesquels ce développement se fait à l’extérieur et où la substance sensible enveloppe les couches anciennes par des couches nouvelles qu’elle recouvre elle-même. Tels sont tous les Utlwphytes et les cêratopkytcs.

Dans d’autres, les parties qui ontune fois atteint leur dureté n’augmentent plus en grosseur; mais il se forme seulement de nouvelles pousses, ou même de nouvelles branches à leurs extrémités. Tels sont tous les zoophytes articulés. Toutes ces productions contiennent un mélange de matière calcaire et de gélatine animale, comme les os et les coquilles.

ARTICLE IV

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