‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 245 sur 367 · C. Gastéropodes · texte numérisé non relu

C. Gastéropodes

Dans Y escargot (hélix pomalia), le cerveau se trouve placé sur l’œsophage, derrière une masse ovale de muscles qui enveloppe la bouche et le pharynx, et que nous décrirons à l’article de la mastication. [11 est de forme oblongue, transverse, un peu rétréci au milieu. Les angles postérieurs se prolongent de chaque côte eu ou cordon qui entoure l’œsophage et qui forme en s’unissant avec un gros ganglion placé au-dessous un anneau assez large pour que la masse charnue de la bouche y

(i) Voy. la partie zoologique du forage de la Bonite, 4e livraison des mollusques, pl. g.

passe tout entière lorsqu’elle se retire fortement en dedans. Tous les nerfs partent de l’une ou de l’autre de ees deux masses. Ceux que fournit le cerveau sortent de son bord antérieur et de son bord latéral. 11 y en a d’abord deux pour la masse charnue de la houche. Le troisième et le quatrième sont des filets ténus qui vont à la peau voisine de la bouche; le cinquième se distribue h la tunique exlerne du tentacule supérieur. Le sixième est le nerf du tentacule optique; il est gros, et sa gaine est lointe de noirâtre. Après avoir fait une multitude de replis dans la partie creuse du muscle de ce tentacule, il se termine dans la papille de son extrémité, après avoir donné un filet au globe de l’œil. Au-dessus de ce nerf du côlé droit, naît un nerf impair pour la verge; celui-ci sc divise en Irois branches, dont deux, après avoir formé un petit plexus, se rendent dans }a gaine de la verge; l’autre suit le canal déférent, et pénètre avec lui dans le corps de la verge.

Immédiatement sous le nerf du tentaeuleoptique, nait de chaque côlé un petit nerf qui sc rend sous l’origine de l’œsophage, et forme avec son congénère un petit ganglion qui fournit les nerfs de la bouche, de l’œsophage et de i’estomae, et forme ainsi un demi-collier antérieur. Vient ensuite de chaque côté le cordon du collier cérébral.

Les nerfs du ganglion sous-œsophagien, qui est arrondi et presque égal en volume au cerveau, partent, les uns de sa face supérieure et de son bord postérieur, les autres de toute sa face inférieure.

Parmi les premiers, on distingue :

1" Un nerf impair qui suit la grande artère de la tête et du pied ;

2» Un nerf du côté droit qui va se distribuer aux epvirous de l’or i lice de la respiration;

5p Un second du même côté, mais plus interne, qui pénètre dans l’enveloppe générale un peu plus bas;

4° Du côté gauche, il y en a deux qui se rendent à la jonction du corps avec le bourrelet charnu par où reqlre la télé, et se distribuent tant à ce bourrelet qu’au poumon et au diaphragme.

Les nerfs qui naissent de la partie inférieure du ganglion, et qui sont très - nombreux, se rendent tous dans le pied, en passant entre les diverses languettes de sou muscle rélracteur; il y en a qui vont en avant jusqu’aux lèvres (2).

Dans la limace (lin ru/'us), le cerveau forme comme un ruban étroit, situé en travers de l’œsophage, et qui s’élargit et se renfle à ses parties latérales. Le ganglion formé par la réunion des cordons latéraux est plus considérable que le cerveau ; il est composé de deux parties superposées

(a) Cuvier 7 Mémoire sur la limace et le colimaçon , anat. des mollusques, in«4°, 1817.

ONZIÈME LEÇON. - SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS VERTÈBRES

et qui se touchent seulement par leurs extrémités : les cordons d’union avec le cerveau sont courts, et les deux masses ont l’air de n’en former qu’une en forme d’anneau. De la partie inférieure du ganglion sous-œsophagien partent deux troncs principaux qui se portent en ligne droite, tout, le long du dessous du corps, en conservant une direction à peu près parallèle, et en donnant de leur bord externe les nerfs du pied et de l’enveloppe générale, excepté ceux des côtés de la tête, qui partent immédiatement du ganglion lui-même. Ceux du diaphragme et de la cavité pulmonaire sortent du même ganglion.

La partie supérieure de ce ganglion donne deux nerfs, de chaque côté, qui se rendent aux viscères, en suivant la distribution des artères.]

Quant au cerveau proprement dit, il donne d’abord de chaque côté un nerf pour la masse charnue de la bouche, puis deux pour chacune des grandes cornes, l’un desquels va à l’œil, et tient lieu de nerf optique : plus en dehors, viennent les nerfs des petites cornes; [enfin deux petits filets se rendent sous la bouche, forment là deux petits ganglions réunis par une commissure transversale, et d’où parlent de petits filets pour la bouche et l’œsophage. :

On voit que dans ces deux exemples les deux paires de ganglions inférieurs sont réunies en un seul ganglion médian.

Dans la limnée glutineuse, le système nerveux central est. composé de douze ganglions qui entourent en dessous l'œsophage de trois colliers. Les ganglions cérébraux, séparés par une commissure, fournissent les nerfs des tentacules et des yeux ; celui du côté droit, qui est trilobé et plus gros que celui du côté gauche, donne le nerf de la verge ; puis ils donnent antérieurement chacun le filet qui va former le demi-collier antérieur ou sous-buccal, et postérieurement le filet destiné au demi-anneau postérieur. Le premier est composé de trois petits ganglions, un médian et deux latéraux. 11 en part, comme à l’ordinaire, les nerfs de la bouche et de l’œsophage. Le second est formé de deux ganglions de chaque côté, assez distants l’un de l’autre, qui donnent des nerfs aux glandes salivaires et aux parties voisines; et d’un ganglion impair médian qui complète ce collier et donne deux longs filets à l’estomac, au foie, et aux parties postérieures de la génération. Le collier moyen est composé seulement de deux ganglions qui donnent les nerfs du pied et quelques filets aux organes delà génération (1),

Dans la tntonie de, Homberg , la portion supérieure du collier cérébral offre quatre ganglions. Les deux intermédiaires sont oblongs, les deux latéraux arrondis et plus petits. Des ganglions

(i) Van Eeneden, Exetcices zootom., p. a-.

moyens naissent la première et la deuxième paire de nerfs qui vont aux téguments de la bouche ; la troisième qui va aux tentacules, et la quatrième aux jeux; les nerfs des ganglions latéraux vont aux muscles des mâchoires et aux parties latérales de l’enveloppe générale et musculeuse du corps et aux parties de la génération. Les nerfs des viscères viennent de deux petits ganglions situés sous l’œsopbage, et qui forment, au moyen des deux filets qui les unissent au cerveau, le demi-collier antérieur ordinaire. Le collier cérébral est complété en dessous par un simple cordon, parce que, ici, les ganglions inférieurs sont contigus aux ganglions cérébraux, et qu’ils sont séparés par une longue commissure.

Le cerveau, dans \n phylltdie à trois bandes etdans le pleurobranche de Pérou , forme un gros ganglion qui fournil les nerfs des yeux et de l’enveloppe génoraleret à droite ceux de la génération. Les nerfs des viscères prennent naissance du ganglion sous-œsophagien.

Dans Vaplysie bordée, le cerveau est un ganglion carré ayant à son centre une masse rougeâtre grenue. Les cordons qui l’unissem aux ganglions sous-œsophagiens sonldivisés en trois filets courts, de sorte que ces ganglions sont placés aux côtés de l’œsophage, et que le filet qui achève le collier en dessous est très-allongé.

Ces ganglions sont à trois lobes, et ils donnent un second filet qui les réunit encore par une seconde commissure en embrassant le grand tronc artériel, que l’on voit aller le long de l’œsophage du cœur à la bouche.

La première paire de nerfs que le cerveau fournit va former, comme à l’ordinaire, sous la masse charnue de la bouche, un ganglion à deux lobes qui donne les nerfs de la bouche et de l’œsophage; le cerveau fournit ensuite des nerfs aux tentacules, à la verge et aux téguments environnants. Les ganglions latéraux donnent, de leur partie inférieure, douze ou treize filets qui se rendent à toutes les parties musculaires de l’enveloppe du corps, et de leur partie supérieure mamelonnée, un long filet qui va former avec son correspondant un ganglion près de l’origine du tronc artériel; de celui-ci sortent les nerfs du cœur, des branchies et des téguments de la coquille.

Les trois filets du cordon qui joint le cerveau aux ganglions latéraux, les trois lobes qui composent ces ganglions et les deux commissures inférieures qui les réunissent, montrent ici à la fois distinctes et très-intimement unies les deux paires de ganglions inférieurs (2).

Dans la carinaire, le cerveau est divisé en quatre lobules placés par-paires l’un au-devant de l’autre. Les postérieurs donnent les nerfs des yeux, et les

(a) Cuvier, Mém. sur le genre Aplysia, our. cit.

ARTICLE PREMIER. - CERVEAU ET NERFS UES MOLLUSQUES

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