DE LA CORNEE TRANSPARENTE ET DE LA CONJONCTIVE
La cornée est cette partie transparente qui est comme encadrée dans le vide que laisse la sclérotique en avant de l’œil. Nous avons vu, dans l’article 111, quelles sont les variétés à l’égard de sa convexité ;
(i) [Plusieurs auteurs décrivent en dedans de la sclérotique une membrane séreuse, qui serait une arachnoïde oculaire. -
(a) Sceramering, dans ses Icônes oculi humani , Francof, in-fol., iSo4, et son fils, dans son traité De oculo -
elle en présente aussi à l’égard de son contour.
Elle n’est pas toujours parfaitement circulaire : dans l’homme et dans les mammifères, elle est plus large que longue, et un peu plus étroite du côté du nez.
Son diamètre transverse ou sa largeur est à sa hauteur,
Dans le bœuf, comme. . . 27 : 23.
Dans tous les animaux, la cornée est composée de lames minces, transparentes, collées ensemble par une cellulosité serrée, et formant par leur assemblage un ménisque plus épais dans le milieu que sur ses bords, et qui peut déjà par lui-mème faire converger les rayons lumineux (2). Ces lames se laissent aisément séparer au scalpel, surtout après une légère macération.
D’après les expériences de Home, la cornée devient plus convexe, lorsqu’on regarde des objets rapprochés, et plus plane, lorsqu’on en regarde d’éloignés. Dans le premier cas, elle rapproche avec plus de force les rayons plus divergents.
Quelques-uns ont attribué cet effet à la contraction des procès ciliaires ; d’autres, à celle de l’iris; il est plus probable qu’il est produit par les muscles droits de l’œil; mais il n’est pas suffisant pour expliquer la clarté de la vision à des distances très-différentes.
La cornée est la seule partie dont on retrouve l’analogue dans les yeux composés des insectes. Il paraît même qu’elle leur tient lieu de cristallin : elle y est entièrement dure et écailleuse.
On a regardé longtemps la cornée comme une continuation de la sclérotique ; on a reconnu depuis que c’est une membrane particulière. Il ne faut pas croire cependant qu’elle soit toujours simplement attachée à la sclérotique par de la cellulosilé. Les bords des deux membranes se pénètrent réciproquement : c’est ce qu’on voit surtout dans la baleine. Les fibres de la sclérotique y pénètrent dans l’épaisseur de la cornée, sous forme de lignes blanches très-déliées, mais assez longues et bien visibles. On les distingue aussi très-bien dans le rhinocéros.
La coupe de la séparation de ces deux membranes est quelquefois droite, comme nommément dans la baleine, le rhinocéros, etc. ; d’autres fois, c’est une espèce de biseau, et la cornée se glisse sous le bord de la sclérotique : c’est ie cas de l’homme, du boeuf [et du plus grand nombre des mammifères]; d’autres fois encore le bord de la
rurn bominis animaliumque sections horizontali, Gœttingæ, i8r8, in-fol., représentent la cornée comme un segment de sphère d’égale épaisseur partout , dans l'homme, les mammifères, les oiseaux, les reptiles et plusieurs poissons. ]