ARTICLE SEPTIÈME. - DE L’IRIS
que temps dans une gaine commune avec le nerf optique, apres que sa propre gaine a débouché dans celle de ce dernier, comme une veine dans une veine plus grosse.
Cette glande ou cet appareil est propre aux poissons osseux. Il n’existe point dans les chondroptérygiens, dont l’œil se rapproche davantage de celui des mammifères, comme nous l’avons déjà vu pour les tapis et les procès ciliaires.
ARTICLE VII
DE I.’lRIS, DE LA PÜPtlLE ET DE LEURS MOUVEMENTS.
Nous avons vu, dans l’article précédent, que Vuvée, celte production de la choroïde qui forme un voile annulaire ou un diaphragme au-devant du cristallin, est recouverte à sa face antérieure d’unesubstance particulière qui portele nom d'iris.
A. Texture de l’iris.
L’iris est un tissu demi-fibreux, demi-spongieux (1), qui est collé de la manière la plus intime sur I’uvée, et qu’on 11e peut en séparer qu’avec peine et dans les plus grands animaux. [Cette séparation est beaucoup plus facile dans les oiseaux.] II est plus épais et plus lâche à sa grande circonférence du côté du ligament ciliaire, où il semble se terminer. Il y est plus facile à séparer; mais vers les bords de la pupille il va en s’amincissant, et il ne peut plus se distinguer de Pavée qui le double.
Les artères ciliaires longues, arrivées vers la grande circonférence de l’iris, s’y bifurquent et l'entourent d’un cercle, d’où partent ses artères propres qui sont nombreuses et en rayons, et qui s’anastomosent ensemble pour former un second cercle pins petit.
Il reçoit une grande quantité de petits rameaux des nerfs ciliaires, qui, après avoir percé la sclérotique et entouré longitudinalement la choroïde comme des rubans, mais sans y pénétrer, se perdent dans l’iris. [Le nombre de ces nerfs est variable. On en a trouvé six dans le lièvre, sept dans te cochon, douze dans la fouine, dix-huit dans le chat, vingt dans le renard et dans la chèvre , de vingt-quatre à trente dans la loutre, le mouton, le cheval et le chien.]
(l) [La texture de l’iris est encore aujourd’hui l’objet de beaucoup d’opinions contraires. Ceux mêmes qui s’accordent à le regarder comme une membrane musculaire y décrivent très-différemment les fibres. Les uns en comparent la disposition à celle des colonnes charnues du cœur; d’autres y trouvent des fibres rayonnantes; d’autres y admettent un muscle orbiculaire; mais pour ceux-ci ce muscle est à la face antérieure,
Les stries qu’on remarque sur l’iris de l’homme sont simplement distinctes par leur couleur plutôt que par leur saillie. Elles représentent de petites flammes qui se dirigent en convergeant vers la pupille. Il y a sur le bord de ce trou un cercle plus étroit et plus foncé que le cercle extérieur. Ces lignes, droites lorsque l’iris est dilaté et la pupille rétrécie, sont flexueuges dans le cas contraire.
On sait assez que la couleur totale de l’iris varie, dans les différents hommes, du bleu au jaune et à l’orangé foncé. Quelques animaux domestiques présentent aussi des variétés dans la' couleur de leurs yeux; on en voit aux chevaux, aux chiens; mais les animaux sauvages ont généralement une couleur fixe pour chaque espèce.
Dans les mammifères, celle couleur est le plus souvent d’un fauve foncé, ou brune. On y voit moins de stries colorées que dans les yeux de l’homme; et dans ceux dont la pupille 11’est pas ronde, on aperçoit souvent des plis inégaux qui proviennent des mouvements de l’iris.
Les oiseaux ont généralement l’iris d’une surface unie et d’une couleur mate, qui varie à l’infini selon les espèces, et qui est souvent très-vive, comme d’un beau jaune, d’un beau rouge, d’un bleu clair, etc. Son tissu parait, au microscope, composé de mailles formées par l’enlrecroisement d’une multitude de fibres très-fines. La membrane de l’uvée est si line dans les oiseaux que, lorsqu’on en a abstergé le vernis, clic est absolument transparente, et que l’iris parait de la même couleur des deux côtés.
[Dans les poissons, l’iris est couvert en devant par la couche dorée ou argentée qui se trouve entre la sclérotique et la choroïde proprement dite. L’iris parait réduit à nue membrane extrêmement mince entre cette couche et l’uvée.]
L’iris des reptiles tient un peu à celui des poissons par la dorure qu’il présente; mais les vaisseaux y sont plus visibles que dans les autres espèces. Ils forment un beau réseau sur celui du crocodile.
B. Fibres de l’uvée.
La face postérieure de l’nvée présente des stries serrées qui se continuent avec lits procès ciliaires. Ces stries, peu sensibles dans l’homme, le sont beaucoup dans les grands ruminants, surtout dans le bœuf, qui les a plus fortes que le cheval, quoi-
pour ceux-là à la face postérieure. L’extrême délicatesse de l’iris, l’abondance des vaisseaux et des nerfs qui s’y répaudent expliquent la presque impossibilité de bien distinguer les éléments qui le composent. Mais il nous semble que la propriété essentiellement motrice du nerf de la troisième paire qui donne des rameaux à l’iris est une présomption bien forte en faveur de la nature musculaire de cette membrane.]
que son œil soit plus petit ; il les a même plus fortes que la baleine.
Le rhinocéros les a aussi très fortes, et elles régnent jusque près du bord de la pupille. [Dans le phoque, elles sont très-fines et très-serrées, et lui donnent l’aspect de la face feuilletée d'un champignon.] Dans les autres espèces, elles laissent vers le bord de la pupille un espace lisse. Ces stries ne se montrent pour l’ordinaire ni dans les oiseaux ni dans les poissons : on en voit cependant des vestiges dans l’œil des grands squales, comme le milandre, le requin , etc.
On les a longtemps regardées comme musculaires. Ou croit aujourd’hui que ce sont de simples replis de la membrane.