‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 271 sur 367 · C. Mouvements de l’iris · texte numérisé non relu

C. Mouvements de l’iris

L’iris est destiné à empêcher qu’il n’entre dans l'œil trop de rayons venant d’un même point, et que la lumière étant trop intense, n’affecte douloureusement la rétine. Pour cet effet, lorsque les objets que l’on regarde sont vivemeut éclairés, l’iris se dilate, et la pupille se rétrécit; lorsque ces objets sont obscurs, le mouvement contraire a lieu ; le cône de rayons qui a son sommet au point lumineux, et sa base à la pupille, ayant par ce moyen une base d’autant plus grande que les rayons qu’il contient sont moins serrés, la quantité absolue de rayons reste à peu près la même, à moins que les différences dans l’intensité de la lumière ne soient trop considérables.

Ce mouvement est ordinairement involontaire; ir dépend uniquement des rayons qui tombent sur la rétine : une lumière qui ne tomberait que sur l’iris lui-même ne lui causerait aucun mouvement. Cette membrane n’est point irritable. ; et comme elle n’a aucune liaison immédiate avec la rétine, on ne peut chercher la cause de leur sympathie que dans le cerveau. Lorsqu’un œil seul esL frappé par la lumière, il se contracte seul. Dans le sommeil, la pupille est contractée et l’iris dilaté. Il y a quelques cas où une forte attention à considérer certains objets, ou une terreur subite, causent des mouvements dans l’iris sans qu’il arrive de changement dans l’intensité de la lumière.

Ce mouvement est même absolument volontaire dans quelques animaux. Il y a longtemps qu’on le sait du perroquet. Il est nul ou à peu près nul dans les poissons.

Lorsque nous regardons un objet de très-près, notre pupille se rétrécit : d’une part, parce que la lumière qui vientd’objets rapprochés est plus abondante; de l’autre, parce que cette contraction ne laisse entrer dans l’œil que les rayons les moins divergents, et écarte une partie de ceux qui le seraient trop pour pouvoir être réunis sur la rétine.

Cependant Hunier a prouvé que ce rélrécisse-

ORGANE DE LA VUE

ment de la pupille ne suffit pas pour expliquer la facilité avec laquelle le même œil peut voir les objets éloignés et les objets voisins, et qu’il fallait avoir recours à d’autres moyens, quoique Haller et Sabatier n’aient voulu admettre que celui-là.

D. Figure de la pupille.

La forme de la pupille varie dans les différentes espèces. Lorsqu’elle est dilatée, elle est généralement ronde; elle reste aussi à peu près ronde lorsqu’elle se rétrécit, dans l’homme, les singes, beaucoup de carnassiers, l’éléphant et dans les oiseaux; mais elle se rapproche d’une ligne verticale dans le genre des chats , en passant par différents losanges toujours plus étroits, selon que la lumière est plus vive. Dans le bœuf et dans les ruminants, elle est transversalement oblongue, et elle devient dans son plus grand resserrement une ligne transversale. Dans le cheval , elle est aussi transversalement oblongue, et son bord supérieur forme une convexité festonnée de cinq festons plus épais que le reste du contour. [ Cette découpure du bord supérieur de la pupille s’observe dans le dromadaire, dans le chamois , dans la chèvre , le mouton , le bœuf, et parait propre à tous les ruminants et à tous les solipèdes. ] Dans la céphalote, la marmotte, le kunguroo-géant, la baleine , la pupille est aussi transversalement oblongue. Dans le dauphin, elle approche de la figure d’un cœur.

Le crocodile a sa pupille semblable à celle du chat; elle est rhomboïdalc dans les grenouilles.

La tortue l’a ronde, ainsi que le caméléon et les lézards ordinaires.

Le gecko l’a rhomboïdalc.

La raie a une particularité très-remarquable. Le bord supérieur de sa pupille se prolonge en plusieurs lanières étroites, disposées en rayons, et représentant ensemble une palmelle. Ces lanières sont dorées en dehors et noires en dedans. Dans l’état ordinaire, elles sont reployées entre le bord supérieur de la pupille et le vitré; mais lorsqu’on presse le haut de l’œil avec le doigt, elles se développent, et ferment la pupille comme une jalousie. Il est probable que dans l’état de vie cette fermeture a lieu, ou à la volonté de l’animal, ou par l’effet d’une vive lumière. La torpille peut entièrement fermer sa pupille par le moyen de ce voile. [ Les pleuronectes présentent la même disposition parmi les poissons osseux. Dans Vanableps, la pupille est partagée, par deux languettes horizontales qui se portent vers son centre, en deux ouvertures semicirculaires pour chacune des divisions de la cornée.]

E. Membrane pupillaire .

Dans les fœtus humains, avant le septième mois,

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