SS
pas absolument concluantes : d’ailleurs, comme elle s’attache au cristallin par le côté, elle ne pourrait le mouvoir qu’obliquement. Haller la regarde comme un simple soutien des vaisseaux qui doivent se rendre à la capsule du cristallin.
5o Dans les reptiles et les poissons,
[Dans les reptiles, comme dans les oiseaux, l’insertion du nerf optique se fait en dehors de l’axe de l’œil ; mais cela est variable dans les poissons : dans les raies, les squales, Vanableps, celle insertion se fait en dedans de l’axe; dans la morue, elle a lieu sensiblement dans l’axe même.]
Dans tous les reptiles, le nerf optique traverse les membranes de l’œil directement et par un trou rond, comme dans les mammifères; il forme en dedans un petit tubercule, des bords duquel naît la rétine.
Il en est de meme dans un grand nombre de poissons, comme la raie, où le tubercule est mammelonné, le squale , toutes les carpes et beaucoup d’autres. Les fibres rayonnantes qui naissent des bords de ce disque y sont même plus sensibles que dans les quadrupèdes; mais il y a un certain nombre de poissons dans lesquels la formation de la rétine ressemble, à quelques égards, à celle qui a lieu dans les oiseaux.
Je ne puis encore nommer tous les genres dans lesquels ou trouve cet arrangement : je l’ai vu dâns les saumons et les truites, dans les harengs, les maquereaux, les perches, la morue , la dorée ( zeus faber) et dans le poisson-lune .- il est probable qu’il existe dans beaucoup d’autres. Voici en quoi il consiste : le nerf optique perce, à la vérité, les membranes par un trou rond; mais, après avoir traversé la ruischienne, il forme deux longues queues blanches qui suivent le contour de cette dernière membrane. Ces deux queues, quoique parallèles, ne sont point continues; mais une production de la ruischienne passe entre deux pour pénétrer dans l’épaisseur du vitré. La rétine naît des bords opposés de ces queues, comme elle naît dans les oiseaux de la ligne blanche unique. La production de la ruischienne a une forme triangulaire curviligne, que Haller a comparée à une cloche. Elle est noire dans certains poissons,
comme les salmones , les dupées, vasculeuse comme le reste de la membrane, et elle vient s’attacher par son exlrémité à un côté de la capsule du cristallin, absolument comme le peigne des oiseaux.
Il parait qu’elle fournit de même des Vaisseaux sanguins à cette capsule. [Ce ligament falciforme s’attache à la capsule du cristallin, tantôt au moyen d’une simple proéminence ou d’une lame un peu plus opaque; tantôt, comme dans le thon, par un tubercule transparent plus dur que le vitré dans lequel il est plongé. Dans le congre, il y a deux ligaments, un antérieur, et un postérieur, qui retiennent le cristallin comme par deux pôles.
Ce ligament falciforme des poissons, qui rappelle le peigne des oiseaux, se retrouve aussi dans beaucoup de reptiles. Dans le lézard, l 'iguane, le monitor, une petite tige membraneuse cylindrique, enveloppée de pigment, se rend au travers du corps vitré de l’insertion du nerf optique à la capsule du cristallin. Dans les crocodiles, un petit disque noir qui se remarque au point où le nerf optique perce la choroïde, semble être le rudiment de cette production plus allongée de l’œil des autres sauriens et des oiseaux. La rétine rayonne en fibres nombreuses autour de ce disque.
11 est remarquable que l’on retrouve dans le caméléon et dans quelques autres saurieDS, à l’extrémité de l’axe de l’œil sur la rétine, un point transparent qui ressemble à un trou, et rappelle le foramen centrale, propre à l’homme et aux singes parmi les mammifères; mais les reptiles n’ont pas de tache jaune (1). ] v
B. Rétine.
Cette membrane est une des moins consistantes du corps animal. Demi-transparente, molle, se déchirant par son propre poids, elle prend un peu plus de dureté et d’opacité dans l’esprit de-vin ; elle n’est qu’appliquée ù la choroïde, sans y adhérer aucunement. [La couche de tissu cellulaire qui l’en sépare, et que l’on trouve souvent imprégnée de quelques particules de pigment, est regardée par plusieurs anatomistes comme une membrane distincte, à laquelle on donne le nom de membrane de Jacob, du nom de celui qui l’a le premier décrite (2) . ]
(1) R. Knox, Mem. ofthe fV -merlan Soc., t. v, part. 1; — et Transact . oj the Roy. Soc. of Edinburgh, observ, on the comparative anat. oj the ejre, p. 43 et 23 1.
(2) M. Jacob ( Phil. Trans., 1819) décrit la rétine comme composée de trois couches ; une plus interne, vasculaire, une plus externe, celluleuse, dont nous venons de parler, et dans laquelle des anatomistes ont décrit deux feuillets comme dans les séreuses du corps; entre ees deux membranes est une couche pulpeuse qui est l’expansion de la portion nerveuse du nerf optique,
et à laquelle les deux antres servent d’enveloppe et de soutien. Mais dans les nombreuses recherches microscopiques dont la rétine a été plus récemment l’objet, le nom de membrane de Jacob a été malheureusement employé pour désigner des parties très-diverses, et notamment celles de couches nerveuses delà rétine, que l'on décrit comme composée de petits cylindres ou de i«. lonnets , redressés et appliqués l’un près de l’antre comme des pavés.
DOUZIÈME LEÇON. — ORGANE DE LA VDE
ÎI53
Dans tons les animaux qui ont un procès ciliaire, la rétine se termine tout autour à la racine île ce procès; elle y est coupée nettement. Dans les oiseaux, elle y forme même un bourrelet.
On pourrait penser qu’elle s’attache plus intimement à la face antérieure du corps vitré, et que c’est ce qui la fait rompre à cet endroit lorsqu’on enlève ce corps. L’empreinte que les procès ciliaires laissent à celte même face a pu favoriser cette opinion, que quelques-uns ont étendue jusqu’à croire que la rétine couvre même le devant du cristallin : ils supposaient sans doute que cette portion de la rétine reste adhérente dans les sillons que ces procès impriment sur le vitré, et qu’elle est couverte par le vernis qu’ils y laissent.
Mais dans les animaux qui n’ont point de procès ciliaires, la rétine se termine de même brusquement vers le commencement de l’uvée, et rien n’empêche de voir que la face antérieure du vitré n’en conserve aucune portion.
[La largeur très différente du corps ciliaire, dans les diverses espèces, fait donc varier considérablement la portion du globe de l'œil que tapisse la rétine : ainsi, dans les animaux où la couronne ciliaire est très-réduile, comme dans le chamois et la- Corinne, la rétine est très-grande; dans ceux où cette couronne a beaucoup de largeur, au contraire, l’étendue de la rétine diminue, et cette membrane peut ne revêtir que la moitié postérieure du globe de l’œil , comme dans le porcépic, ou même son tiers, comme dans le lynx. Dans les oiseaux, elle s'étend dans toute la portion postérieure et hémisphérique de l’œil, et elle s’arrête à la ligne où commence la portion conique du bulbe : aussi, dans le grand-duc, où la portion sphérique est très-petite, la rétine l’est également, et tapisse moins du tiers du globe de l’œil. Dans les reptiles et dans les poissons, elle vient généralement assez eu avant et près de l’uvée.
L’épaisseur de la rétine n’est pas la même dans tout son trajet, et elle varie aussi d’un animal à l’autre : ainsi dans le phoque, on la trouve trèsépaisse, surtout au fond de l’œil ; dans le lynx, au contraire, elle est très-mince.]
La face interne de la rétine est parcourue de vaisseaux nombreux qui viennent de l’artère centrale du nerf optique. Ces vaisseaux donnent pins de consistance à sa lame interne qu’à l’externe, qui n’est que pulpeuse. C’est surtout dans les poissons qu’il est facile de distinguer et même de séparer les deux lames. L’interne, qu’on a nom-
(i) C’est encore là la seule idée générale qui résulte pour nous des observations si nombreuses, si variées, et l’on pourrait dire si contradictoires qui, depuis une dizaine d’années, ont été publiées sur la structure microscopique de la rétine. Nous n’entrerons donc pas dans pins de détails. D’ailleurs, ces observations se rat-
mée arachnoïde, y présente des fibres très-déliées, mais très visibles. [ Elle est très-plissée, lorsque le nerf optique est lui-même plissé.
La rétine examinée au microscope montre plusieurs couches nerveuses : une externe pulpeuse et une interne, où l’on observe des filaments redressés, et serrés les uns contre les autres, qui sont vraisemblablement les terminaisons papillaires des filets nerveux (1).]
La rétine est la partie la plus sensible de tout le corps animal, puisque la lumière, qui n’affecte aucun autre organe, y cause de la douleur lorsqu’elle est trop vive ; et cela n’est pas étonnant : car, indépendamment de la nature entièrement nerveuse de cette membrane, les parties qui sont situées au-devant d’elle ne tendent point à amortir l’effet delà lumière, comme c’est le but des téguments qui sont sur les autres nerfs, par rapport aux divers corps extérieurs; mais elles tendent au contraire à renforcer cet effet, en rassemblant les rayons dans un espace plus étroit.
ARTICLE IX
DE 14 NATURE DES PABTIES TRANSPARENTES DE l’c*UL J DE LEURS MEMBRANES PROPRES, ETC.
A . Humeur vitrée.
Celte humeur, qui occupe la plus grande partie de l’œil, est renfermée dans sa membrane propre, qui l’est elle-même dans la réliue, mais sans adhérer aucunement à cette dernière, si ce n’est peut-être par quelques vaisseaux.
La membrane du vitré, qu'on nomme aussi hyaloîde, est très-fine et parfaitement transparente. L’espril-de-vin ne la rend point opaque. Sa face antérieure se divise en deux lames qui embrassent étroitement la capsule du cristallin, et entre lesquelles on peut introduire de l’air qui y produit un canal circulaire , inégalement boursouflé , nommé canal godronné, de Petit.
L’intérieur de sa cavité est divisé en une infinité de cellules par des cloisons de même nature que la membrane extérieure, qui s’y répandent en tous sens : c’est ce qui fait qu’il ne suffit pas de percer la membrane hyaloïde pour la vider, l’humeur vitrée 11e pouvant couler à la fois de toutes ces cellules.
tachent à un ensemble de travaux sur la structure microscopique des tissus animaux, pour lesquels un langage tout spécial tend à se former, et dont l’exposition ne saurait entrer dans le cadre de cette partie des Leçons d'anatomie comparée.