‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 285 sur 367 · PULPE AUDITIVE, OU DU LABYRINTHE MEMBRANEUX · texte numérisé non relu

PULPE AUDITIVE, OU DU LABYRINTHE MEMBRANEUX

La membrane qui renferme la pulpe auditive est transparente, assez fine, singulièrement élastique, et se soutenant en conservant sa forme par elle-même cl indépendamment des appuis qui l’entourent. Cependant elle est plus fine et plus faible dans les animaux où elle est embrassée de plus près par les os, et surtout dans l’homme et dans les mammifères. Dans les jeunes animaux, elle est plus épaisse, plus humide, et plus facile à séparer des os que dans les vieux.

A. Dans les animaux articulés .

La membrane du labyrinthe de l’écrevisse ne

(a) Flourens, ouv. cit.

TREIZIÈME LEÇON. — ORGANE DE L’OUÏE

mérite guère ce dernier nom ; elle représente une petite bourse remplie de lymphe, renfermée dans un cylindre écailleux, ouvert par les deux bouts. L’extrcmitc par laquelle ce petit cylindre s’unit avec la base de l’antenne, laisse passer les nerfs dans la bourse : l’extrémité opposée est fermée par une membrane élastique qui peut porter le nom de tympan , ou mieux encore de fenêtre ovale.

Cette membrane est immédiatement frappée par l’air ou par l’eau, dans laquelle se tient l’animal.

II suffit de regarder avec un peu d’attention la base des grandes antennes, à sa face inférieure, pour apercevoir ce tympan.

Fabricius et Scarpa l'ont décrit en détail. [Comparetti, qui a également décrit l’organe de l’ouïe dans plusieurs insectes, a même cru y voir des rudiments de canaux semi-circulaires. On l’a depuis retrouvé dans beaucoup d’autres, et, en effet, c’est principalement par le moyen de l’ouïe, que dans les espèces où les sexes sont séparés les individus se rapprochent les uns des autres. L’organe de l’ouïe est contenu dans une cavité du crâne qui communique au dehors par une fenêtre ovale, située sur les côtés de la tête, à la base des antennes ou des mandibules. Dans les aranéideson aperçoit même, selon Comparetti, le nerf auditif à travers la membrane transparentequisert de tympan. Ces nerfs, dans les insectes, sont toujours une des divisions des nerfs des antennes (1). ]

B. Dans les mollusques.

L’oreille des céphalopodes est presque aussi simple que dans les écrevisses; mais elle est entièrement creusée dans l’épaisseur du cartilage annulaire qui sert de base aux grands tentacules ou pieds de ces animaux.

La membrane du labyrinthe est aussi une simple bourse, de forme ovale ou arrondie. Dans la seiche commune (sepia officinalis ) , [e lie est située sous l’œsophage, et n’est séparée de celle du côté opposé que par une mince cloison]; elle a en dedans plusieurs proéminences coniques, disposées irrégulièrement. Ces proéminences manquent dans les autres espèces. Dans la pulpe qui la remplit est suspendu un petit corps, de substance osseuse •dans les seiches proprement dites, et semblable à l’amidon dans le poulpe. Celui de la seiche commune a la forme d’une petite valve de conque.

(i) Plusieurs auteurs, et notamment MM. Straus et Burmeister, placent l’organe de l’ouïe des insectes dans les antennes elles-mêmes. M. Siehold, dans un mémoire qui nous parvient au moment où nous imprimons cette feuille, décrit l’organe de l’ouïe des criquets comme étant placé dans le métathorax, au-dessus de l’origine delà dernière paire de pattes; eteelui des sauterelles, à la partie supérieure du tibia de la première paire de pattes.

[Dans le nautile , l’organe de l’ouïe est logé dans une cavité allongée de la corne du cartilage qui soutient l’entounoir et les principaux muscles du corps.

Les ptéropodes et les gastéropodes sont également pourvus de deux petites poches remplies de lymphe, tenant en suspension des cristaux calcaires et placées sous le ganglion du second collier. Les acéphales eux-méincs, du moins les acéphales testacés, ont à la base de leur pied, sous le ganglion pédieux, deux petites poches semblables. ]

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