‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 299 sur 367 · ARTICLE SEPTIÈME. — DU MÉAT AUDITIF EXTERNE · texte numérisé non relu

ARTICLE SEPTIÈME. — DU MÉAT AUDITIF EXTERNE

Dans les animaux dont les oreilles sont un peu longues et très-mobiles, le tube de l’oreille est partagé en deux parties, dont l’une tient à la conque, l’autre forme un cartilage particulier et tubuleux qui s’attache au méat osseux par un ligament, et qui a, ainsi que la portion qui tient à la conque, une fente longitudinale. 11 résulte de celte division que le tube peut se raccourcir et s’allonger, comme se dilater et se rétrécir.

Ces animaux ont de plus un troisième cartilage, aplati, posé au-dessus de la partie tubiforme, ne faisant point partie de la concavité de l’oreille, mais servant seulement de point d’appui à plusieurs muscles.

Le cartilage est triangulaire dans le cheval ; en croissant dans le mouton; pointu en arrière, et bilobé en avant dans le lapin , et rltomboïdal dans le chien : nous le nommerons V écusson.

3° Les muscles.

Les muscles de l’oreille externe dépendent, pour leur nombre, de sa grandeur et de sa mobilité ; pour leurs figures et proportions, de sa position, laquelle dépend à son tour de celle de l’orifice extérieur du méat osseux.

Cet orifice est toujours situé près et derrière l’articulation de la mâchoire inférieure : ainsi il est d’autant plus en arrière et plus voisin de l’occiput, que les mâchoires sont plus longues à proportion du crâne; et il est d’autant plus élevé, par rapport à l’ensemble de la tête, que les branches montantes de la mâchoire inférieure sont plus hautes et le crâne plus plat. Ainsi, à partir de l’homme, il se porte toujours plus en haut et en arrière, et les deux oreilles se rapprochent d’autant plus que l’on descend davantage jusqu’aux solipèdes, qui sont le dernier terme du rapprochement.

A. Dans l’homme.

Les muscles qui agissent sur l’oreille de l’homme se réduisent à trois qui viennent de diverses parties de la tête, et à cinq qui vont d’un point de la conque à un autre. (Les uns désignés sous le nom collectif de muscles extrinsèques, et les autres sous celui de muscles intrinsèques. ]

Les trois premiers sont : 1» l 'auriculaire supérieur ou temporo-auriculaire, mince, rayonnant, recouvrant une partie de la tempe, et s’attachant à la partie supérieure de la convexité de la conque ; 2° l 'auriculaire antérieur ou ty gornato -auriculaire, peu distinct du précédent, petit, venant de l’arcade zygomatique, et aboutissant à la partie antérieure de la convexité de la conque ; 5° l’otmculaire postérieur ou mastoïdo-auriculaire , petit, divisé ordinairement en trois languettes venant de l’apophyse mastoïde, et s’insérant derrière la conque. »

Les cinq muscles de la conque sont : 1" le grand helicien : il naît au-dessus du tragus, et se perd sur le contour antérieur de l’hélix ; 2» le petit hélicien : il s’étend sur la partie inférieure de l’hélix, qui traverse la conque; 3° le Iraqien : ses fibres s’étendent transversalement sur le tragus; 4° 1 ’antilragien naît sur l’antitragus, et se perd sur le contour intérieur de l'anlhélix; 5’ Vanlhélicien, ou transversal de l’oreille : il traverse le repli creux qui correspond sur la face dorsale de l’oreille, à la saillie que l’anlhélix fait sur sa face concave.

Ces muscles n’ont aucun usage sensible sur la plupart des hommes ; on en a vu cependant quelques-uns mouvoir plus ou moins l’oreille.

B. Dans les mammifères.

Les muscles de l’oreille des mammifères sont généralement très-nombreux. On peut les diviser en quatre classes : 1» ceux qui viennent de quelque partie de la tète s’insérer à l’écusson ; 2<> ceux qui, venant de la tête, s’insèrent à la conque ou à son tube; 3" ceux qui réunissent l’écusson et la conque; enfin, 4° ceux qui vont d’une partie de la conque à une autre. Leur usage est de tirer l’oreille dans toutes sortes de directions, ou de la faire tourner sur son axe, et cela de manière que sa surface supérieure tourne en avant ou en arrière, et l’inférieure dans les sens opposés. Nous allons examiner ces muscles dans le cheval , le mouton, le lapin et le chien.

a. Muscles qui vont de la tête à Vécusson.

1° Le vertico-scutien vient de la ligne moyenne de tout le sommet de la tête dans le chien, et du bord supérieur de la fosse temporale dans le cheval, et s’insère au bord supérieur de l’écusson. Il se réduit, dans le mouton , à une bande qui vient de dessus et de derrière l’orbite, et, dans le lièvre, à une encore plus étroite de la crête occipitale seulement : c'est le commun de Lafosse, le frontoauriculaire de Girard. 11 relève les deux oreilles en rapprochant leurs convexités l’une de l’autre.

2» Le jugo-scutien vient, dans le cheval, de l’arcade zygomatique, et en arrière monte s’insérer au bord antérieur de l’écusson. Dans le chien, il vient de la peau des joues, et se dilate beaucoup vers le haut, pour s’attacher, non-seulement à l’écusson, mais encore au bord antérieur du précédent; il manque au lièvre et au mouton : il tire l’oreille en avant et un peu en haut.

3° Le cereico-scutien vient du ligament cervical, et s’attache au bord postérieur de l’écusson ; il est propre au chien et au lapin ; il rapproche les deux oreilles en arrière.

TREIZIÈME LEÇON. — ORGANE DE L’OülE.

b. Muscles qui vont de la tête à la conque de l’oreille, ou à son tube.

4" Le verlici-aurien vient du sommet de la tête, passe sons le vertico-seutien, et s’épanouit sur la conque vers son bord antérieur ; il est propre au cheval et au mouton : il rapproche puissamment les deux conques en les redressant.

5° Le surciliaurien. remplace le précédent dans le lièvre et le chien ; il vient de l’arcade sureilière, passe devant le bord de l’écusson et s’attache sur la conque, dans le lièvre, par un tendon mince; dans le chien, en s’épanouissant très-près du bord antérieur, et après s’être presque uni dans toute sa longueur au bord antérieur du vertico-scutien ; il relève la conque et la porte en avant.

6° Le cervici-aurien vient du ligament cervical, passe derrière le bord de l’écusson, et s’épanouit sur la conque, qu’il porte en arrière en la rapprochant de l’autre.

7° Voccipiti-aurien vient des environs de la crête occipitale, et passe sous l’écusson et sous le muscle précédent, pour s’attacher à la conque qu’il relève, mais sans la porter en arrière; il manque au lièvre.

8“ Le cervici-tubien profond vient du ligament cervicalsOLis l’anté-précédeul; il s’insère à l’origine du tube de l’oreille, qu’il lire en arrière : il est double dans le cheval; il manque au lièvre.

9° Voccipiti-aurien rotateur vient de la partie postérieure de l’occiput, et va s’insérer en écharpe sur la partie de la conque voisine de son tube. Ce muscle se trouve dans tous les animaux à longues oreilles. C’est lui qui fait tourner l’oreille sur son axe, en dirigeant sa concavité en dehors et en arrière lorsqu’elle est droite, en bas lorsqu’elle est horizontale.

10° Le parotido-aurien vient de la glande parotide et de la partie voisine de la peau, s’insère sous la conque, près du tragus, et abaisse l’oreille : il sc trouve dans tous les animaux. Le lièvre l’a plus long que les autres.

Il» Le jugo aurien : il est bien marqué dans le mouton, où il part de la base antérieure de l’arcade zygomatique, et va en arrière s’insérer au bord de la conque le plus près du trou auditif : il est double dans le chien. One de ses parties vient de la peau de la joue; l’autre du bord postérieur du jugo-sentien. Dans le cheval, il en vient une du milieu de l’arcade, et une du bord postérieur du jugo-sculien. Il tire horizontalement l’oreille en avant : le lièvre en manque.

12° Le jugo-au rien profond : c’est un petit muscle grêle qui ne manque à aucun de ces animaux. 11 vient de la partie de l’arcade zygomatique voisine de l’articulation de la mâchoire inférieure, et se porte h la partie de la conque voisine du tube un peu en dessus. Il doit servir princjpalement à raccourcir le tube de l’oreille.

Le cheval a encore deux muscles qui appartiennent à celte classe, et qui ne sont pas dans les autres espèces, savoir :

15° Le verlici-aurien rotateur : il vient du sommet de la tète, près de la proéminence occipitale; passe sous l’angle postérieur de l’écusson et sur Voccipiti-aurien ; se porte obliquement en avant, et va s’épanouir en écharpe sur la partie antérieure de la conque voisine de son tube; il tourne l’oreille sur son axe, en faisant regarder sa concavité en avant et en dedans lorsqu’elle est droite, en dessus lorsqu’elle est horizontale.

14° Le verlici-aurien profond a une origine commune avec le précédent : il s’en sépare sous l’écusson, et descend entre la tête et la conque pour s’insérer à la partie de celle-ci qui regarde en dedans lorsque sa concavité regarde en dehors, et qui est la plus voisine du tube. Son usage doit être d’allonger le tube de l’oreille.

c. Muscles qui unissent l'écusson « la conque ou au tube de l'oreille.

a. Les superficiels , qui s’attachent sur l’écusson.

15° Le soutien antérieur va du bord inférieur et de l’angle antérieur de l’écusson sur le devant de la conque, qu’il fait tourner sur son axe, et regarder le ciel, et en avant lorsqu’elle est horizontale : il manque dans les chiens à oreilles pendantes.

16° Le soutien postérieur du même bord et quelquefois de même angle, se porte en arrière sur le dos de la conque qu’il relève : il manque dans le lièvre.

fi. Les profonds, qui s’attachent sous l’écusson.

17° Le soutien rotateur vient de dessous l’écusson, et se porte en écharpe derrière la partie de la conque voisine du tube; îl lui fait tourner sa concavité vers la terre et en arrière quand elle est horizontale : il est double dans le lièvre.

d. Muscles qui vont d’une partie de la conque de l’oreille aune autre.

Il n’y en a point dans le mouton, et un seul dans le cheval, savoir :

18° Le tragien .• il est placé sur la fissure de la conque dont il fait croiser les bords ; il rétrécit par conséquent l’entrée du méat externe. Il existe aussi dans le chien et dans le lièvre ; dans ce dernier, il est accompagné du

19“ tubo-hélicien, qui va du tube cartilagineux à la conque, et qui raccourcit le tuyau de l’oreille.

On trouve dans le chien :

20° Le plicateur de l’oreille, analogue de l'hélicien de l’homrfle ; il règne le long du bord anté-

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