‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 300 sur 367 · ARTICLE HUITIÈME. - UES NERFS DE L’OREILLE · texte numérisé non relu

ARTICLE HUITIÈME. - UES NERFS DE L’OREILLE

rieur de la conque près de sa base ; il plie et abaisse la partie supérieure de l’oreille.

Enfin le chien et le cheval ont sur le dos de leur conque,

21° Des fibres charnues cparses, qui sont les analogues de V anlhélicien ou du transversal de l’oreille de l’homme.

ARTICLE VIII

UE LA DISTRIBUTION DES NERFS DANS D’INTERIEUR DE l’oreirle.

Nous avons parlé du canal auditif interne, pages 536 et suivantes de ce volume. Son fond est situé à peu près vis-à-vis du milieu du limaçon. Il est divisé en deux chambres par unearêle osseuse : la supérieure contient un trou (orifice interne du canal de Fallope), destiné au nerf facial, [et une petite ouverture pour le passage des vaisseaux ; l’inférieure présente une fossette antérieure parcourue par une cannelure spirale, et une postérieure partagée elle-même en deux enfoncements. Ces deux fossettes sont criblées de plusieurs trous qui conduisent dans les diverses parties du labyrinthe, et donnent passage aux branches du nerf acoustique.]

Nous avons décrit l’origine de ce nerf, page 462, et son trajet jusqu’à l’oreille, pages 484 et 485. La chambre inférieure du canal auditif, par laquelle il pénètre, est ovale; son grand diamètre est transverse. La fossette antérieure qui correspond à la base de l’axe conique du limaçon est percée d’une infinité de petits trous disposés en spirale, et qui donnent dans les tours de cette cavité. Dans la fossette postérieure, sont d’autres amas de pareils petits trous, mais disposés en rond : un de ces amas conduit dans le vestibule; deux autres dans les canaux demi-circulaires. Ces petits trous donnent dans des canaux qui se subdivisent encore beaucoup en traversant les parois osseuses, de manière que le nerf arrive dans le labyrinthe dans un degré de division inexprimable. Ceux de ces canaux qui entrent dans le limaçon, après avoir suivi les parois desonaxe, pénètrent, selon Scarpa, dans l’épaisseur de sa cloison osseuse, et s’puvrent au bord libre de cette cloison.

Le nerf acoustique, une fois renfermé dans le canal auditif interne, [se partage en branche cochléenne plus petite, qui se tord sur elle-même, et dont les filets décrivent une spirale oblique et s’engagent dans la fossette antérieure dont nous avons parlé plus haut, et en branche vestibuluire, plus considérable, destinée au vestibule et aux canaux demi-circulaires et dont les filets passent par les trous de la fossette postérieure; ces deux branches,

comme nous l’avons dit, paraissent avoir des racines distinctes.

La branche cochlécnne, arrivée dans le limaçon par la série de petits trous qui y aboutissent, s’épanouit sur la cloison ou la lame spirale, en formant sur cette lame des zones distinctes, correspondant aux trois zones dont cette lame est ellemême formée ; sur la zone osseuse qui touche à l’axe, le nerf est disposé eu filets cylindriques divergents ; sur la zone médiane, qui est semi-osseuse et semi-membraneuse, ces filets s’aplatissent, se divisent et se croisent en formant des anses anastomotiques ; enfin la troisième zone ou la zone membraneuse , qui est très-mince, transparente et cependant parcourue par des vaisseaux, semble uniquement formée de filaments fibreux et ne pas renfermer de substance nerveuse (I).

La branche vestibulairc, aplatie, plus fibreuse que la précédente, se divise au fond de sa fossette en trois faisceaux.] Le premier, qui est le plus grand, ayant pénétré dans le vestibule osseux par un des petits cribles dont nous avons parlé, se divise en trois rameaux qui se rendent aux ampoules des deux canaux semi-circulaires vertical antérieur et horizontal, et à l’utricule.

Le second se rend, sans se diviser, dans l’ampoule du canal vertical postérieur. Les filaments de ces deux faisceaux se terminent dans ces ampoules en s’y étalant en éventail, et en y formant une espèce de cloison ou de septum. Les canaux ne reçoivent de nerfs dans aucune autre de leurs parties.

Le troisième faisceau est situé entre les deux précédents ; il se rend dans le vestibule membraneux et se distribue sur sa paroi interne par un réseau aussi mou que compliqué.

[Les filaments nerveux traversent la membrane du sac aussi bien que celle des ampoules ; ils s’épanouissent à sa surface interne et se mettent en contact avec les concrétions calcaires.

C’est ici le lieu de rappeler ce qui a été dit aux art. îv, v et vm de la neuvième leçon, concernant les nerfs qui traversent la cavité du tympan. Le rameati de Jacobson fait communiquer le ganglion otique avec le ganglion pélreux, c’est-à-dire le trijumeau avec le glosso pharyngien. Parlidu ganglion pétreux, et entré dans la cavité du tympan, il se loge dans une cannelure du promontoire et se divise en six filets : deux se perdent autour des fenêtres ronde et ovale, le troisième s’unit au rameau carotidien externe du ganglion cervical supérieur, le quatrième se ramifie dans la trompe d’Eustache, le cinquième s’anastomose avec le rameau crânien du nerf vidien, et le sixième, après

(i) Voy. Breschet. Recherches sur l’organe de l’audition dans l’homme et les animaux vertébrés, dans les Mém. de l’ Acad, deméd,, t. V. Paris, i836.

TREIZIÈME LEÇON. — ORGANE DE L’ODIE

s’être réuni à un filet du nerf facial, sort de la caisse et se termine au ganglion olique.]

Pendant qu’il parcourt l’aqtieduc, le nerf facial donne un nerf au muscle de l’étrier et un long filet qui traverse la caisse ainsi que nous l’avons vu (page 478), pour aller s’unir à un rameau du maxillaire inférieur de la cinquième paire ; on nomme ce filet la corde du tympan , parce qu’il est placé derrière celte membrane comme la corde qui traverse sons celle d’un tambour. [Celle corde donne un filet au muscle antérieur du marteau, puis elle sort de la caisse par la fissure de Glaser.]

Le méat externe reçoit des nerfs du maxillaire inférieur de la cinquième paire, de son rameau temporal superficiel (voyez page 478). Le dos de la conque, et ses muscles, en reçoivent du rameau occipital du facial (voyez page 483), et de la seconde paire cervicale (voyez page 489), qui en donne aussi h la partie concave de la conque; mais cette partie en reçoit davantage d’un autre rameau du facial (voyez page 483).

Les nerfs de l’oreille interne des mammifères et ceux de la cavité du tympan ne diffèrent en rien d’essentiel de ceux de l’homme. [Il parait cependant que le rameau de Jacobson n’existe pas chez les cétacés, ou du moins qu’il ne traverse point la cavité du tympan.] Ceux de l’oreille externe sont plus gros et plus nombreux, en raison de la grandeur de la conque et de ses muscles; mais ils tirent leur origine des mêmes paires.

Dans les oiseaux, l’enfoncement qui tient lieu de canal auditif interne est ovale; son grand diamètre est presque horizontal. 11 offre cinq trous pour le passage des nerfs, dont un pour le nerf facial, et quatre pour l’acoustique. De ces derniers, trois donnent dans le vestibule osseux, et un dans le limaçon. Les trois rameaux de l’acoustique, qui vont aux canaux semi-circulaires, pénètrent dans leurs ampoules et s’y divisent comme dans l'homme et les mammifères. Celui du limaçon se rend dans le supérieur des deux cartilages qui forment la cloison de cet organe, s’y divise eu rayonnant, et, parvenu vers le milieu de sa longueur, le perce pour se distribuer en patte d’oie [dans l’autre car-

tilage. Un dernier filet se rend à la pointe du cône du limaçon dans le lagéna.] Plusieurs filets remontent en sens contraire du tronc pour se rendre dans la base de ce même cône.

Le nerf facial des oiseaux reçoit un filet du nerf vague, pareil à celui dont nous avons parlé dans l’homme, page 482. Il traverse l’oreille dans un canal osseux ; et après être sorti de la caisse, il se rend principalement dans le palais.

Dans les reptiles et dans les poissons , mais surtout dans ces derniers, on voit encore mieux que dans les animaux à sang chaud, avec quelle constance les branches du nerf acoustique se rendent aux ampoules des canaux semi-circulaires. Dans les reptiles, il se partage avant de pénétrer dans le labyrinthe osseux, et il y arrive par plusieurs trous; dans les poissons chondroptérygiens, il y arrive par un seul trou, et ne se divise que lorsqu’il y est. Dans les autres poissons, il n’a besoin de percer aucune cloison osseuse, l’oreille étant dans la cavité du crâne.

Dans les raies et les squales , il y a toujours deux rameaux : l’un, qui est plus petit, donne des filets au sac vers le petit corps amilacé, et se partage ensuite aux ampoules du canal antérieur et de l’horizontal; l’autre, plus grand, forme une belle patte d’oie dans la portion du sac qui contient le grand •corps amilacé. Scs nombreuses branches ont entre elles de frequentes anastomoses.

Le nerf facial entre dans l’oreille par un trou particulier. Il va se joindre à une branche de l’acoustique, qui donne dans l’ampoule du canal postérieur, puis il s’en resépare pour sortir par un second trou, et se distribuer aux téguments de la tête et aux muscles voisins.

Les nerfs acoustiques des poissons osseux sont souvent au nombre de trois ou quatre qui parlent séparément de la moelle allongée ; il en va un filet à chaque ampoule, un autre au vestibule et un autre plus grand au sac qui contient les pierres. 11 se répand par une infinité de filets, qui forment un très-bel appareil, sous la paroi du sac qui contient la grande pierre. On peut les voir principalement dans la morue et dans les sciènes. La grandeur des réseaux décroit avec celle des pierres.

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