ARTICLE TROISIÈME. — DU PANNICULE CHARNU
Par cette contraction en tous sens les muscles accessoires se trouvent tendus et aptes à se contracter : les antérieurs relèvent la tête et l’étendent vers le dos.
Les postérieurs relèvent la queue.
Ceux de la couche profonde relèvent la tête et le col, et l’animal peut alors marcher.
Le hérisson s’aperçoit - il de quelque danger; veut-il se rouler en boule :
L’orbiculaire se relâche, et les muscles de la queue et de la tète allongent l’ovale ; les profonds transverses qui s’attachent sur la portion externe du peaussier du ventre l’élargissent.
Tout cède alors. Les fléchisseurs et le peaussier du col et de la poitrine rapprochent la tête du ventre ; le peaussier et les muscles de l’abdomen approchent la queue et les cuisses de la tète ; les fléchisseurs des membres se contractent. Le grand orbiculaire glisse sur les côtes; et se contournant par ses bords, et reprenant par là la forme d’une bourse, il maintient l’animal pelotonné.
[Le peaussier du lettre o fournit à tout le corps, depuis le coccyx jusqu’à la tête, un étui serré, qui enveloppe même la cuisse et le bras à leur face interne. Ses fibres superficielles sont en général longitudinales, mais les fibres profondes se rassemblent en plusieurs faisceaux distincts par leur direction et leurs attaches. Celles qui constituent le peaussier ventral accompagnent le grand pectoral a son attache à l’humérus ; un autre faisceau occupant le dos et l’épaule accompagne le grand dorsal à son attache au même os; un troisième faisceau, venu des parties latérales du ventre, va s’insérer au coude, qu’il tient ainsi rapproché du corps ; et un quatrième faisceau, partant des mêmes points et passant à la face interne du bras, vient s’épanouir sous la gorge et la mâchoire et rejoint les fibres du peaussier du cou; au-dessous de celui-ci (l’animal étant vu par sa face inférieure), il y a une couche profonde composée de trois muscles : l'un, antérieur et élargi, se dirige de la ligne médiane obliquement en avant et en dehors sous le cou et sous la mâchoire; les deux autres, en forme de ruban, se dirigent du même point de la ligne médiane en arrière vers le bras, où ils s’insèrent, l’un au-devant de l’humérus, avec le deltoïde, l’autre au coude, immédiatement derrière l’insertion du superficiel. L’ensemble de ces muscles doit ramener la tête entre les jambes de devant. On voit que e tenrec, avec un pannicule ainsi composé, peut s’enrouler assez fortement, bien que d’une manière moins complète que le hérisson.
Dans Voryctère ou rat-taupe du Cap, le peaussier, parti de la queue et de tout le bord postérieur de la cuisse, enveloppe le dos et les flancs comme d’un manteau, et se partage en avant, en languettes distinctes.
La plus inférieure passe sur la face externe du bras et vient s’attacher à l’humérus avec le deltoïde ; une autre, placée un peu au-dessus, et qui rassemble le reste des fibres du dos et des flancs, vient s’attacher à l’acromiou, au même point qu’un autre muscle sous-cutané qui va de l’acromion à la mâchoire inférieure, et que l’on appelle l'acromtomaxillaire.
Au cou, les fibres du peaussier forment deux couches : la profonde, qui envoie des fibres fort en arrière sous le peaussier du dos, vient s’attacher obliquement sur le côté de la mâchoire inférieure ; la couche superficielle, croisant la direction de la précédente, vient en convergeant du sommet du cou, de l’occipital et du tour de l’oreille, s’attacher sous la forme d’un ruban étroit sur la ligne médiane derrière l’acromio-maxillaire.
il n’y a au ventre qu’un petit trousseau de fibres allant du bord antérieur de la cuisse à la ligne blanche.
Dans l’ ornithorhynque , la couche superficielle du pannicule enveloppe tout le corps de fibres longitudinales depuis la queue et le bord postérieur de la cuisse jusqu’à la tête. A la partie inférieure du cou, il y a une autre couche profonde de fibres longitudinales qui recouvrent la poche buccale, et entre les deux une couche de fibres transverses qui se rejoignent sur la ligne médiane. A la partie supérieure et latérale du cou, sous la couche superficielle, il y a deux muscles presque transversaux; l’un qui de la face interne du peaussier, en avant du bras, va s’attacher à l’hyoïde, l’autre qui de la partie postérieure de la poche buccale va aussi s’attacher à l’hyoïde. Au dos, la face inférieure du peaussier montre également une couche profonde de faisceaux musculaires : l’un, parti de la région lombaire, où il adhère aux aponévroses, vient s’attacher au peaussier près du crâne ; un autre, qui représente le peaussier dorso-venlral de la plupart des mammifères, part de l’humérus vers l’attache du grand pectoral, et va s’insérerait peaussier, près des lombes, 11 semble être l’antagoniste du précédent. ]
Les muscles peaussiers des tatous (dasypus) ne sont point aussi forts ni aussi compliqués queceux du hérisson, quoique ces animaux aient aussi la faculté de se rouler en boule.
Le grand peaussier du dos est plus épais sur les bords du ventre, où il est fortement adhérent au pli qui réunit la peau de l’abdomen avec celle du dos. Il adhère à la peau des aines et des aisselles ; il envoie aussi quelques prolongements qui s’attachent à la tête et à la queue ; mais ses fibres charnues sont très-minces. Quelques-unes se détachent d’espace en espace pour s’insérer au bord antérieur de chacune des bandes osseuses qui recouvrent le dos de l’animal.
Les peaussiers du ventre sont aussi très-grêles ;
QUATORZIÈME LEÇON. — SENS DU TOUCHER
ils fournissent quelques fibres charnues à la verge, et le trousseau qu’elles forment a beaucoup de ressemblance avec ce que nous avons observé dans le raton; mais il est moins épais.
Le peaussier du col .existe ; mais il est trèsmince : il se prolonge sous les écailles de la face.
Dans les oiseaux, ces muscles sont plus prononcés dans certaines espèces, particulièrement lorsque l’oiseau meut à sa volonté les plumes de la huppe, du cou, du croupion, comme dans les huppes, les kakatoès , les hérons , etc. Nous allons les faire connaître dans Voie, oiseau sur lequel il est très-facile de les disséquer.
Le peaussier du ventre s’attache sur la septième et la huitième côte par deux digilations charnues comme le grand dentelé ; il est large, aplati, et se dirige obliquement en devant et en haut vers l’articulation scapulaire de l’os du bras. Arrivé audessous de la tête articulaire, il s’insère à la peau.
Il y a aussi sur la partie latérale externe de chacun des muscles grands pectoraux quelques fibres charnues. Dans l’épaisseur de la peau, elles se confondent immédiatement au-dessus de l’aisselle avec le tendon du grand pectoral.
Immédiatement au-dessous delà partie large et plane de l’os pelvien entre les deux iléons, on remarque sur la peau deux petits plans charnus, dont les fibres, courtes et comme mamelonnées, agissent sur les plumes de cette partie et les redressent.
On voit aussi le long de la peau du col des bandes longitudinales de fibres musculaires qui meuvent cette partie : ils forment deux plans distincts, surtout sur les côtés.
Dans les grenouilles, il n'y a point de muscle peaussier du corps, parce que la peau ne lui est point adhérente ; mais ou trouve sous la gorge des fibres qui s’attachent au pourtour de la mâchoire et qui s’insèrent au tissu cellulaire qui unit la peau à l’origine de la poitrine.
Dans les tortues, le peaussier du col est trèsvisible, et il semble formé de deux parties; il est étendu depuis et dans toute la concavité de la mâchoire inférieure jusqu'au bas du col à la partie antérieure du plastron. Une ligne médiane cellulaire le réunit avec celui de l’autre côté ; il prend naissance sur les apophyses transverses des vertèbres cervicales. Étendu sur les muscles du col, il leur sert comme de sangle. Dans sa partie inférieure, il est percé par le sterno-masloidien, qui, comme nous l’avonsdil, vient des parties latérales du plastron.
Lorsque l’on a enlevé la peau des poissons épineux, tels que la carpe, on trouve des fibres musculaires qui lui sont intimement adhérentes. Elles sont divisées en deux portions par une ligne longitudinale qui indique la situation de la colonne vertébrale. On y voit des inscriptions tendineuses
qui tiennent it la peau; elles décrivent des courbes dont la convexité regarde la queue. Voilà les seules parties qu’on puisse regarder comme les muscles peaussiers des poissons.
Dans les animaux non vertébrés, à corps mou, il n’y a, pour ainsi dire, que des muscles peaussiers; ou du moins le plus grand nombre des muscles sont attachés à la peau : mais comme ils servent aussi à la locomotion, nous les avons fait connaître en décrivant les organes du mouvement.
ARTICLE IV