‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 315 sur 367 · DU TOUCHER, ET LES PRESERVENT CONTRE LES IM- PRESSIONS TROP PORTES · texte numérisé non relu

DU TOUCHER, ET LES PRESERVENT CONTRE LES IM- PRESSIONS TROP PORTES

L épiderme défend la peau, et empêche le contact des corps extérieurs de devenir douloureux ;

mais il ne suffirait pas dans toutes les circonstances, et la nature l’a armé de diverses parties de même nature que lui, mais de formes et d’épaisseurs différentes, qui servent à le renforcer ; ce sont les poils , les plumes, les écailles , les ongles et les cornes.

1» Des poils.

Les poils sont des filaments de substance cornée qui paraissent spécialement destinés à garnir la peau des mammifères. Une de leurs extrémités est implantée dans l’épaisseur même du cuir et souvent jusque dans le pannicule charnu. Cette extrémité est renflée en un bulbe plus ou moins gros, renfermé dans une gaine membraneuse épaisse, qui contient quelquefois une gouttelette de sang. Plus le poil est jeune, plus ce follicule est gros. Si on vient à le piquer alors, le sang qui en sort le fait affaisser, et il devient très-mou.

Toute la partie du poil qui est au dehors de la peau se nomme la lige : c’est un cône très-allongé, dont l’extrémité fibre forme le sommet. [La description que nous donnons plus loin de la composition du bulbe des gros piquants du porc-épic fera mieux comprendre celle du bulbe des poils ordinaires, et leur mode de formation.] Le poil croit par sa base : c’est ce qui fait que les jeunes animaux les ont beaucoup plus fins que les vieux, et c’est pour ceia que dans les personnes auxquelles o ii les coupe, ils semblent augmenter en nombre, quoiqu’ils n’augmentent en effet qu’en diamètre.

Les poils, en sortant de la peau, entraînent avec eux une petite portion de l’épiderme qui forme à leur base une espèce de gaine. Cette couche se détache petit à petit sous forme d’écailles transparentes et comme farineuses.

Les animaux naissent avec les poils de certaines parties de leur corps plus ou moins développés ; d autres ne se manifestent qu’à une certaine époque de la vie ou par suite de leur accroissement.

Comme les cheveux et les autres poils de l’iiomme sont très-grêles, il est difficile d’en étudier la structure; mais les soies du sanglier, et les moustaches des chats et autres carnassiers, peuvent très-bien servir à ces sortes de recherches.

Quand on examine à la loupe une soie du sanglier, on voit qu’elle est cannelée dans toute sa longueur par une vingtaine de sillons, formés par autant de filaments, dont la réunion constitue la surface du poil. Au milieu de la soie sont deux canaux dans lesquels est contenue une humeur qu’on a nommée la moelle : par la dessiccation les filaments du poil se séparent les uns des autres en commençant par la pointe, comme on le voit dans les soies des brosses ; alors les cavités médullaires

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sont vidées, on n’y voit plus que quelques lames qui s’y croisent en divers sens.

[ 11 y a, dans les animaux qui paraissent voisins, des différences assez grandes dans la structure dfe leurs poils; ainsi les porcs-épics d’Amérique n’ont point de cloisons rayonnantes cornées dans l’intérieur de leurs épines ; et on en trouve au contraire dans celles des porcs-épics de l’ancien monde ; les pécaris offrent les mêmes différences comparés aux cochons , etc. ]

Les poils de l 'élan, du musc , du renne , et de plusieurs autres cerfs et antilopes , du hérisson, du lonrec, du porc-épic , etc., ne sont pas tout a fait semblables : leur surface est recouverte d’une lame cornée, dont l’épaisseur varie, sur laquelle on observe quelques cannelures. L’intérieur est rempli par une substance spongieuse blanche, et qui parait au premier coup d’œil semblable à la moelle du sureau (sambucus).

[ Le grand volume des piquants du porc-épic rend leur dissection facile, et permet d’approfondir leur mode de formation (1).

L’appareil qui produit l’épine se compose d’une gaine et d’un bulbe ; il s’y ajoute deux parties accessoires, une cellule adipeuse et un follicule.

La gaine et le bulbe qu’elle enveloppe sont eufoncés dans une cavité ou capsule du derme, dont la saillie se voit à sa face profonde. La gaine est composée de deux laines, qui viennent s’attacher au derme, autour du col de sa capsule, et dont la plus interne, celle qui est appliquée contre le bulbe, peut être regardée comme correspondant au corps muqueux de la peau. Ces deux lames s’attachent aussi au fond de la capsule dermique autour du faisceau de vaisseaux et de nerfs qui la traversent pour sc rendre dans le bulbe. La lame ou membrane interne de la gaine sécrète la matière cornée, tantôt blanche et tantôt colorée, qui constitue le tube de l’épine, et elle dépose aussi des lames de la même matière dans des stries dont le bulbe est marqué, de manière à produire, dans l’intérieur de la tige, ces cloisons rayonnantes qui traversent la moelle et qui donnent aux épines l’apparence de tubes cannelés, bien qu’ils soient lisses en réalité. Quant au bulbe lui-même, il remplit la cavité conique que lui offrent la gaine et le tube que celleci sécrète; il est rougeâtre, mou, élastique; c’est lui qui dépose la matière spongieuse qui remplit le tube de l’épine. Mais bientôt le bulbe cesse de recevoir les éléments de sa nutrition et de déposer la moelle; la gaine, au contraire, continue de sécréter la matière cornée, alors l’épine se rétrécit ;

(i) Voy. Gaultier, Descript. anal, du syst. cutané du porc-épic t dans le Journ. de physique, 1820, t 90, p. 24. — Fréd. Cuvier, Recherches sur la structure et le développement des épines du porc-épic , dans Nouv. unn. du muséum.

son intérieur cesse de contenir de la substance spongieuse ; elle se termine par un long pédicule corné qui forme l’un de ses caractères, et bientôt elle tombe pour faire place à une épine nouvelle. Sous chacune des épines, et rangées symétriquement comme celles-ci, on trouve des poches formées chacune d’une membrane blanche, lisse, brillante, que remplit une graisse blanche et ferme; la racine de l’épine, avec sa gaine, déprime cette poche, et s’y enfonce sans la percer. Gaultier les appelle très -justement des cellules adipeuses. Plus haut que cette cellule, près du point où l’épine se montre au dehors, et dans l’épaisseur du derme, est uneautre petite capsule folliculaire, qui s’ouvre dans la gaine même, au moyen d’un petit canal dont l’orifice se voit à la partie supérieure de celleci. Ce follicule a au-dessous de lui une petite poche adipeuse spéciale, avec laquelle il communique par un petit conduit.

L’appareil de formation des poils des moustaches du porc-épic n’a pas de cellule adipeuse ; mais, bien que beaucoup plus petit, sa composition est la même que celle des grandes épines : la membrane de la gaine qui sécrète la matière cornée y est même entièrement noire, comme le sont les poils eux-mêmes : une des couches profondes de l’épiderme parait pénétrer aussi dans la capsule, et recouvrir immédiatement le poil.

Ces obscrvalions font bien comprendre la composition différente des poils des animaux. Lorsque le bulbe est très-petit, la portion spongieuse est peu considérable dans la tige, et le poil semble plus ou moins entièrement corné; quand, au contraire, le bulbe est fort, la portion spongieuse est considérable, et le poil est cassant ; et de même, lorsque la gaine produira un tube corné plus ou moins ferme ou épais, le poil sera plus ou moins élastique et résistant. Ainsi les poils de l 'unau et de l’aï n’ont de matière cornée qu’à leur pointe ; le reste est à peu près entièrement spongieux; ceux du tamandua sont cornés, mais creux; ceux de la queue de la girafe sont cornés et pleins ; ici le bulbe, s’il existe, est rudimentaire ; la gaine seule produit activement. Au surplus, on trouvera, dans les détails qui suivent, d’autres exemples encore de ces diverses dispositions.

L’implantation des poils dans la peau parait souvent soumise à certaines lois. Nous avons dit que les épines daporcépic naissent par séries de sept, neuf ou onze, sur une ligne un peu courbe; dans le paca , c’est par série de trois poils ; dans l’aï, les poils semblent implantés en quinconces ; dans la chèvre et le mouton , ils sont disséminés confusément, etc. ]

La couleur des poils paraît en partie due h celle du tissu muqueux, puisque, comme nous l’avons dit, dans les animaux dont le pelage est pie ou de diverses couleurs, les différentes taches que for-

ARTICLE SEPTIÈME. - DES PARTIES INSENSIBLES

ment les poils indiquent celles de la peau qu’ils recouvrent.

Dans l’espèce humaine même, il y a des rapports marqués. Les nègres ont généralement les cheveux noirs; les individus qui ont les cheveux roux ont souvent à la peau des taches de son ou de rousseur. Ceux qui ont les cheveux noirs ont le teint plus brun que les personnes Mondes.

La couleur des poils réside dans leur substance cornée, et non dans leur moelle, qui est ordinairement blanche. Cela est surtout évident dans les piquants du porc-épic. Les couleurs varient presque à l’infini ; il y a des poils qui ont des couleurs différentes dans diverses parties de leur longueur. On peut consulter sur cet objet les ouvrages des naturalistes.

[La forme des poils varie dans ses différentes parties, à savoir : dans sa racine, dans sa pointe, dans son corps. Ainsi leur racine est aiguë et obtuse, ou renflée, ou simplement tubuleuse; dans le hérisson, par exemple, elle est renflée à son extrémité, de manière à ne pouvoir être arrachée aisément ; dans le cerf, au contraire, clic est si fine et si courte, qu'elle se détache au moindre effort. Leur pointe est effilée, on mousse ou tranchante.] La forme de leur corps est le plus souvent ronde, comme dans les cheveux, les crins; ils sont aplatis sur la queue de V hippopotame cl sur le corps du tamanoir, onduleux cl comme gaufrés dans plusieurs espèces de ruminants, et plus particulièrement dans le musc (moschus moschiferus). [Véchimys ale poil creusé en gouttière ; le porc-épic h queue en pinceau (histrix fasciculata. Lion.) a plusieurs des épines de la queue en forme de chapelet . ] La surfacedes poils présentedes cannelures en spirale dans les mulets ; ils sont fins, longs et soyeux dans quelques variétés de chérres, de chats, etc. ; ils sont crépus et frisés dans les béliers ; ils sont roides et dressés dans les cochons, les hérissons , les porcs-épics , etc. Leur grande épaisseur, dans ces deux derniers, leur a fait donner le nom d 'épines.

[Tous les mammifères paraissent pourvus de deux espèces de poils; les uns qu’on appelle laineux, les autres qu'on nomme soyeux. Les premiers constituent la partie la plus fine du vêtement des animaux; ils sont communément un peu frisés, peu colorés, et paraissent surtout destinés à garantir l’animal du froid; les seconds sont plus fermes, plus lustrés; ce sont eux surtout qui se montrent à l’extérieur, et qui déterminent par leur couleur la robe de l’animal. Ces deux espèces de poils se rencontrent dans des proportions trèsdifférentes dans les divers animaux ; et il paraît que l’homme a les moyens d’agir sur leur production; les races du mouton, où l’on est parvenu à supprimer presque entièrement les poils soyeux et à développer énormément les poils laineux, en offrent un exemple remarquable.]

Dans les animaux domestiques, le climat influe beaucoup sur la nature des poils. Dans le Nord, ils deviennent longs et roides, comme on le voit au chien de Sibérie, au bélier d’Islande, etc. Dans le climat d’Espagne et de la Syrie, ils deviennent touffus, fins, soyeux : tels sont les moutons d’ Espagne, les chiens de Malte ou bichons, les chèvres, les chats et les lapins d’slngora. Dans les pays trèschauds, ils deviennent rares, ou se perdent tout à fait, comme dans les chiens de Guinée , nommés vulgairement chiens turcs.

On a désigné par des noms divers toutes les variations que présentent les poils, par rapport à la partie qu’ils recouvrent; et c’est de là que sont venus les noms de cheveux, de cils, de sourcils, de moustaches, de barbe, etc.

Tous les mammifères, à l’exception des cétacés, ont des poils plus ou moins nombreux : nous allons indiquer brièvement leur disposition dans les différentes familles.

L’homme a tout le corps couvert de poils rares, mais si fins dansquclques parties, qu’on abeaucoup de peine à les apercevoir. Ceux de la tête et de la barbe sont les plus longs ; ceux des aisselles et du pubis viennent ensuite ; ceux de l’intérieur du nez et des oreilles, des cils et des sourcils; enfin, ceux des diverses parties du corps. 11 en a plus sur la poitrine et sur le ventre que sur le dos : ce qui est le contraire des autres animaux. La paume de la main et la plante du pied n’en ont jamais.

Dans les singes proprement dits, les poils de la tête ne sont ordinairement pas plus longs que les autres. Ceux qui recouvrent les avant-bras sont redressés du côté du coude, au lieu d’être dirigés vers la main dans Y orang-outang et dans quelques autres espèces : ce qui est une ressemblance qu’ils ont avec l’homme. Dans un grand nombre de quadrumanes, les fesses sont entièrement privées de poils.

Parmi les chéiroptères, dont le poil est court, fin et comme velouté, les galéopithèques en ont sur la membrane des côtés de la queue et sur les oreilles. Le vespertilio lasiurus, Lin., en a aussi sur la membrane de la queue. Les autres espèces n’en ont que de très-rares sur les membranes des ailes, du nez et des oreilles.

Les hérissons n’ont île ces piquants dont nous avons parlé, que sur le dos et la tète. Les poils des membres et du dessous du corps sont des soies roides. Les tenrccs ressemblent à cet égard aux hérissons : quelques espèces ont même des soies et des piquants entremêlés.

Dans les taupes et les musaraignes, le poil est si court, si fin et si serré, que leur peau est aussi douce au toucher que le velours.

Dans les carnivores, le poil varie beauaoup. Dans les espèces à poils fins , comme les martes >

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QUATORZIÈME LEÇON. - SENS DU TOUCHER

les zibelines, les hermines, les fouilles , etc., il y en a de deux sortes : les uns plus près de la peau, très-fins, très-serrés et comme entremêlés, ce sont les laineux; les antres plus longs et plus roides, les seuls qui paraissent à la surface, ce sont les soyeux. Ce sont ces deux sortes de poils qui constituent les bonnes fourrures.

Il en esta peu près de même parmi les rongeurs à poils fins. Dans les porcs-épics , les piquants de la tête, du col et du ventre sont plus grêles, plus courts et plus flexibles que ceux du dos. Sur la queue, il y a une douzaine de poils qui ressemblent à des tuyaux de plume, tronqués à leur extrémité libre; ils sont fistulcux. Leur autre extrémité est pleine, grêle et très-flexible. Ce sont ces tuyaux qui résonnent lorsque l’animal agite sa peau : [on lui avait même attribué la faculté d’y faire entrer son urine, pour la lancer ensuite au loin comme avec un goupillon. Ce qui aura pu donner naissance à cette fable, c’est que souvent ces épines creuses se chargent des ordures où l’animal laisse traîner sa queue, et peuvent les projeter à quelque distance lors des mouvements brusques qu’il imprime à ses piqnanls.]

Aucune famille ne présente plus de variétés pour les poils que celle des édentés.

Dans le tamanoir ( myrmecophaga jubata) le poil est large, plat, avec un sillon longitudinal sur l’une et l’antre face, en sorte qu’il ressemble à une feuille de graminée desséchée. D’autres espèces de fourmiliers , comme celui à deux doigts , ont au contraire une laine très-fine. Plusieurs ont des écailles dures et tranchantes qui sont couchées les unes au-dessus des autres comme les tuiles d’un toit : tel est le cas des pangolins (mania, Lin.). D’autres ont des piquants, comme Yéchidné épineux ( echidna hystrix ). Le genre des tatous ( dasypus ), outre les écailles ou bandes osseuses à compartiments réguliers qui revêtent leur dos et leur tête, ont des poils rares, courts et roides, semblables à ceux des éléphants,- mais ces poils tombent avec l’âge.

Les cochons sont, parmi les pachydermes, ceux qui ont le plus de poils : on les nomme soies ; elles sont rares, et souvent fendues à leur extrémité libre. Les autres genres en ont très-peu.

Nous avons déjà indiqué la nature des poils de

élan et du musc. Les bœufs, les cerfs, les antilopes, la girafe, ont généralement le poil court. Les chameaux ont un poil très-fin et très-doux, surtout la vigogne ( camelus vicunna) : tous ont des callosités dénuées de poils sur les genoux et sur la poitrine. Les chèvres ont le poil long et fin; elles ont le menton garni d’une espèce de barbe pointue. Les brebis ont un poil long, frisé, crépu, entremêlé, auquel on a donné le nom de laine.

Les solipèdes ont généralement les poils courts comme les ruminants. [ Cependant quelques races

de chevaux du Nord les ont très-longs et onduleux.] On a donné plus particulièrement le nom de crins à ceux du col et de la queue, qui sont beaucoup plus longs.

Les amphibies, c’est-à-dire les phoques et les morses, ont le poil court, roide et très -serré.

Nous avons déjà dit que les cétacés en sont totalement privés.

Les poils de tous ces animaux, quelle que soit la forme qu’ils affectent, laines, soies , épines, piquants, écailles , etc., donnent par l’analyse chimique à peu près les mêmes résultats. Soumis à l’action du feu et à l’air libre, ils se fondent ou se liquéfient d’abord en se boursouflant ; ils donnent ensuite une flamme blanche et se réduisent en charbon noir, très-difficile à incinérer.

Traités par la distillation à feu nu, on en retire une liqueur rougeâtre, qui contient du prussiate d’ammoniaque et un autre sel à base d’ammoniaque, combinée avec un acide animal particulier, que Bertholiel a nommé zoonate d’ammoniaque. Le charbon qui reste au fond de la cornue est léger; il contient du carbone et du phosphate de chaux.

Les poils ne se dissolvent pas entièrement dans l’eau bouillante ; mais il s’en détache une matière mucilagineuse qui est la moelle : ils sont entièrement solubles dans les alcalis caustiques et dans quelques acides.

[Vauquelin a trouvé que les cheveux étaient formés en grande partie d’une matière animale, analogue au mucus, qui en fait la base, et qu’ils contenaient : une huile blanche concrète, une autre huile dont la couleur varie avec celle des cheveux, verdâtre dans les cheveux noirs, rouge dans les cheveux rouges, incolore dans les cheveux blancs ; du fer dont l’état de combinaison est incertain, quelques atomes d’oxide de manganèse, du phosphate et du carbonate de chaux, un peu de silice et du soufre en quantité notable. La présence de ce corps explique comment on teint les cheveux avec des préparations de plomb.

Les cheveux blancs contiennent, déplus que les autres, du phosphate de magnésie.]

2° Des plumes.

Elles sont propres aux oiseaux, comme les poils aux mammifères, les écailles aux reptiles et aux poissons.

Avant de faire connaître les formes et les nombreuses variétés auxquelles les plumes sont sujettes, nous croyons utile de parler de leur structure ; et, pour en donner une idée plus nette, nous allons indiquer de quelle manière elles se développent (1).

(i) Voyez sur ce point d’anatomie les travaux de

ARTICLE SEPTIÈME. — DES PARTIES INSENSIBLES

Lorsque le petit oiseau sort de l’œuf, et pendant les premiers jours de sa naissance, il est recouvert de poils plus ou moins serrés, excepté sur la région du ventre. Ces poils, qui varient en couleur et en épaisseur, sortent de la peau par faisceaux de dix à douze. Ils sont implantés dans un bulbe ou follicule qui parait contenir le rudiment ou la gaine de la plume. En effet, quand, au bout de quelques jours, la plume se manifeste au dehors sous l’apparence d’un tuyau noirâtre, on voit que le faisceau commun des poils est adhérent à son sommet, et que même il pénètre dans l’intérieur de la gaine.

A mesure que la plume croit et se développe, le poil tombe. Dans quelques familles, comme celle des oiseaux de proie, il reste longtemps adhérent à son extrémité, sous la forme d’une espèce de duvet.

Les oiseaux n’ont de poils qu’à cette seule époque de leur vie ; car lorsque, par la suite, les plumes croissent de nouveau, comme dans le temps de la mue, il n’y a pas d’apparence de poils.

Nous avons dit que la gaine do la plume se manifestait quelques jours après que l’oiseau était sorti de l’œuf : ce sont les pennes ou grandes plumes des ailes et de la queue qui se manifestent les premières ; puis les couvertures, et cniin les petites plumes du corps.

Cette gaine est un tube fermé de toutes parts, excepté à son extrémité implantée dans la peau. On y remarque un petit trou, ou ombilic, par lequel les vaisseaux sanguins pénètrent dans 1a cavité du tube : aussi, lorsqu’on l’arrache, produiton une petite hémorrhagie.

Lorsque la gaine est sortie de la peau, elle se fend pur l’action desséchante de l’air et par la force expansive des parties contenues. II s’y fait une déchirure longitudinale, et l’on en voit sortir l’extrémité de la tige do la plume. Plus celle-ci croit, plus la gaine se déchire, et ses tuniques desséchées se détachent sous formes d’écailles légères et pellucides.

[Quelquefois cependant la gaine se conserve intacte assez longtemps, et alors ou peut y distinguer dans toute sa longueur une ligne un peu plus transparente que les parties environnantes. Cette ligne répond à ce qui sera plus tard la face interne de la tige, et résulte de ce que deux rangs de barbes repliées sur elles-mêmes au moment de leur formation ne se touchent pas par leurs extrémités, et laissent entre elles un petit espace.]

Si, dans ce période, on ouvre ce tuyau ou la gaine suivant sa longueur, on observe qu’il est formé découches nombreuses et cylindriques d’une

M. Dutrochet, De la structure et de la génération des plumes , dans le Journal de physique, t. LXXXVIII, 1819; et ceux de M. Fréd. Cuvier, Observations sur la

matière eornéfe et transparente, et qu’il renferme un cylindre d’une matière gélatineuse, dans laquelle rampent des vaisseaux sanguins. [Nous appelons ce cylindre le bulbe. La gaine et le bulbe méritent, par leur structure compliquée, une attention particulière.

La gaine n’est sèche et cornée qu’à son sommet; elle est molle à son extrémité cutanée, et là on peut mieux reconnaître les différentes couches membraneuses qui la composent. En dedans de la couche la plus extérieure, qui est épidermique, on trouve la membrane striée externe : elle est colorée quand la plume l’est elle-même, et marquée à sa face interne de stries fines, parallèles, dirigées obliquement de bas en haut, et qui semblent partir de deux lignes longitudinales, s’écartant l’une de l’autre vers le bas, et qui correspondent à la partie qui sera plus tard le dos ou la face externe de la tige (1). En dedans de la membrane striée externe, est une seconde membrane que l’on appelle membrane striée interne, et qui n’est peut-être que l’enveloppe propre et fibreuse du bulbe. Cette membrane, colorée comme la précédente, est marquée à sa face externe de stries qui correspondent à celles de la première. Mais par une dissection attentive on reconnaît que ces stries ne sont que les insertions de petites cloisons minces et obliques qui réunissent l’une à l’autre les deux membranes striées. On voit donc que, prises dans leur ensemble, ces deux membranes striées et leurs cloisons constituent entre l’épiderme de la gaine et le bulbe un petit appareil compliqué, un véritable moule, composé de deux cylindres concentriques et cloisonnés, entre lesquels se dépose et se solidifiera mesure qu’elle moule, la matière cornée qui forme les barbes. Les cloisons présentent aussi des stries plus ou moins saillantes, ce qui fait que les barbes sont elles-mêmes barbelées plus ou moins profondément. Quand on ouvre la membrane striée externe, on trouve les barbes remplissant les intervalles des cloisons et se rapprochant par leurs extrémités de manière à former un cylindre autour du bulbe qu’elles enveloppent, mais dans un état de solidité très-différent, selon la hauteur où ou les examine. Eu dehors de la peau ou près d’en sortir, elles sont solides et ont leur apparence cornée; plus bas, elles sont également bien formées, mais faciles à déchirer; enfin, tout à fait en bas, elles sont semblables à de la bouillie.

Cette partie compliquée de l’appareil producteur de la plume semblerait être l’analogue de la simple membrane qui, dans l’épine du porc-épic, en produit le tube corné.

Le centre de la gaine est occupé par le bulbe de

structure et le développement des plumes , dans Mém. du mus. d’Hist. nat., t. XIII, p. 327.

(1) Fréd. Cuvier, mém. cil., ûg. 6.

QUATORZIÈME LEÇON. — SENS DU TOUCHER

la plume. La structure de la partie supérieure de cet organe paraît être un peu différente suivant les différentes espèces de plumes. Mais à sa partie inférieure, c’est toujours une sorte de cylindre gélatineux, très-vasculaire à son extrémité, et dont l’enveloppe paraît légèrement fibreuse. Le sommet de ce cylindre gélatineux est conique et plus dur que le reste ; sou accroissement se fait, en longueur. La partie conique, qui en fait le sommet, sort de la gaine, se fend en se desséchant, et laisse voir la pointe de la lige et les premières barbes. La tige de la plume s’allonge et se durcit en même temps. La substance cornée qui en forme le dos se dépose dans l'intervalle des deux lignes de la membrane striée externe d’où partent les stries obliques, comme nous -l’avons dit plus haut, et dans l’intérieur de la tige le bulbe dépose la matière spongieuse qui la remplit.] A peine le premier cône est-il sorti de la gaine qu’il s’en forme un second qui en sort à sou tour, en développant de nouvelles barbes, et en donnant un nouvel accroissement à la tige, mais toujours par sa base. [Comme les deux lignes longitudinales de la membrane striée qui répondent au dos de la lige, et d’où naissent les barbes, vont toujours en s’écartant l’une de l’autre à mesure que cette tige grandit, et comme en même temps cette membrane est reployée en cylindre, on comprend que ces deux lignes doivent finir par se rejoindre sur la partie delà plume opposée au dos : c’est ce qui explique comment les deux séries de barbes d’une plume deviennent peu à peu antérieures, de latérales qu’elles étaient, et viennent se réunir près d’une ouverture qui conduit dans le tube et qu’on appelle ombilic supérieur.'] Enfin, lorsque la lige et toutes ses barbes sont sorties de la gaine, [celle-ci continue de croître sans se remplir de matière spongieuse], son intérieur sc dessèche, et ou n’y voit plus que des cônes membraneux enfiles les uns dans les autres, qui sont semblables à ceux dont le développement avait poussé les barbes au dehors, et qu’on nomme Varna de la plume.

Lorsque la plume a pris tout son accroissement, son tuyau ou sa portion tubuleuse se solidifie et fait continuité avec la tige , dont il contenait auparavant le germe : c’est un cylindre qui joint la force et l’élasticité à la légèreté spécifique. La matière sèche etvésiculeuse qu’on y remarque est le résidu ou la trace du gros canal charnu qui existait dans un âge moins avancé : c’est une sorte de corps caverneux, composé de plusieurs petits godets à la suite les uns des autres. Plus ces godets s’approchent de la tige , plus ils s’allongent : ils devienneut alors semblables à de petits entonnoirs plus ou moins allongés selon les espèces, et qui sont emboîtés les uns dans les autres. Le dernier

(i) Fréd. Cuvier, nié ni . cil., fig. 10 et ir.

de ces godets se partage en deux : l’un qui passe au dehors de la tige dans le sillon longitudinal qu’on y remarque; l’autre qui pénètre dans l’intérieur même de la tige. [Le premier remplit un petit conduit qui fait communiquer l’intérieur du tube de la plume avec l’extérieur, et qu’on appelle, comme nous l’avons dit, ombilic supérieur .

La marche et la succession des cônes produits par le bulbe ne parait pas toujours être semblable à celle qui vient d’ètre décrite, et varie avec les espèces déplumés. Quelquefois l’intérieur de la tige de la plume demeure creux, et on y retrouve les traces de toute la série des cônes successifs qui l’ont rempli, ainsi que la trace du .long tube qui les traversait tous dans leur centre (1). D’autres fois, plusieurs cônes superposés paraissent se former à la fois, et contenir une substance pulpeuse d’aspect différent, suivant qu’elle est plus ou moins éloignée du premier moment de sa formation. Ces cônes successifs sont autant de cornets formés par la membrane striée interne; ils s’emboîtent et n’adhèrent l’un à l’autre que par le contour de leur ouverture, et en même temps une tige fine et creuse, qui est la prolongation effilée du cylindre gélatineux, enfile de bas en haut tous ces cônes, et en fait une sorte de chapelet. Mais comme la substance pulpeuse qui remplit les cônes donne en cet endroit à la plume une forme cylindrique, ce n’est que lorsqu’on les a successivement incisés et qu’on en a enlevé la pulpe, qu’on peut facilement voir cette disposition. 11 est assez difficile de se rendre compte, dans les plumes qui la présentent, du véritable mécanisme de la formation de cet organe (2).]

La tige de la plume fait la continuité du tube. C’est un cône plus ou moins allongé, convexe sur une face, plat et sillonné sur l’autre, sur les parties latérales duquel s’attachent les barbes. Toute la superficie de la tige est recouverte par la matière cornée, qui semble provenir du tube. Son intérieur est rempli par une substance spongieuse blanche, très-légère, d’une nature particulière, semblable à celle qu’on trouve dans les piquants du porc-épic.

Les barbes sont de petites lames de substance cornée, qui sont implantées sur les côtés de la tige. Elles sont appliquées dans toute leur longueur les unes contre les antres comme les feuillets d’un livre, tantôt d’une manière très-serrée, comme dans les plumes d’oie ou de cygne , tantôt d’une manière lâche, comme dans les plumes du croupion du paon.

Ces barbes sont elles-mêmes des tiges sur les bords desquelles sont implantés une infinité de poils ou de filaments, tantôt lâches et isolés les uns des autres, tantôt composés et subdivisés eux-

- (a) Fréd. Cuvier, méat, cil., fig, fi et 9.

ARTICLE SEPTIÈME. — DES PARTIES INSENSIBLES

mêmes, mais le plus souvent si fins et si serrés, qu’on ne peut les apercevoir qu’à l’aide de la loupe. C’est par ces poils ou ces barbules que les barbes de la plume s’attachent les unes aux autres d’une manière si intime, qu’elles s’opposent au passage de l’air.

Telle est l’organisation générale des plumes. Voyons maintenant les variétés qu’elles offrent.

Tous les oiseaux changent de plumes au moins une fois l’année : l’ancienne plume est chassée par une nouvelle, qui obstrue les vaisseaux destinés à sa nourriture, Toutes les plumes ne tombent pas à la fois. La mue a lieu, pour le plus grand nombre, aux époques de la ponte.

On a donne des noms divers aux plumes, suivant les régions qu’elles occupent; elles sont disposées en quinconce sur le corps; il n’y en a jamais sur les lignes latérales du col et de la poitrine, ainsi que sur la région de l’ombilic. On a donné le nom de pennes aux grandes plumes des ailes et de la queue. Celles qui sont implantées sur l’avant-bras ont été nommées secondaires. Leur nombre varie beaucoup ; mais il est constamment de dix pour celles qui sont attachées sur les os du métacarpe et des doigts qu’on appelle pennes primaires.

Nous allons donner quelques exemples des principales variétés des plumes, abstraction faite de celles des couleurs, qui sont si vives et si nombreuses, que nous manquerions d’expressions pour les décrire.

On pourrait nommer plumes sans barbules toutes celles du casoar; les pennes des ailes de cet oiseau sont seulement au nombre de cinq, et semblables à des piquants de porc-épic. Les autres plumes du corps ont deux tiges dans un même tuyau, et leurs barbes sont espacées, longues et sans barbules; elles ressemblent à des crins.

Les plumes qui forment l’aigrette du paon n’ont pas de barbules dans leur partie moyenne et inférieure. Celles qui forment l’aigrette de l’oiseau royal (ardea pavonina ) sont torses en spirales sur elles-mêmes, et leurs barbes ne sont que des poils fins. Celles de la huppe de l'aigrette ( ardea garzetta, Lin. J appartiennent aussi à cette division. Dans le dindon mâle, il y a un bouquet de poils à la base du col , qu’on peut regarder comme des plumes sans barbes, etc.

Nous appellerons plumes lâches celles dont les barbules, quoique très-visibles et souvent trèslongues, sont trop espacées pour pouvoir s’accrocher les unes aux autres. Telles sont celles des hypoehondres de l 'oiseau de paradis , du croupion du paon mâle, des cuisses du jabiru et de l 'oiseau royal , celles du corps dans les toucans , celles qui forment le pourtour des oreilles dans la chouette, etc.

Le nom de plumes flottantes conviendrait très-

bien à celles dont les barbes, quoique pourvues de barbules, ne s’accrochent point et demeurent flexibles. Telles sont celles de la queue de l'autruche.

Les oiseaux de proie nocturnes ont des plumes douces et les barbes couvertes d’un duvet long et soyeux, qui fait qu’à peine entend-on ces oiseaux voler. On pourrait les appeler plumes duvetées.

* D’autres oiseaux ont les plumes du corps garnies de barbes si fines et si luisantes, qu’on pourrait les nommer soyeuses ; telles sont celles du bouvreuil, du piauhau ( muscicapa rubricollis) , du tangara sopticolor , du pélican blanc ; celles de la tête du manaquin à tête rouge , du momot ( ramphastos m omota) .

Nous nommerons satinées lesplumesdontles barbes serrées portent des barbules longues, fines comme de la soie et couchées sur leur surface, de manière à imiter le satin : telles sont celles du croupion dans le merle doré, les plumes de la queue de la pie, celles du col dans le conard commun, etc.

Nous appellerons métalliques les plumes dont les barbes brillent de couleurs qui semblent provenir de métaux polis : telles sont celles de plusieurs colibris, du jacamar, du couroucou , du paon mâle, du sifilet, etc. Cet éclat vient de ce que les barbes en sont larges et présentent une surface lisse à l’œil.

Nous désignerons par le nom de gemmacées toutes les petites plumes dont les barbes terminent la lige par des demi-cercles imbriqués les uns sur les autres comme des écailles de poisson : telles sont celles de la tête et de la gorge du rubis topaze, de la tête et du ventre de l’oiseau mouche émeraude améthyste. Elles ont un éclat supérieur à celui des précédentes, et qui imite les pierres précieuses. Il est dû à l’extrême densité de leurs barbes et au poli de leurs surfaces.

Enfin nous ferons un ordre d e plumes ordinaires, comme celles des poules , des pigeons , des rolliers, des corbeaux, etc., etc.

Tous les oiseaux ont des plumes sur quelques parties de leur corps; plusieurs espèces eu ont même jusquesur les doigts, telles sont les chouettes, quelques variétés de poules , de pigeons ; d’autres en sont privés sur certaines parties de leur corps, comme les vautours, les dindons, sur la tête; d’autres sur les jambes, comme l'autruche, les échassiers, etc.; quelques-uns même sur les ailes, comme les manchots.

Les recherches chimiques sur la composition des plumes ont prouvé qu’elles ont la plus grande analogie avec les poils; on en obtient les mêmes produits par les mêmes moyens; elles contiennent cependant moins de matière mucilagineuse.

5° Des cornes.

Ce sont des prolongements de substance cornée

QUATORZIÈME LEÇON. — SENS DU TOUCHER

qui se développent sur la tête de certaines espèces de mammifères, principalement dans la famille des ruminants et sur plusieurs autres parties des animaux.

Nous avons déjà décrit le développement des bois ou des cornes caduques, dans l’article second de notre deuxième leçon, en traitant de l’ostéogénie. Ici nous allons nous occuper des cornes à chevilles osseuses qui prennent de l'accroissement par leur base, et qui par leur nature ont beaucoup de rapport avec les téguments.

Au troisième mois de la conception, lorsque le fœtus de la vache est encore contenu dans les enveloppes, l’os frontal cartilagineux ne présente aucun indice des cornes qu’il doit porter par la suite; vers le septième mois, l’os devenu en partie osseux présente dans ses deux portions un petit tubercule qui parait produit par le soulèvement des lames osseuses; bientôt après, ces tumeurs osseuses se manifestent au dehors ; elles soulèvent la peau, qui devient même calleuse en cet endroit : plus la tumeur va croissant, plus la callosité durcit ; elle devient enfin cornée en s’allongeant; c’est une sorte de gaine, qui recouvre extérieurement le prolongement osseux de l’os frontal. Entre cette gaine et l’os sont des ramifications nombreuses de vaisseaux sanguins destinés à la nourriture de la partie osseuse.

Les cornes ne sont donc que des gaines d’une substance solide, dure, élastique et insensible, qui protègent le prolongement osseux de l’os du front. Ces gaines sont en général de figure conique, plus larges par leur base, extrémité par laquelle elles prennent leur accroissement. Elles ont différentes courbures suivant les espèces. Les naturalistes les ont fait connaître. Elles présentent aussi différentes cannelures ou sillons transverses qui dépendent de l’âge de l’animal, et qui le dénotent d’une manière certaine, suivant les espèces.

La texture des cornes parait avoir beaucoup de rapport dans les genres chèvre, brebis, antilope et bœuf; ce sont des fibres d’une substance analogue à celle des poils qui paraissent agglutinés d’une manière très-solide. Dans les deux premiers genres, ces fibres sont courtes et se recouvrent par lits superposés comme les tuiles d'un toit. Dans les deux autres, elles sont plus longues, plus serrées, et forment des cornets plus allongés, enchâssés les uns dans les autres.

[Les cornes de la girafe présentent celte double différence avec celles des autres ruminants à corne creuse, d’abord que leur noyau osseux, au lieu d’être une production de l'os frontal, forme un os distinct, et qui ne s’attache qu’assez tard au frontal, sur lequel il repose ; et ensuite que ce noyau n’est pas recouvert de substance cornée, mais seulement par une peau semblable à celle du reste du corps.]

Les rhinocéros ont des cornes qui paraissent s’é loigner un peu de celles des ruminants ; car elles n’ont pas de chevilles osseuses, et ne sont pas situées sur les os frontaux, mais sur ceux du nez. Cependant ces prolongements sont formés de la même substance. On reconnaît même plus distinctement dans celles-ci les fibres analogues aux poils dont elles paraissent composées. En effet la base de ces cornes présente à l’extérieur une infinité de poils roides qui semblent se séparer de la masse, et qui rendent celte surface rude au toucher comme une brosse. Quand on scie celte corne transversalement et qu’on l’examine à la loupe, on distingue une infinité de pores qui semblent indiquer les intervalles qui résultent de la réunion des poils agglutinés. Si c’est sur sa longueur que la corne est divisée, des sillons nombreux, longitudinaux et parallèles démontrent encore cette structure. Cette espèce de corne ne tient qu’à la peau. Celles du rhinocéros bicorne paraissent même être toujours plus ou moins mobiles; et lorsqu’elle est fixe, comme dans l’unicorne, il y a une mucosité épaisse, interposée entre sa base et l’os sur lequel elle est attachée.

La couleur des cornes dépend, comme dans les poils, de celle du tissu muqueux. Leur analyse chimique donne des produits semblables. La chaleur les ramollit et les fond même. C’est le moyen employé dans les arts pour les faire servir à différents usages.

II résulte de cet examen des cornes qu’elles diffèrent essentiellement des prolongements osseux qu’on nomme bois dans le genre des cerfs. Ceux-ci croissent par leur extrémité libre; ils sont recouverts par la peau pendant le temps de leur croissance ; ils tombent et se reproduisent à une certaine époque de l’année. Les autres croissent par leur base ; elles ne sont pas recouvertes de la peau ; elles sont permanentes.

On retrouve plusieurs autres parties cornées dans les animaux: telles sont les protubérances de la tête dans les calaos, la pintade, I ecasoar, etc. Ce sont des lames de substance cornée qui revêtent des sinus osseux dont nous avons déjà parlé, ou dont nous traiterons par la suite en faisant connaître les organes auxquels ils sont destinés. H en sera de même de la corne qui recouvre les mâchoires des oiseaux et de plusieurs reptiles ; des aiguillons de l’aile et des ergots des tarses. Au reste la forme de ces parties est plus du ressort de la zoologie ordinaire que de celui de l’anatomie.

4° Des ongles.

On nomme ainsi les prolongements cornés qui arment et protègent l’extrémité des doigts dans les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Us sont,

ARTICLE SEPTIÈME. — DES PARTIES INSENSIBLES

le plus souvent, en même nombre que les doigts, et leur forme, ainsi que nous l’avons indiqué dans l’article de la division des extrémités, paraît dépendre de celle de la dernière phalange. Ils sont pour ainsi dire, à ces phalanges ce que les cornes creuses sont aux proéminences du frontal qu’elles revêtent.

Les ongles sont comme enchâssés dans une duplicature de la peau. On nomme racine la partie qui est recouverte par la peau, [et corps, celle qui est découverte et adhérente au derme. C’est par ces deux parties qu’ils acquièrent leur accroissement : le derme offre au-dessous d’eux des feuillets ou sillons longitudinaux que les hippotomistes appellent chair cannelée , et qui sécrète la matière cornée. Tout autour de la racine on trouve des papilles ou villosités serrées qui servent aussi à produire les ongles] et déterminent leur accroissement absolument comme les poils; les ongles s’usent à l’extrémité opposée à la racine par le frottement sur le sol et par les autres usages auxquels l’animal les emploie : aussi leur voit-on prendre un accroissement excessif dans les animaux qu’on tient en captivité, en leur laissant peu de mouvements.

Il n’y a de sensible dans l’ongle que la partie qui adhère à la peau. Celle qui est libre peut être coupée ou déchirée sans occasionner aucune douleur.

La couleur dépend de celle du tissu muqueux, ainsi que nous l’avons déjà dit. [L’épiderme passe au-dessus de l’ongle, et lui forme une enveloppe dans les fœtus où il n’est pas encore desséché par l’air extérieur. ]

Dans l’homme, les ongles se manifestent dès le troisième mois de la conception. Le développement a lieu à peu près de même que dans la corne à cheville osseuse que nous avons déjà décrite. Ce ne sont d’abord que des espèces de cartilages qui prennent de plus en plus la consistance nécessaire. Presque tous les animaux naissent ainsi avec leurs ongles plus ou moins développés.

Les ongles de l’homme et de la plupart des onguiculés paraissent formés de couches superposées , extrêmement minces. Les lames antérieures sont plus longues que celles de la face inférieure; de sorte qu’à leur surface on ne s’aperçoit pas de cette sorte d’imbrication ; mais dans les maladies, et par une coupe transversale de l’ongle, lorsqu’il est bien desséché, cette structure devient manifeste. Souvent on voit, à la superficie de l’ongle, des stries ou côtes parallèles, très -fines, longitudinales, qui paraissent dues à la manière dont cette partie s’est moulée sur les papilles qu’elle recouvre.

Les ongles semblent destinés à protéger l’extrémité des doigts. Ils manquent généralement aux doigts que les animaux n’emploient ni pour mar-

cher ni pour saisir. Nous en avons des exemples dans les chauves-souris, dans les ailes des oiseaux, à l’exception de quelques espèces des genres kamicld (palamerlca ), vanneau, plumer et jacana, dans les nageoires de plusieurs tortues, et les pattes de quelques autres reptiles aquatiques , comme les grenouilles, les salamandres , etc., enfin dans les membres ou nageoires des poissons.

Les oiseaux n’ont généralement d’ongles qu’aux doigts des pieds de derrière: ils sont forts et semblables à ceux des carnassiers, dans les oiseaux de proie; plats dans les palmipèdes ; grêles, pointus et très-allongés sur le doigt postérieur des alouettes et des jacanas ( parra , Lin.).

L’ongle est dentelé sur l’un de ses côtés dans le doigt du milieu des engoulevents ( caprùnulgus , Lin.) et des hérons.

II y a un ongle surnuméraire ou à cheville osseuse, une sorte de corne sur les tarses du plus grand nombre des gallinacés. On le nomme éperon ou ergot. Le paon de la Chine ou Véperonnicr ( pavo hicalcaratus ) en a deux. Ils deviennent fort longs dans le coq, On fait même l’expérience curieuse de couper cet ergot lorsqu’on ehaponne les poulets, pour le fixer à la place de la crête. 11 prend là de nouveau racine, et acquiert un très-grand accroissement.

Les ongles n’offrent aucune particularité dans les reptiles.

L’analyse des ongles a donné aux chimistes à peu près les mêmes résultats que celle des poils et des plumes, parties avec lesquelles ils ont beaucoup de rapport, et par le mode de développement et par la structure.

Les sabots diffèrent des ongles parce qu’ils enveloppent la phalange en dessous comme en dessus, et qu’ils ne sont ni pointus ni tranchants, mais que la rencontre de leurs deux surfaces forme un contour arrondi et mousse.

Leur intérieur est remarquable par les sillons profonds et réguliers qui reçoivent des lames saillantes de la phalange, et qu’on ne voit point dans les ongles proprement dits. C’est surtout dans le rhinocéros et dans l’eléphant que ces sillons sont remarquables. Ils sont aussi très-forts dans le cheval, mais moins dans les ruminants.

Entre l’ongle et la phalange est toujours une couche de matière muqueuse ; et dans la partie inférieure du sabot, il y a une substance molle et abondante en nerfs, qui donne à cette partie une sorte de sensibilité.

8° Des écailles.

Ce sont des lames ou petites plaques de substance soit cornée, soit osseuse , qui recouvrent certaines parties du corps des animaux à vertèbres.

QUATORZIÈME LEÇON. — SENS I)U TOUCHER

Lés écailles ont, avec les poils, les plumes, les cornes et les ongles, les plus grands rapports par la manière dont elles se développent, leur usage et leur analyse chimique.

La plupart des écailles pourraient être appelées des cornes excessivement plates, comme les poils des cornes excessivement grêles.

Presque tous les reptiles et le plus grand nombre des poissons sont entièrement recouverts d’écailles.

Parmi les mammifères, on n’en remarque que sur quelques parties du corps dans un petit nombre d’espèces, et dans les oiseaux, il n’y en a le plus souvent que sur les pattes.

Nous désignons ici, par le nom d 'écailles, des parties différentes entre elles; mais jusqu’ici on a compris sous cette dénomination toutes celles que nous allons faire connaître d'une manière générale, en les étudiant dans les quatre classes d’animaux vertébrés .

Celles des pangolins et des phatagins sont des espèces d’ongles plats ; leur substance est cornée. Elles sont épaisses, libres dans leur tiers antérieur, taillées en biseau et tranchantes, adhérentes à la peau par le reste de leur étendue, extérieurement cannelées dans leur longueur, surtout dans le phalagin , où elles se terminent ordinairement par trois pointes, sillonnées transversalement du côté qui regarde la peau, et paraissant formées de lames qui se recouvrent comme les tuiles d’un toit.

Dans les tatous, les écailles sont de petits compartiments d’une substance calcaire recouverte d’un épiderme épais, lisse et comme vernissé. [Elles paraissent être une ossification du derme. ] Dans le castor, les écailles qui recouvrent la queue sont semblables à celles des pattes des oiseaux.

11 en est de même de celles de la queue dans les rats , les sarigues , et dans plusieurs autres animaux à queue préhensile.

Les écailles des pattes d’oiseaux sont des lames minces de substance cornée.

Les espèces d’écailles qui recouvrent les ailes des manchots ne sont que des plumes très-courtes, dont les barbes sont collées à l’épiderme.

Parmi les reptiles, 1rs écailles varient beaucoup suivant les genres. Ainsi, dans les tortues, ce sont des plaques d’une substance cornée, tantôt trèsdenses et très-dures, comme dans le plus grand nombre ; tantôt molles cl flexibles, comme dans l’espèce nommée matamata, cl dans plusieurs autres. Quelquefois ces écailles se recouvrent comme les tuiles d’un toit, comme dans le caret ; alors elles sont lisses ou cannelées longitudinalement. Quelquefois elles forment des compartiments de figures diverses : alors elles sont bombées, entourées de sillons ou de cannelures concentriques, au

milieu desquels sont des points rugueux, saillants, mousses, comme dans les espèces nommées géométrique } grecque , etc.

Dans le crocodile , les écailles sont osseuses, disposées par bandes, comme dans les tatous ; elles sont imbriquées, comme dans quelques poissons ; elles portent une arête ou ligne saillante sur leur longueur.

[A la tête, l’épiderme répète les plis superficiels du derme, et les écailles ne sont formées que par cet épiderme un peu augmenté dans sa consistance et dans son épaisseur, et laissant voir par sa transparence le corps muqueux coloré sur lequel il repose. ]

Dans le plus grand nombre des lézards et des serpents, les écailles ne sont que de petites plaques ou compartiments du derme dont les bords sont quelquefois libres dans nnc partie de leur étendue, et entre lesquelles s’enfonce et se moule l’épiderme [ qui prend à leur face externe plus d’épaisseur et de consistance.

Les cécilies , bien qu’elles paraissent nues, ont dans l’épaisseur de leur peau des écailles toutes formées, minces, imbriquées et disposées régulièrement sur plusieurs x-angées transversales ; mais ces écailles sont cachées dans les plis assez profonds que présente le derme, et qui sont dissimulés par l’épiderme, lequel, recouvrant ces plis sans pénétrer dans leur profondeur, ne laisse voir à la surface de l’animal que des rides superficielles. ] Les scingues ont de véritables écailles, qui se x-ecouvrent comme des tuiles, à la manière de celles des poissons. [Ce ne sont plus seulement, comme dans les serpents, des saillies du derme recouvertes par un épiderme sec et transparent, ce sont de véritables sécrétions calcaires opérées dans un repli de la peau, et qui s’en séparent nettement. Elles conduisent aux écailles imbriquées des poissons.]

Dans cette dernière classe, on désigne sous le nom d’ecailles toutes les plaques solides dont la peau est recouverte; mais la nature de ces parties insensibles, leur structure, leur usage, obligent de les considérer plus en détail.

Nous nommons éc ailles des plaques cornées, minces, imbriquées comme les cottes de mailles, ordinairement taillées en croissant dans leur extrémité libre, comme dans les carpes , le brochet, etc. [Ces plaques sont en partie enfoncées dans unecavilé qui est ou creusée dans le derme, ou formée par un de ses replis, et dans laquelle elles croissent comme une coquille dans le manteau d’un mollusque, ou comme une dent dans son germe et dans sa tunique (1). La partie enfoncée de l’écaille a d’ordinaire sa surface assez différente de la partie découverte. La première esl finement striée parallèlement à son bord, et d’autres lignes rayonnantes

(r) Cuvier, JJist. nal. des poissons, t. J, p. Afin

ARTICLE SEPTIÈME. — DES PARTIES INSENSIBLES

vont en éventail du centre vers ce même bord, qui est le plus souvent dentelé. La partie découverte varie beaucoup. Les écailles sont colorées dans leur tiers externe par Pendait du tissu muqueux. La matière d'un éclat métallique argenté que sécrète le derme, et qui rend tant de poissons si brillants, se compose de petites lames polies comme de l’argent bruni, qui s’enlève par le lavage. L’industrie en fait usage pour colorer les fausses perles.] Les écailles qui se trouvent au-dessus de la ligne latérale ont ordinairement un sillon longitudinal tracé sur la face qui regarde le corps. Quelquefois elles sont percées d’un trou oblique, par lequel passe un canal membraneux. Ces écailles sont couvertes de pointes rudes dans les batistes; elles sont dentelées très-finement sur leurs bords, dans la sole (pleuronecles solea) ; elles sont trèspetites dans les anguilles , où elles ne se recouvrent pas et où l’on ne peut les apercevoir que lorsque la peau est desséchée; mais elles acquièrent jusqu’à sept centimètres de longueur dans une espèce de spart: nommée la grande écaille. C’est surtout dans ce poisson qu’il est facile d’en observer la structure. On y voit, outre les lignes longitudinales, ou plutôt rayonnantes, dont nous avons parlé, des stries concentriques qui semblent indiquer que cette partie croit en tous sens par l’addition de nouvelles couches, comme les cornes et les ongles.

On pourrait nommer écussons osseux des plaques de substance calcaire qui sont retenues dans l’épaisseur de la peau [ou plutôt adhèrent fortement à sa surface.] Dans les coffres ( ostracion ), etc., ce sont de petits compartiments de figure régulière, disposés par ordre comme des mosaïques. Dans l 'esturgeon , ces plaques sont de formes diverses, excavées extérieurement par des trous nombreux, et portant une arête saillante et longitudinale. Dans le turbot (pleuronecles maximus),

1 ecycloptcre, les écussons ou écailles sont petits, en forme de trochisques [ou semblables à des tubercules plus ou moins hérissés. Des écailles semblables, mais réduites à n’ètre que de petites pointes, hérissent le corps de la plupart des télrodons. Dans les diodons, ces pointes deviennent de longues épines, dont la base s’élargit pour les porter comme des trépieds.

Dans les lépisostées, et les bichirs, les plaques écailleuses sont très-épaisses, rhomboïdales, entièrement pierreuses, très serrées, et forment à l’animal une véritable cuirasse. Les loricairus sont également cuirassées de plaques anguleuses et dures.]

Dans la raie bouclée , les boucles ou aiguillons sont des pointes recourbées, de substance osseuse et transparente. La base de cet aiguillon est blanche, opaque, creuse intérieurement, [et il y pénètre des vaisseaux qui y vivifient un noyau pulpeux

très-semblable à celui d’une dent. Rien n’indique mieux la véritable nature des écailles. ]

Dans l’espèce de squale nommée par Linné acanthias, les écailles ou les prolongements qui en tiennent lieu sont de petites lames hérissées, aplaties, recourbées, figurées en feuilles de myrthe, avec une arête moyenne et longitudinale.

Dans d’autres espèces du même genre, comme la roussette , dans Vacanthure hépate, le rémora, etc., la peau est recouverte de petits tubercules extrêmement durs, très-rapprochés les uns des autres, rudes au toucher, [et auxquels le nom d’écaillene semblerait pas pouvoir convenir si l’on ne s’en tenait qu’à l’apparence. ]

Les écailles sont recouvertes dans les poissons, ainsi que dans toutes les autres classes, par l’épiderme, qui est plus ou moins épais, plus ou moins mou, selon les espèces. C’est cet épiderme seul que les serpents perdent lors de la mue. Il paraît que les poils, les cornes et 1rs ongles se forment aussi sous l’épiderme, et que, lorsqu’on n’en trouve plus sur ces parties, c’est qu’il a été desséché et usé par le frottement.

Toutes ces parties insensibles sont dépourvues de nerfs et de vaisseaux, à moins qu’elles ne recouvrent des cavités qui en contiennent, comme c’est le cas des plumes, des boucles de la raie, etc.

Elles croissent, comme l’épiderme, par l’addition de nouvelles lames qui transsudentde la peau, et qui s’attachent sous on dans celles qui les précédaient.

[La composition chimique des écailles a la plus grande ressemblance avec celle des os et des dents. M. Chevreul a fait l’analyse de celles d’une tépisostée , d’un chétodon et d’un bar, et par conséquent de trois espèces d’écail les qui semblent au premier abord Irès-dilférentes l’une de l’autre. Il les a cependant trouvées composées des mêmes substances et dans des proportions assez peu différentes. Ces substances sont une matière azotée et du phosphate de chaux, chacune pour presque une moitié : la proportion de matière azotée est plus forte dans l’écaille du bar, et la proportion des sels phosphatiques dans l’écaillede lalépisostée(l). ]

6° Des parties insensibles dans les animaux sans vertèbres .

Il nous reste très-peu de chose à dire sur ces parties, puisque, dans ces animaux, la peau, que nous avons déjà décrite, est dure et insensible dans le pius grand nombre.

Dans l’article 11 de la deuxième leçon, nous avons fait connaître la manière dont la coquille se développe. Nous avons donné de même dans celle-

(t) Voy. le tableau détaillé de ces analyses dans M. Cuvier. Hist. nat. des poissons , t. i, p. '[-(J,

622 QUINZIÈME LEÇON. — ORGANE DE L’ODORAT

ci, à l’article de la peau, quelques aperçus sur la couleur de ce test calcaire dans les mollusques et les crustacés.

La substance cornée, qui sert d’os et de peau au plus grand nombre des insectes parfaits, a été aussi décrite : il ne nous reste donc à traiter ici que des poils.

Ces parties paraissent être une continuité de l’épiderme, car ils tombent avec la surpeau dans la mue; et il en paraît d’autres aussitôt, qui sont même plus longs que les premiers.

Les écailles des ailes et du corps, dans les lépidoptères et quelques autres ordres d’insectes, sont de petites plaques cornées, colorées diversement, implantées sur la peau, et se recouvrant comme les tuiles d’un toit.

Les plumes des ptérophorea, de quelques papil-

lons et hespêries à queue, ne sont que des prolongements ou des laciniures des ailes, garnies de poils longs sur les côtés.

Beaucoup d’animaux de la classe des annélides ont le corps revêtu de faisceaux de poils, quelquefois raides et rétractiles, servant comme de pattes, tels que nous les avons décrits dans les néréides, les amphinomes , les lombrics, etc. Dans Vaphrodite, outre les poils roides qui servent à la progression, il y en a une infinité d’autres, longs et flexibles, couleur d’aigue marine changeante, avec un reflet métallique, et une espèoe d’étoupe ou de feutre qui recouvre les branchies et au travers duquel l’eau se tamise.

Nous renvoyons à l’article III de la sixième leçon pour les parties insensibles des zoophytes.

quinzième lbooit. *

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